Le temps des festivals

En mai et juin, les festivals battent leur plein dans notre département. Musique, danse, cinéma… En Seine-Saint-Denis, la culture n’a jamais été un supplément d’âme et la politique culturelle du Département s’est construite avec la volonté d’offrir à chacun.e accès au meilleur de la création artistique et à l’imaginaire.

Premier département après Paris en matière d’équipements culturels, notre Département est le premier financeur de très nombreux festivals qui conjuguent à cette occasion créations, résidences d’artistes, master class, projets avec les habitants. Il s’agit de mettre en partage plaisir, émotion et découverte mais aussi de promouvoir l’accès de tous à la création contemporaine dans toutes ses dimensions, d’élargir les horizons, de développer son esprit critique, de s’autoriser la liberté de penser son rapport aux autres et au monde…. Les mois de mai et juin sont particulièrement riches !  Retour sur 3 festivals incontournables de saison.

Le Festival de Saint-Denis fête son cinquantenaire de belle manière dans l’écrin gothique de la basilique-cathédrale de Saint-Denis et à la Maison des demoiselles de la Légion d’honneur. Inauguré avec la Résurrection de Malher, il se terminera le 3 juillet par le Requiem de Verdi. 

festival st denis 2019

Samedi, j’ai assisté avec plaisir et intérêt à la clôture des Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis, l’un des plus grands festivals français de danse contemporaine,  reconnu des professionnels qui y recherchent l’innovation internationale et prisé du grand public. Cette année,  23 compagnies invitées, 26 spectacles et 46 représentations.

Le 15 juin, je remettais les deux grands prix du festival Côté Court, qui conjugue avec passion films courts et arts visuels et tisse un dialogue avec les autres arts. Le prix André S. Labarthe récompense une œuvre de fiction et a été attribué à Emmanuel Marre pour D’un château l’autre (déjà lauréat du Grand prix du festival du moyen métrage de Brive) et le prix Essai/Art Vidéo, remporté ex-æquo par Anton Balas pour Derrière nos yeux et Kaori Kinoshita et Alain Della Negra pour Tsuma Musume Haha.   

Ciné 104 Clôture 054

 

Aéroports de Paris : j’ai signé pour le référendum ! Et vous ?

 

ADP referendum

… Et je vous invite à en faire autant ! Ne laissons pas brader au plus offrant notre bien commun comme une vulgaire marchandise. On a vu ce que cela donne avec les autoroutes, construites avec nos impôts puis offertes au privé… Nous payons, les actionnaires encaissent ! Il faut que 4,7 millions d’électeurs signent la pétition en ligne (soit 10 % du corps électoral) pour qu’un référendum soit organisé à l’échelle nationale. Pour signer, munissez-vous d’une pièce d’identité…

Ce projet de privatisation d’ADP (Roissy, Orly et Le Bourget) est une aberration économique pour les comptes de l’État et pose de graves questions en termes de souveraineté et de sécurité nationale, de conditions de travail des salarié-es, de transition écologique ou encore de qualité de vie des populations riveraines.

Fruit de l’initiative de 248 parlementaires d’opposition,  des forces politiques très diverses se rassemblent. En témoigne le meeting organisé mercredi soir à Saint-Denis à l’initiative du député communiste Stéphane Peu qui a réuni  parlementaires communistes, socialistes, Les Républicains, insoumis, ainsi que le secrétaire de la CGT-ADP, Daniel Bertone.

Depuis l’ouverture du site dédié la semaine dernière,  plus de 235 000 signatures ont été validées,  malgré les multiples dysfonctionnements de celui-ci. Un démarrage en trombe, qui devra être pérennisé. Cet effort devra être le nôtre, pour convaincre notre famille, nos ami-es, nos collègues… au travail !

 

Pour signer : https://www.referendum.interieur.gouv.fr/soutien/etape-1

 

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Face à cet enjeu majeur pour la Seine-Saint-Denis – qui accueille deux des aéroports concernés -, le Conseil départemental a voté le 13 juin dernier un vœu soutenant la demande d’organisation d’un référendum.

Inégalités en Île-de-France : l’urgence d’agir

La publication du rapport « Gentrification et paupérisation au cœur de l’Île-de-France », élaboré par l’Institut d’aménagement et d’urbanisme, pointe une fois de plus les inégalités dont souffre notre région. La pauvreté s’accroit dans la région la plus riche de France, connaissant à la fois une forte concentration de la richesse et de la pauvreté.

Iau rapport couv

Dans ce domaine, l’Île-de-France accumule les records : si les Franciliens les plus aisés disposent d’un revenu de 23 % supérieur à celui des Français les plus riches, celui des Franciliens les plus pauvres est inférieur de 4,7 % à la moyenne nationale.

Sans surprise, la Seine-Saint-Denis présente le plus grand nombre de communes pauvres et modestes, avec une très forte sous-représentation des ménages aisés. Elle regroupe également six des huit communes les plus pauvres dans lesquelles la pauvreté s’est encore accentuée depuis 1999. Les familles avec enfants, et notamment les familles monoparentales, y sont également beaucoup plus présentes que dans le reste de la région : les familles monoparentales représentent 72 % des 600 000 familles qui ont emménagé entre 1999 et 2015.

