Palestine, le devoir d’agir pour la paix

Il est impossible de rester insensible devant les images qui nous arrivent de Palestine et d’Israël : familles palestiniennes expulsées par des colons à Jérusalem-Est, répression des manifestants dans la vieille ville, ratonnades et émeutes inter-communautaires dans plusieurs localités d’Israël…

Les violences se multiplient, dont les plus terribles sont les bombardements incessants sur Gaza, qui ont fait 200 morts en une semaine, dont des familles entières.

Bombardement à Gaza, mai 2021

Une nouvelle fois, l’occupation et la colonisation montrent leur vrai visage, quelques jours à peine après qu’un rapport de l’ONG Human Rights Watch ait conclu que « les autorités israéliennes commettent les crimes contre l’humanité d’apartheid et de persécution » contre les Palestiniens, dans les territoires occupés et en Israël même.

La mobilisation citoyenne internationale est donc indispensable pour imposer le respect du droit international, condition essentielle d’une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens. Nous ne pouvons pas rester silencieux !

En effet, cette situation n’est rendue possible que par la complicité de trop nombreux gouvernements – dont celui de la France – qui permettent au gouvernement d’extrême-droite de Benjamin Nétanyahou d’agir en toute impunité.

Les interdictions de manifestations à Paris, Nice ou Aubervilliers, et les accusations odieuses d’antisémitisme proférées par Gérald Darmanin sont un nouveau seuil dans cette complicité ! Se mobiliser pour la paix et le droit n’est pas un délit ou de la haine, c’est un devoir humain !

J’appelle à signer la pétition pour exiger une action immédiate de la France : https://www.change.org/p/emmanuel-macron-prot%C3%A9ger-les-palestiniens-de-j%C3%A9rusalem-la-france-doit-agir

Esclavage : regarder notre Histoire en face pour avancer ensemble

« La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l’océan Indien d’une part, et l’esclavage d’autre part, perpétrés à partir du XVe siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l’océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l’humanité.« 

Il y a 20 ans seulement était adoptée la « Loi tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage comme crime contre l’humanité », mieux connue sous le nom de « loi Taubira« . Depuis 15 ans, le 10 mai marque désormais la mémoire de l’esclavage et de son abolition.

C’est bien peu de temps au regard du temps historique… La Révolution française avait aboli l’esclavage. Et puisque l’on honore le bicentenaire de Napoléon Bonaparte, rappelons que celui-ci l’avait rétabli en 1802. La France est ainsi le seul pays à avoir aboli puis rétabli l’esclavage.

La traite et l’esclavage ont causé malheur et souffrances et changé la face du monde : 12,5 millions de personnes ont été déportées d’Afrique vers les Amériques entre le XVème et le XIXème siècles, structurant et déstructurant des société entières, avec des effets qui perdurent encore aujourd’hui, comme l’a récemment démontré entre autres le mouvement Black Lives Matter.

Pour avancer ensemble, construire collectivement une société apaisée et fondée sur une égalité réelle, il est indispensable de regarder notre histoire en face, y compris dans ses aspects les plus sombres. Reconnaître nos erreurs en tant que société n’est pas une marque de faiblesse, mais de force et de confiance en soi.

Le mémorial du Cap 110, en Martinique

La suppression de l’Observatoire de la laïcité, signe ostentatoire des dérives du gouvernement

Je suis indignée par la suppression de l’Observatoire de la laïcité annoncée par Marlène Schiappa. On se souvient que Jean-Louis Bianco, son président, avait répondu favorablement à mon invitation à une Rencontre sur la laïcité à Montfermeil en février 2019 – rencontre qui avait fait salle comble, tant ce sujet mérite éclairage et explications en regard de la loi de 1905. Car la laïcité garantit nos libertés, entre autres.

Intervention de Jean-Louis Bianco lors de la rencontre sur la laïcité organisée à Montfermeil, en février 2019

Cette décision a été annoncée dans le cadre des débats au Sénat sur la « loi séparatisme » et s’inscrit donc dans une surenchère de propositions discriminatoires, islamophobes et attentatoire aux libertés et la laïcité elle-même. Ce gouvernement entend mettre aux ordres une voix indépendante afin de la remplacer par un outil au service de sa stratégie électorale.

Une source gouvernementale disait en novembre dernier qu’il s’agissait d’être «davantage en phase avec la stratégie de lutte contre les séparatismes». En clair : remplacer un Observatoire indépendant par un simple relai de la parole et de l’action de l’exécutif.

Pourtant, le travail mené au cours des huit ans écoulés par Jean-Louis Bianco et Nicolas Cadène est très largement reconnu pour sa qualité et sa grande utilité. Son bilan est bien résumé dans un article de France 24 : « depuis 2013, et avec un budget annuel de fonctionnement de 59 000 euros, le bilan de l’Observatoire de la laïcité est riche de la publication de nombreux guides pratiques sur la laïcité, de la rédaction ou de la codirection de chartes de la laïcité à l’échelle nationale ou locale, de la formation à la laïcité de 350 000 acteurs de terrain, de la rédaction de plus de 1 000 analyses juridiques à destination des collectivités locales, entreprises, associations ou citoyens qui en faisaient la demande et d’évolutions réglementaires ou législatives comme l’abrogation, en janvier 2017, du délit de blasphème en Alsace-Moselle ».

