Un jour sombre

Voici le message que je viens d’adresser au Père Hubert et au Père Daniel, mes interlocuteurs au sein de la communauté catholique de Montfermeil :

« Je suis, comme toutes et tous, femmes et hommes de bonne volonté, à nouveau dans la peine et l’effroi après les assassinats sordides commis ce matin à la cathédrale Notre-Dame de Nice, où 3 personnes ont brutalement perdu la vie parce qu’elles étaient catholiques.

Il y a à peine 10 jours, nous étions debout et ensemble, au côté des enseignants, des parents d’élève et de la communauté éducative ainsi qu’avec les autres communautés religieuses de Montfermeil pour refuser la barbarie et rendre hommage à la mémoire de Samuel Paty.

Les paroles  que vous avez prononcées, celles de M. Bekkouche et du Père Yakupaydin étaient importantes, nécessaires et apaisantes.

Aujourd’hui, à nouveau, le deuil nous accable et je veux par ces quelques mots vous assurer de toute ma compassion et de mon entier soutien à la communauté catholique de Montfermeil dans ces jours sombres qui nous frappent toutes et tous durement.
Il n’y a pas de mots pour décrire l’horreur que nous vivons.

Ma voix ne se joindra pourtant pas à celles des semeurs de haine qui attisent une violence obscurantiste et qui tentent de rejeter les valeurs de la République.

Restons debout et ensemble comme nous avons toujours su le faire.

« C’est la fraternité qui sauvera la liberté », écrivait Victor Hugo. Une phrase à laquelle fait écho « Fratelli tutti » , l’encyclique du Pape François que vous m’avez offerte : « La fraternité n’est pas que le résultat des conditions de respect des libertés individuelles, ni même une certaine équité observée. (…)  Que se passe-t-il sans une fraternité cultivée consciemment, sans une volonté politique de fraternité, traduite en éducation à la fraternité, au dialogue, à la découverte de la réciprocité et de l’enrichissement mutuel comme valeurs ? »

A vos côtés et au côté de la communauté catholique, fraternellement. »

« Reconfinement », ou l’échec d’une politique

L’annonce du Président de la République ce mercredi soir n’aura surpris personne. Cette deuxième vague était attendue, prédite par les scientifiques depuis bien longtemps.

Reconfinement, soit. Pour se protéger et protéger les autres, protéger les soignants. Mais le « Ségur de la santé » de juin n’a pas répondu à leurs exigences pour redresser l’hôpital public. Des lits sont toujours fermés, faute de personnel et de postes.

Colère donc, parce que le problème majeur, c’est celui de la casse de l’hôpital public depuis des décennies : 100 000 lits d’hôpitaux supprimés en 20 ans, dont 7400 ces deux dernières années. 100 lits supprimés à l’hôpital de Montfermeil entre 2012 et et 2017.

Nous allons payer cher le choix de la rentabilité financière au détriment de la santé publique et des conditions de travail des personnels hospitaliers.

Et qui va protéger les milliers de salarié.e.s qui ne peuvent pas télétravailler et vont devoir continuer à prendre des transports en commun ? 

Par contre, les profits des entreprises du CAC 40 et des GAFA, eux, se portent bien. Ils ont explosé depuis le début de la crise sanitaire.

La ligne 13 en pleine crise sanitaire (photo : Stéphane Peu)

Bienvenue à la nouvelle défenseure des droits !

Claire Hédon, nouvelle Défenseure des droits, a réservé son premier déplacement à la Seine-Saint-Denis, en se rendant à Bobigny début juillet . Je me réjouis de son choix, qui illustre la conscience que notre département est l’un des points du territoire national où la question des droits est la plus aiguë et qui en signale l’urgence.

