Décès d’Elena Mamelli : tristesse et colère

J’ai été profondément bouleversée par l’annonce  hier soir du décès d’Elena Mamelli, directrice des soins de l’hôpital de Montfermeil. C’est avec beaucoup d’émotion et de tristesse que j’adresse toutes mes condoléances à sa famille, aux personnels et à la direction de l’hôpital.  Un décès brutal et éprouvant qui témoigne de l’engagement indéfectible de tous les soignants contre ce virus épouvantable au péril de leur vie. Nous vivons des heures glaçantes. Elena Mamelli n’aurait jamais du mourir.

A mon infinie tristesse se mêle aussi une grande colère.  En première ligne, les personnels soignants – et je pense à toutes celles et ceux qui, à l’hôpital de Montfermeil, dans les cabinets médicaux, auprès des personnes âgées, font au mieux… avec si peu. Notre profonde reconnaissance va également aux salarié.e.s et agent.e.s des secteurs stratégiques. Mais aucun ne dispose des moyens nécessaires exigés pour lutter contre ce fléau. Applaudir à leur dévouement et appeler à la générosité ne suffisent pas : cela fait des années que les soignants multiplient grèves et manifestations pour défendre notre bien commun, le service public de santé. 100 000 lits d’hôpitaux supprimé en 20 ans ! Pourquoi la France, qui disposait du meilleur système de santé au monde, est-elle aujourd’hui en pénurie de lits médicalisés et en sous-effectifs dans les hôpitaux ? Pourquoi la sixième économie mondiale est-elle incapable de produire les masques, les respirateurs, l’oxygène et les médicaments qui nous font si cruellement défaut ? Parce que des sites de production,  jugés non rentables par leurs actionnaires, ont été fermés : les salariés de Luxfer, seul producteur français d’oxygène médicale et de Famar, seul producteur français de chloroquine, réclament aujourd’hui leur nationalisation pour faire face à cette crise. Car leurs usines à l’arrêt sont toujours en capacité de produire.
La recherche effrenée du profit pour quelques-uns, l’austérité, la « règle d’or budgétaire »… toutes ces boussoles idéologiques qui ont guidé les gouvernements de ces dernières décennies montrent aujourd’hui leur nocivité pour le bien commun.

Aussi je partage totalement cette lettre de l’écrivaine Annie Ernaux au Président de la République.

annie_ernaux

2 réflexions au sujet de « Décès d’Elena Mamelli : tristesse et colère »

    • Bonjour Mme Méry, je n’avais pas vu votre commentaire, désolée.
      Je vous souhaite force et courage pour toutes heures, tous ces jours, toutes ces semaines sur lesquels je suis bien incapable de mettre les mots justes.
      Chaleureusement,
      Dominique Dellac

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