« Vous avez pu compter sur nous, pourrons-nous compter sur vous ? »

Aujourd’hui, journée nationale d’action des personnels de santé : l’annonce d’un « Ségur de la santé » sans moyens financiers ne calmera pas les infirmier.e.s, les médecins hospitaliers, les urgentistes, les aides-soignant.e.s qui depuis trop longtemps réclament des moyens pour le service public de santé,  garant d’un accès aux soins à la mesure des besoins de chacun et égal pour toutes et tous.

Ce matin, à l’hôpital de Montfermeil,  un beau rassemblement a réuni professionnels de santé, usagers, militants syndicaux, associatifs et politiques pour la revalorisation des salaires, le recrutement d’emplois supplémentaires dans les hôpitaux et les EPHAD, la fin des fermetures de lits et de services prévus par le Gouvernement. J’étais à leur côté, de même que les élu.e.s de Montfermeil autrement.

Cet après-midi, syndicats, collectifs de professionnels et d’usagers appellent à manifester  avenue de Ségur. Car la santé n’est pas une marchandise. Les soignants ont fait face à la crise sanitaire avec courage et abnégation, travaillé sans relâche dans des conditions effroyables, et parfois au prix de leur vie : ils ont du faire face à la pénurie de lits, de personnels et de moyens. La remise de médailles ou de chèques-vacances est un affront cynique. La réponse doit être à la hauteur des besoins et des attentes.

image000000DSC_0160_DSC_0144_

Discriminations : une étude inédite du Département

Alors que les événements et manifestations de ces derniers jours ont de nouveau mis en lumière les discriminations dont est victime une partie de nos concitoyen.ne.s, le Département de la Seine-Saint-Denis publie aujourd’hui les résultats d’un baromètre sur les discriminations perçues ou vécues par les habitant.e.s. : 9 jeunes sur 10 pensent qu’en Seine-Saint-Denis des personnes sont discriminées par la police et la justice. L’emploi et le logement sont également mis en exergue dans cette étude réalisée par Harris interactive auprès de 1004 habitants de notre département. 95 % des personnes interrogées pensent que l’éducation est le meilleur recours dans la lutte contre les discriminations et ont une « très forte attente » envers les pouvoirs publics.Capture d’écran 2020-06-10 à 17.53.24

« Battons-nous pour tous les Adama Traoré »

« I can’t breathe », (je ne peux pas respirer), les derniers mots de Georges Floyd… C’est la jeunesse du monde entier qui s’est levée pour crier son refus des violences policières et du racisme, réclamer justice après le meurtre de Georges Floyd, enfin reconnu comme tel après dix jours de manifestations dans les grandes villes américaines et dans le monde.

A Paris, mardi soir, bien plus de 20 000 manifestants se sont rassemblées devant le Palais de justice à l’appel du Comité Adama. Adama Traoré, ce jeune homme de 24 ans décédé en 2016 dans un commissariat peu après son interpellation, est mort asphyxié après un plaquage ventral, selon les contre-expertises médico-légales demandées par la famille. Assa Traoré, sa sœur, mène ce combat : « En étant aussi nombreux aujourd’hui, nous montrons que nous sommes capables de construire un rapport de force, de renverser ce système, cette machine de guerre qui broie nos démocraties et nous empêche de respirer. Battons-nous pour tous les Adama Traoré ».

Dans les banlieues populaires de Seine-Saint-Denis, on en sait quelque chose…

De Théo à Aulnay en 2017, aujourd’hui handicapé à vie, à Gabriel à Bondy, 14 ans, grièvement blessé lors de son interpellation la semaine dernière, les jeunes noirs et arabes vivent exactions, humiliations, harcèlement et contrôles au faciès.  Un « racisme systémique », selon les dires même de Jacques Toubon, le Défenseur des droits, qui parle de la « réalité sociologique » des contrôles au faciès » et rappelle que les jeunes hommes « perçus comme noirs ou arabes » ont 20 fois plus de chances d’être contrôlés que les autres.

Comment Christophe Castaner peut-il se refuser à parler de « violences policières » ? Et pourquoi certains policiers peuvent-ils bénéficier d’une telle impunité et continuer à exercer ?

L’ampleur des manifestations à Paris et en province cette semaine en a surpris plus d’un. Comme si après deux mois de confinement et d’un monde à l’arrêt, il n’est plus question de revenir en arrière.  Ce que dit cette belle jeunesse, c’est qu’il nous faut un autre monde. Un monde juste qui balaie les discriminations et les inégalités sociales dont les premières victimes sont toujours les mêmes : les classes populaires et ses enfants issus de l’immigration.

Capture d’écran 2020-06-05 à 18.27.14

© Lionel Bonaventure / AFP

« Les Jours heureux » : de la Résistance à aujourd’hui.