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Claire Hédon (photo : @Defenseurdroits/Twitter)

Lors de sa rencontre avec  La Sauvegarde, association de protection de l’enfance, Claire Hédon a affirmé qu’elle était « convaincue du lien entre le manque de moyens et la question de l’accès aux droits ». Une conviction que je partage et qui a été mise en lumière par le rapport Cornut-Gentille/Kokouendo sur l’évaluation de l’action de l’État en Seine-Saint-Denis. Celui-ci pointe de graves déficiences dans l’éducation, la sécurité et la justice. D’autres domaines sont concernés : droit à la santé, à un logement digne, à ne pas subir de discriminations, à la protections des mineurs non accompagnés…

Dans nos villes également, des obstacles sont parfois sciemment dressés contre l’accès aux droits : à Montfermeil, je continue à être saisie par des familles confrontées au refus du maire d’inscrire leurs enfants à l’école. Une pratique illégale et discriminatoire qui dure depuis bien trop longtemps et à laquelle il doit enfin être mis un terme.

Alors bienvenue à Claire Hédon et travaillons conjointement à faire progresser les droits, ici et dès maintenant !

Pour la gratuité des masques !

Face à la remontée des contaminations par le Covid-19, qui font craindre une éventuelle « seconde vague », la question de la disponibilité des masques se pose avec une acuité renouvelée. Ayant désormais (ou enfin) reconnu l’utilité de ceux-ci dans la lutte contre le virus, le gouvernement a récemment annoncé que 40 millions de masques lavables seraient envoyés à environ 7 millions de personnes « qui sont au niveau du seuil de pauvreté ».

Si cette mesure est bien entendu un progrès, elle reste insuffisante au vu des besoins : le coût de l’achat de masques pour une famille de quatre personnes est évalué à 200 € par mois. Une charge financière lourde pour une part croissante de la population, alors que la crise économique s’aggrave.

Comme le souligne Florent Guéguen, directeur de la Fédération des associations de solidarité, « on concentre l’aide sur les plus pauvres, mais on laisse sur le carreau des millions de ménages (…) il faut très clairement élargir le nombre de bénéficiaires pour intégrer les classes populaires et au moins une partie des classes moyennes ». Avant d’ajouter : « Il faut sortir de l’arbitraire et considérer que l’accès au masque est un droit. »

C’est pourquoi je soutiens la pétition lancée par le journal l’Humanité, qui demande la gratuité des masques. Indispensables en termes de santé publique et désormais rendus obligatoires dans les espaces publics, les masques ne peuvent être considérés comme des marchandises, mais au contraire comme un élément d’intérêt général !

Signons la pétition !

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« Vous avez pu compter sur nous, pourrons-nous compter sur vous ? »

Aujourd’hui, journée nationale d’action des personnels de santé : l’annonce d’un « Ségur de la santé » sans moyens financiers ne calmera pas les infirmier.e.s, les médecins hospitaliers, les urgentistes, les aides-soignant.e.s qui depuis trop longtemps réclament des moyens pour le service public de santé,  garant d’un accès aux soins à la mesure des besoins de chacun et égal pour toutes et tous.

Ce matin, à l’hôpital de Montfermeil,  un beau rassemblement a réuni professionnels de santé, usagers, militants syndicaux, associatifs et politiques pour la revalorisation des salaires, le recrutement d’emplois supplémentaires dans les hôpitaux et les EPHAD, la fin des fermetures de lits et de services prévus par le Gouvernement. J’étais à leur côté, de même que les élu.e.s de Montfermeil autrement.

Cet après-midi, syndicats, collectifs de professionnels et d’usagers appellent à manifester  avenue de Ségur. Car la santé n’est pas une marchandise. Les soignants ont fait face à la crise sanitaire avec courage et abnégation, travaillé sans relâche dans des conditions effroyables, et parfois au prix de leur vie : ils ont du faire face à la pénurie de lits, de personnels et de moyens. La remise de médailles ou de chèques-vacances est un affront cynique. La réponse doit être à la hauteur des besoins et des attentes.

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