Les nombreuses expressions de soutien, venues tant d’associations de terrain que d’universitaires reconnus, témoignent de cette reconnaissance.

En novembre dernier, nous avions pour toutes ces raisons adopté un vœu en séance du Conseil départemental pour défendre la laïcité et la liberté d’expression, dans lequel nous exprimions notre soutien à l’Observatoire de la laïcité et ses dirigeants. Un vœu qui garde toute sa validité !

« Séparatisme »… De quoi parle-t-on ?

L’Assemblée nationale a voté en première lecture le projet de loi contre le « séparatisme », renommé pour faire bonne mesure « pour le renforcement des principes républicains ».

Les terribles attaques terroristes qu’a connues notre pays, souvent motivées par une idéologie djihadiste qui vise les piliers-mêmes de notre vie démocratique, appellent à une réponse forte de la société française toute entière. A cet égard, les dispositions visant à protéger les agent-es du service public sont nécessaires.

Mais au-delà de ce que le projet de loi contient, c’est ce qu’il laisse délibérément de côté qui interroge.

Un combat sérieux contre le séparatisme devrait commencer par un virage à 180° par rapport aux décennies de politiques de démantèlement de la République dans des territoires entiers, au premier rang desquels la Seine-Saint-Denis. Car peut-on réellement se séparer de quelqu’un qui vous a abandonné ?

Quand dans les quartiers populaires, les territoires ruraux et péri-urbains, les services publics ferment tour à tour, où est concrètement la République ? Bureaux de poste, gares, centres de la Sécu, des impôts, agences EDF…la liste des abandons est plus longue que les 51 articles du projet de loi.

En Seine-Saint-Denis, le rapport Cornut-Gentile a illustré une partie des graves carences qui nient l’égalité républicaine dans notre département. Les promesses trahies, ainsi qu’une présence de l’État qui se limite de plus en plus à la répression (et non pas à la sécurité, qui est un droit auquel nous avons trop peu accès !) et à des discours moralisateurs ou discriminatoires, alimentent le terreau sur lequel peuvent prospérer les réseaux criminels, mais aussi les acteurs les plus obscurantistes et rétrogrades, y compris violents.

Comme l’affirme Philippe Rio, maire de Grigny : « Le séparatisme territorial est un terreau antirépublicain. »

D’autant que, alors même que les attaques fleurissent contre nos banlieues (aujourd’hui Trappes, hier Sevran, Saint-Denis, Clichy ou Montfermeil), bien peu s’émeuvent, au gouvernement ou dans les grands médias, du séparatisme en actes des grandes fortunes, dont la fortune explose mais qui refusent de participer à la solidarité nationale. Une réalité une nouvelle fois mise en lumière par les LuxLeaks.

Ces angles morts délibérés, ainsi que l’accent quasiment exclusivement mis sur la religion musulmane, aboutissent à une loi qui ouvre à toutes les manipulations et ne résolvent pas les problèmes de fond dont souffre notre société.

Le « virus des inégalités », l’autre pandémie

« Entre 200 millions et 500 millions de personnes supplémentaires pourraient avoir basculé dans la pauvreté en 2020 » écrit Oxfam, dans son dernier rapport, Le Virus des inégalités.

En France, les associations caritatives alertent sur un véritable « tsunami de la pauvreté », d’un niveau jamais vu depuis la Libération et qui touchent de plus en plus de jeunes.

Mais pour une petite minorité de la population mondiale, la pandémie aura été l’occasion de s’enrichir encore plus. Toujours selon Oxfam, « Les dix hommes les plus riches du monde – dont fait partie le Français Bernard Arnault – ont vu leur fortune totale augmenter de 540 milliards de dollars (479 milliards d’euros) depuis le début de la pandémie ». Plus que la somme nécessaire à financer la vaccination dans le monde entier !

Certains ont directement profité de la crise, comme le propriétaire d’Amazon qui bénéficie directement de la fermeture des commerces. D’autres ont profité des aides de l’État et des banques centrales, beaucoup moins regardants que quand il s’agit de financer les dépenses d’intérêt général.

Les milliardaires français ont vu leur fortune augmenter de 175 milliards d’euros, le double du budget annuel de l’hôpital public… Tout un symbole qui illustre l’absurdité du système actuel.

Pendant ce temps-là, les jeunes sont les premières victimes des conséquences de la crise. Nombreux sont ceux qui tombent dans la précarité. Permettre aux jeunes de 18 à 25 ans, sans emploi, diplômés ou en cours d’étude – et ils sont nombreux dans notre département – d’accéder au RSA réclamée dans une tribune du Monde par les associations de jeunesse, est une mesure d’urgence sociale indispensable que le gouvernement a refusé de prendre. Le groupe Front de Gauche du Conseil départemental le réclame dans sa dernière tribune.