On célèbre aujourd’hui la Journée nationale de la Résistance, temps de mémoire et de recueillement mais aussi de mobilisation et d’action. Car la crise sanitaire et économique que nous traversons – la plus grave depuis la guerre – met en lumière l’importance du programme du Conseil National de la Résistance, « Les Jours heureux » .  Ce programme mis en oeuvre au sortir de la guerre, dans un pays exsangue , est à l’origine de conquêtes sociales inédites  : la Sécurité sociale, visant à assurer à chacun des moyens d’existence, les nationalisations (Banque de France, assurances, EDF…) pour permettre « le retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun (…)« .

En ces temps de pandémie, les services publics ont de nouveau révélé toute leur actualité, toute leur nécessité, toute leur urgence. Pourtant, cet héritage du CNR a été systématiquement attaqué et vidé de son contenu par les gouvernements successifs ces dernières décennies, toujours au nom de la raison financière, toujours pour le  profit de quelques-uns au détriment du plus grand nombre.

Aujourd’hui, alors que la récession s’annonce profonde et que les classes populaires pourraient une nouvelle fois payer le prix fort, affirmons l’esprit et l’énergie de la Résistance pour que le Jour d’après soit celui des Jours heureux.

pcnrLe 27 mai 1943 fut marqué par la première réunion du Conseil national de la Résistance. Réunissant un large spectre de forces politiques et syndicales, le CNR se fixait deux objectifs : libérer la France de l’occupation et de la collaboration, et organiser le redressement du pays après le retour de la démocratie.

Le premier objectif fut obtenu de haute lutte, par le sacrifice de nombreux résistantes et résistants,  français et étrangers, comme Raymond Gurême, « voyageur » d’origine tchèque et résistant, décédé avant-hier à 95 ans, dont je salue la mémoire. Le second objectif, ce fut la mise en oeuvre du programme « Les jours heureux »…

 

Mobilisés face à la crise sanitaire et sociale : en séance du Conseil départemental

Séance du Conseil départemental ce matin en visioconférence, pour faire le point sur les actions menées par notre collectivité face au Covid-19 et envisager les suites, alors que le déconfinement se profile. La Seine-Saint-Denis est en effet l’un des départements les plus touchés de France, avec une surmortalité de 100 % par rapport à la même période en 2019 alors même que la jeunesse de notre population aurait dû atténuer l’impact de la pandémie.

Nous avons rendu un salut unanime aux agentes et agents du Département, qui ont fait montre d’un dévouement, d’un courage et d’une inventivité à toute épreuve au service de l’intérêt général.

Dès le 17 mars en effet, l’activation du plan de continuité de l’activité a permis d’assurer le fonctionnement des services départementaux essentiels à la lutte contre la pandémie et la crise sociale aggravée par celle-ci : santé, sécurité, accueil des publics vulnérables, soutien aux soignants…

Pour assurer la solidarité, les activités des crèches départementales, des PMI, des circonscriptions de service social ou encore de dépistage ont été adaptées pour maintenir le suivi et répondre aux besoins urgents. Pour aider les familles et personnes en difficultés financières à faire face, la cuisine centrale de Clichy-sous-Bois a été mise au service des acteurs caritatifs et une aide débloquée pour de nombreux collégiens demi-pensionnaires.

Toutes ces mesures sont nécessaires et nous rendent fiers de mettre en œuvre notre mot d’ordre : l’humain d’abord. Mais l’ampleur de la crise demande de lourds efforts à notre collectivité, éprouvée par des années d’asphyxie financière voulue et organisée. La responsabilité de l’Etat de nous donner les moyens de répondre à la pandémie est donc pleinement engagée:

  • pour assurer le coût des mesures d’urgence prises pendant la crise
  • pour compenser la forte augmentation à prévoir dans les prochains mois du RSA et autres allocations de solidarité
  • pour engager un plan de rattrapage dans l’éducation, alors qu’un tiers des élèves de Seine-Saint-Denis est actuellement en rupture de scolarité

C’est pourquoi le Conseil départemental a voté à l’unanimité un vœu pour le renforcementdu plan de rattrapage de l’Etat dans notre département, exigeant les moyens indispensables pour parer à la crise et avancer vers l’égalité républicaine. Par ailleurs, nous avons décidé de lancer un travail d’enquête et d’information transversal, afin d’évaluer la gestion de la crise en Seine-Saint-Denis. Un travail piloté par les Commissions départementales et animé par mon collègue et ami Pascal Beaudet, Président de la 1ère commission, dans lequel je prendrai toute ma part en tant que Présidente de la 4ème commission (Culture / Sports / Services publics / NTIC).

2020-04-30 Séance du Conseil départemental