Le rapport de l’IAU est un nouveau signal d’alarme sur l’évolution de notre société et l’urgence de prendre les mesures à la hauteur de la situation. Ainsi du logement : alors que Martin Omhovère, directeur du département Habitat et Société de l’IAU, pointe que « seuls le logement social et la loi SRU restent garantes de l’accueil des ménages modestes » dans un contexte de forte hausse des prix de l’immobilier, 77 communes franciliennes refusent toujours d’appliquer cette dernière.

Transports, emploi, aides au retour à l’emploi, aux associations… Le Conseil départemental y prend sa part, comme en témoignent les récents partenariats mis en place pour lutter contre la précarité énergétique ou pour soutenir les projets de départs en vacances.

Il y a quelques mois, nous étions réunis pour demander l’égalité républicaine. Celle-ci ne peut advenir qu’avec l’engagement de tous.

Sorties scolaires : au Sénat, la droite attaque la laïcité

Sortiescolaire

La loi Blanquer, qui est actuellement examinée par le Sénat, n’est visiblement pas assez néfaste pour la droite sénatoriale, qui semble décidée à utiliser celle-ci pour attiser de façon totalement démagogique les mauvaises passions de la société française.

Mercredi dernier a été adopté un amendement déposé par le groupe Les Républicains, visant à interdire aux accompagnants de sorties scolaires le port de tout « signe religieux ostentatoire ».

Si un quelconque doute existait quant aux cibles réelles des « Républicains », le communiqué du groupe sénatorial se félicite de l’interdiction « du port du voile lors des sorties scolaires ». Une cible précisée par la sénatrice UDI Sylvie Goy-Chavent, qui pointe les « écoles publiques de banlieue »…

Au lieu de réfuter cette conception, le ministre Jean-Michel Blanquer dit dans sa réponse partager les préoccupations et respecter leur position et ne différer que sur la méthode, qu’il juge « contre-productive ».

Pourtant, dans sa volonté de stigmatiser et discriminer une partie de la population française, c’est bien à une dénaturation et à une instrumentalisation de la laïcité que se livre la majorité sénatoriale.

Comme le rappelait Jean-Louis Bianco, président de l’Observatoire de la laïcité, lors des Rencontres de Montfermeil le 19 févier dernier, l’obligation de neutralité ne s’applique qu’aux personnes exerçant une mission de service public, et non aux usagers.

Si cet amendement devait être conservé (il devrait être supprimé à l’Assemblée nationale), les premières victimes en seraient les enfants de nombreux quartiers, privés de sorties scolaires faute d’accompagnatrices « conformes » !

L’éducation civique et la laïcité ne font visiblement pas partie des savoirs fondamentaux de certains…

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Intervention de Jean-Louis Bianco lors des Rencontres de Montfermeil

L’Europe des gens contre l’Europe de l’argent, nous avons tout à y gagner !

Ce midi, j’ai déjeuné avec une amie, B. Et puis, au café, les élections européennes se sont invitées à table.

Pour la première fois de sa vie de citoyenne, elle envisageait l’abstention. Ras-le-bol généralisé du monde comme il va (mal). Mais comme le dit Ian Brossat « 100 % des banquiers, des grands patrons, des actionnaires iront voter, ne les laissons pas décider ».

 L’Europe d’aujourd’hui, c est celle du capital, des multinationales et des lobbyistes : s’abstenir, c’est faire leur jeu : celui qui met sous tutelle l’aspiration des peuples à la justice sociale, à la justice fiscale et la nécessité vitale de préserver notre environnement, au bénéfice de l’argent-roi.

 On nous dit que cette élection est sans importance et n’a rien à voir avec les choix politiques du gouvernement ? La politique d’austérité pleinement assumée à Paris se décide à Bruxelles, qu’il s’agisse du démantèlement des services publics ou de la mise en concurrence de nos « biens communs » tels qu’énergie, transport ferroviaire, pourtant indispensable à la qualité de notre environnement… La mise en concurrence devait faire baisser les prix ? Ils s’envolent : + 6% pour l’électricité au lendemain du 26 mai.

La concurrence « libre », c’est aussi exiger de travailleurs français dont l’entreprise est délocalisée en Pologne de former leurs remplaçants avant d’être licenciés. Quel cynisme quel mépris pour ceux qui créent les richesses avec leur travail ! Ian Brossat propose d’instaurer un smic européen harmonisé par le haut (1) et une « clause de non-régression sociale» : les textes européens ne pourront qu’améliorer les droits des salariés, assortis d’un droit de veto des peuples face à toute proposition de régression.

L’élection européenne a lieu dimanche 26 mai. Un seul vote, 34 listes et une élection qui fait le jeu des forces dominantes : en France, un seuil minimal de 5 % a été décidé (le plus haut dans toute l’Europe) pour qu’une liste puisse obtenir 4 députés, tentant d’écraser ainsi les forces alternatives. Nous avons besoin de faire entendre nos voix, nous avons besoin de porte-paroles du mouvement social et de la gauche de transformation. Pour nos vies et pour la planète, je t’ appelle donc, chère B., à voter pour la liste conduite par Ian Brossat.

(1) Un smic européen ? Mme Loiseau dit oui, à 950 € par mois. Moi je dis « Carton rouge » !

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