L’urgence, c’est aussi de penser l’après

Question inégalités, la Seine-Saint-Denis est aux premières loges dans l’épidémie de Covid-19. Une surmortalité de 63% en Seine-Saint-Denis, c’est le chiffre glaçant rendu public par l’INSEE, comparant l’évolution du nombre de décès entre la semaine du 14 au 20 mars et celle du 21 au 27 mars.

La pandémie est mondiale. Cette universalité n’abolit ni les particularités ni les inégalités mais les aggrave bien au contraire.

« Tout le monde n’est pas égal face à la maladie. Dans l’un des départements les plus pauvres de France, nous n’avons pas attendu le Covid-19 pour le savoir » dit Pierre-Etienne Manuellan, médecin directeur de la santé de la ville de Montreuil dans Libération. Manque de médecins de ville (généralistes et spécialistes), manque d’infirmières libérales, assèchement organisé des moyens des hôpitaux publics conduisent de longue date à la saturation de ces derniers, au non-recours aux soins et à la persistance de foyers de maladies telles que la tuberculose.

Une situation que dénonce Stéphane Troussel, Président du Conseil départemental : « A ces inégalités de santé se superposent les inégalités économiques. Les habitant.e.s de notre département exercent des métiers en première ligne aujourd’hui : caissier.e.s, livreur.se.s, ambulancier.e.s, infirmier.e.s…Elles et ils sont soudainement sorti.e.s de l’ombre, mais cette lumière les laisse aussi plus vulnérables face à l’épidémie ».

Au plan du logement, promiscuité et mal-logement, eux aussi sur-représentés, renforcent les risques de propagation.

C’est donc dès à présent qu’il  faut envisager un plan ambitieux pour mettre fin à ces inégalités et aux conséquences qu’elles entraînent. Les mobilisations, les propositions, les revendications existent, portées par les usagers, syndicalistes, militants et élus.

Une première étape est un moratoire sur la fermeture de lits et de services dans les hôpitaux de Seine-Saint-Denis, préalable à un plan de relance à la hauteur des besoins des habitants. Sur le plan de l’éducation, un plan de rattrapage, tel que réclamé par le député Stéphane Peu, est indispensable alors que la fermeture des établissements ne peut qu’accentuer les inégalités : 1/3 des élèves est actuellement en rupture de scolarité ici, contre 8% au plan national. Et ce n’est pas le projet de réforme de la carte scolaire qui prévoit la fermeture de classes à la rentrée qui va aider nos jeunes à surmonter des difficultés accrues par la situation inédite que nous vivons.

En déplacement à Pantin et La Courneuve, Emmanuel Macron est venu les mains (et les mots) vides. Un signal inquiétant pour la suite…

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