Le Vigilant, oeuvre d’art et oeuvre mémorielle

Sculpture monumentale de 3 mètres de haut, Le Vigilant est le magnifique don de l’artiste Rachid Koraïchi, plasticien de renommée internationale, dédié « à la mémoire de tous les frères et sœurs de combat, d’Algérie et de France, ayant sacrifié leur vie au nom d’un idéal de justice et de liberté pour l’Indépendance de l’Algérie ». 

Cette oeuvre  a été dévoilée hier, 1er novembre, jour de fête nationale en Algérie, et point d’orgue attendu de l’année mémorielle départementale 2022 consacrée au 60ème anniversaire de l’indépendance de l’Algérie.

Un grand moment d’émotion, et de joie aussi, partagé avec Rachid Koraïchi, son excellence l’ambassadeur d’Algérie, le Consul de Bobigny, Stéphane Troussel, président du Département, mes collègues Emilie Lecroq et Zaïnaba Saïd-Anzum, conseillères départementales et Yasmina Bedar, cousine de Fatima Bedar noyée dans le canal Saint-Denis le 17 octobre 1961. 

Associations et ami.e.s étaient au rendez-vous, parmi lesquels Christian Delorme, prêtre  lyonnais bien connu pour son engagement dans de nombreux combats et l’un des organisateurs de la marche des beurs de 1983.

Le regard du Vigilant porte loin, au-delà du lac et au-delà des arbres du Parc de La Courneuve.  Il invite chacune et chacun à la vigilance qui doit être la nôtre face l’extrême-droite, à la haine et à l’intolérance, à l’oubli, aux falsifications de l’histoire. Car le devoir de mémoire est avant tout un indispensable devoir de vérité.

21 mars, Journée internationale pour l’élimination de la haine raciale

Le chemin reste long pour l’abolition totale des discrimination raciales et ethniques qui se manifestent chaque jour dans le monde à l’encontre de millions de personnes.

A l’inverse, les inégalités raciales sont en pleine recrudescence sur le territoire : les actes à caractère raciste, xénophobe et antireligieux signalés aux forces de l’ordre ont augmenté en France de 13% en 2021 par rapport à 2019.

Même constat à l’échelle séquano-dyonisienne après le sondage Harris Interactive commandé par le Département en novembre dernier :

  • 46% des habitants interrogés jugent que les discriminations ont augmenté en Seine-Saint-Denis durant ces cinq dernières années, contre 5% qui estiment qu’elles ont diminué ;
  • 84% des Séquano-Dionysiens âgés de 18 à 24 ans déclarent avoir été victimes de discriminations durant les cinq dernières années, dont neuf sur dix en raison de leur couleur de peau, de leur religion ou de leur quartier d’habitation.

Alors, plus que jamais, nous nous engageons à lutter contre ces discriminations, particulièrement fortes sur notre territoire, pour construire ensemble une société de demain plus égalitaire et tolérante !


Séance du 16 décembre : budget voté !

Le vote du budget 2022 était à l’ordre du jour de la dernière séance 2021 de l’Assemblée départementale. Un budget de 1,891 milliards d’euros, dont 408 M € d’investissements, au service des habitant.e.s de notre département et des politiques publiques indispensables pour que la solidarité, la justice sociale et l’égalité ne soient pas de vains mots.

En dépit de la respiration financière que permet la reprise d’une partie du financement du RSA par l’Etat, notre groupe a souligné la nécessité de valoriser le travail social en raison de l’aggravation de la crise économique et de l’inflation car la « reprise » économique ne suffit pas à en atténuer les effets. Nous avons également obtenu des études indispensables en matière de santé et d’éducation pour renforcer nos politiques publiques : l’une pour créer une mutuelle départementale afin d’assurer  la meilleure protection sociale à toutes et tous et l’autre pour évaluer l’acquisition d’un équipement informatique pour chaque élève entrant en 6e afin de réduire la fracture numérique.

Plusieurs rapports obligatoires ont précédé la discussion budgétaire : sur l’égalité femmes-hommes comme sur le développement durable et l’écologie urbaine, mes collègues Pascale Labbé et Belaïde Bedreddine ont présenté les avancées relatives à leurs délégations. Leur ligne de conduite est celle d’une politique toujours novatrice et déterminée. Un travail remarquable et remarqué ! Nous sommes ainsi le seul département de France doublement labellisé en faveur de l’égalité professionnelle et le plus avancé pour une stratégie bas carbone, et avec le plan éco-collège.

Ouvrons nos archives pour faire œuvre de vérité et de justice !

La Ministre de la culture a annoncé vendredi dernier qu’elle ouvrait de manière anticipée les archives judiciaires relatives à la guerre d’Algérie. C’est une belle avancée qui permet aux historien-nes de pouvoir mieux traiter cette période en leur ouvrant l’accès à de nombreux documents. Elle constitue une étape pour le devoir de mémoire également, en permettant de regarder l’histoire en face, surtout quand on sait le poids de la répression souvent aveugle contre les Algérien-nes et celle qui visait les militant-es français qui les soutenaient. Je pense particulièrement aux archives entourant le crime d’État du 17 octobre 1961 que notre Département a commémoré récemment.

Gageons que les conditions matérielles seront réunies pour consulter ces archives, notamment celles relevant de la justice militaire, basées dans l’Indre.

 Cette position doit marquer un tournant d’autant que la Ministre de la culture a réaffirmé qu’elle était la Ministre des archives. C’est une excellente nouvelle car depuis 2008, des restrictions dans la communication des archives étaient devenues la norme dont la dernière en date, glissée dans la loi antiterroriste votée en juillet 2021.

 Laissons la liberté académique aux chercheur-ses dans leurs travaux pour enfin étudier sereinement toutes les pages de l’histoire de France. La Seine-Saint-Denis prendra sa part puisqu’en 2022, elle animera tout au long de l’année des initiatives commémorant l’indépendance de l’Algérie de manière lucide, apaisée et tournée vers la ré(conciliation) des peuples.

COP 26 : les bons sentiments, ça suffit !

Image: Pixabay

La COP 26, sommet mondial sur le climat, s’est achevé ce vendredi 12 novembre. L’objectif d’une trajectoire limitée à 1,5°C de réchauffement climatique sera très difficile à maintenir et on parle déjà de 2 degrés…avec des conséquences humaines, économiques, sociales, politiques dévastatrices.

Les dix prochaines années seront cruciales, à condition de prendre les choses par le bon bout. Pendant qu’on laisse des patrons de multinationales gloser et se pavaner sans remettre en cause l’impact écologique de leur activité, le fonds de transition destiné aux pays en développement est diminué.

Il faut reprendre la main et agir pour une neutralité carbone au plus vite, favoriser les énergies les plus propres et sûres, mobiliser les fonds publics, loin des logiques de financiarisation et des égoïsmes nationaux, pour répondre aux défis sociaux qui nous attendent. Il s’agit d’inciter, sans punir les classes populaires ou ceux éloignés des centres de richesses, avec des politiques de transports collectifs de qualité et gratuits, revenir à une maîtrise publique de l’énergie, assurer un habitat digne à toutes et tous. Nous ne pourrons obtenir une transition écologique sans justice sociale.

On pourrait nous rétorquer : et vous, faites-vous ? Chaque petit pas compte, chaque geste individuel est louable mais nous devons avancer collectivement. Le Département essaie d’être pionnier en la matière. En voici quelques exemples : réduction de 30% des émissions de gaz à effet de serre de la collectivité pour 2030, plan Canopée avec 30 000 arbres plantés dans la décennie, élargissement du parc Georges Valbon de 13 hectares et extension du parc de la Fosse-Maussoin,, dispositif CHEQ pour la rénovation énergétique des logements, instauration d’un plan alimentaire territorial pour favoriser le bien-manger à partir de circuits courts, développement des voies cyclables, maintien d’un lycée agricole dans notre département.

Voilà autant de sujets que nous devons développer pour ne plus être soumis aux aléas des sommets d’hypocrisie et de communication.