Dématérialisation : une entrave aux droits

Mercredi 9 octobre, à l’appel d’associations de solidarité et de syndicats, se tenait devant la préfecture de Bobigny un rassemblement pour revendiquer la dignité et le respect des droits des personnes étrangères. J’y suis intervenue au nom des élu-es communistes et citoyens du Conseil départemental pour y renouveler notre solidarité et notre engagement pour l’égalité de toutes et tous les Séquano-Dionysien-nes.

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Avec la dématérialisation quasi-totale des démarches administratives (renouvellement de la carte de séjour, demandes de naturalisation…) il est devenu extrêmement compliqué, voire impossible d’obtenir un rendez-vous.

Une situation qui a des des conséquences directes et parfois graves sur les plans du travail, de la santé, du logement. Un constat partagé par le Défenseur des droits, qui dénonce une véritable entrave aux droits causée par la dématérialisation.

À l’heure où le gouvernement cherche à remettre l’immigration au centre du débat, de façon totalement biaisée, démagogique et irresponsable, comment ne pas considérer que la dématérialisation intégrale et les difficultés qui en découlent sont devenues un moyen détourné de gérer l’accès au séjour et de freiner l’accès des personnes étrangères aux services préfectoraux ?

Un moyen détourné qui amène au paradoxe suivant : ce sont les procédures établies par l’État et la préfecture eux-mêmes qui sont à l’origine d’un véritable trafic de rendez-vous et de racket des usagers étrangers.

En avril dernier, Marie-Georges Buffet, députée communiste de Seine-Saint-Denis, avait adressé une lettre au ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, pour alerter sur cette situation et demander les moyens humains supplémentaires indispensables pour y remédier.

Dans sa réponse, le ministre pointe des problèmes d’attaques informatiques par des robots logiciels et indique les mesures prises pour y mettre fin. Mais à aucun moment il n’évoque la possibilité d’augmenter les moyens humains de la préfecture, ce qui revient à laisser perdurer indéfiniment une situation dont l’État sait pourtant qu’elle est intenable.

De notre côté, les conseillères et conseillers départementaux communistes et citoyens, avons interpellé à plusieurs reprises les préfets successifs pour leur demander de mettre fin à cette rupture d’égalité.

Cet appel a été renouvelé en juillet dernier au nouveau préfet de la Seine-Saint-Denis, par mes collègues Pascale Labbé et Abdel Sadi, demandant des garanties quant au déploiement de moyens humains supplémentaires pour débloquer la situation, ainsi que des créneaux horaires additionnels. Là encore, cette demande au préfet demeure toujours sans réponse…

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Education, autonomie et inclusion en séance du Conseil départemental

Profond recueillement hier en séance du Conseil départemental, lorsque toute notre assemblée s’est levée pour observer une minute de silence en mémoire de Christine Renon, directrice de l’école maternelle Méhul de Pantin qui a mis fin à ses jours, confrontée à un système qui broie les femmes et les hommes qui ont pourtant décidé de dédier leur vie à l’enseignement et aux nouvelles générations.

Dans mon intervention, j’ai rendu hommage à Christine Renon au nom du groupe Front de gauche, et réaffirmé notre soutien au rassemblement qui était organisé par l’intersyndicale devant la DSDEN de Bobigny, pour des conditions de travail dignes et humaines dans l’Éducation nationale.



L’adoption du Schéma départemental de l’autonomie et de l’inclusion était à l’ordre du jour, de même que l’éducation, avec le vote de la dotation de fonctionnement aux collèges de Seine-Saint-Denis. Grâce au travail des services départementaux, de grands progrès ont été effectués pour la transition écologique des établissements, qui permettent de réduire leur consommation énergétique.

Néanmoins, si notre collectivité a engagé un grand effort d’efficacité, nous ne tolérerons pas que la logique comptable imposée par la gouvernement impacte les conditions d’apprentissage des collégiens.

En ce sens, j’ai alerté sur le fait que plus d’un mois après la rentrée, des collégiens n’avaient toujours pas pu débuter les cours faute de place, et dénoncé la situation que connaissent nombre d’enfants handicapés et leurs accompagnants, confrontés à une rentrée anarchique, loin des promesses d' »éducation inclusive » du gouvernement.

Le schéma départemental de l’autonomie et de l’inclusion déterminera notre action pour les cinq années à venir, en apportant de nouvelles réponses au défi du vieillissement de la population, face à la perte d’autonomie.

Renforcement de l’inclusion dans la vie sociale, amélioration de l’accompagnement des personnes et du soutien à leurs proches aidants, développement résolu de l’habitat inclusif et développement et transformation de l’offre médico-sociale sont les quatre axes majeurs du schéma.

Adaptation de 3000 logements ; création de la carte Ikaria afin de faciliter l’accès à la culture, au sport et aux loisirs de tous les plus de 60 ans ; ou encore réduction des délais d’instruction des demandes sont quelques-unes des actions qui seront mises en œuvre pour concrétiser notre objectif d’une Seine-Saint-Denis accessible à toutes et tous.

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Contre les violences conjugales, une nécessaire volonté politique

Le « Grenelle contre les violences conjugales » s’est ouvert à Matignon avant-hier, alors que depuis le début de l’année, on dénombre 101 femmes assassinées par leur conjoint ou ex-conjoint et que l’on estime à 220 000 par an le nombre de femmes victimes de violences physiques et sexuelles.

La lutte contre les violences faites aux femmes est une urgence nationale. En Seine-Sait-Denis,  depuis le 1er janvier, deux femmes ont été victimes de féminicide, 3 391 victimes ont déposé plainte, comme en en témoignent les chiffres présentés lors de la déclinaison du Grenelle organisée par la préfecture de Seine-Saint-Denis.

Le Conseil départemental de Seine-Saint-Denis a joué un rôle pionnier en la matière. Dès 2002,  l’Observatoire départemental des violences envers les femmes, le premier en France, était créé. Il y en a 22 aujourd’hui. Des dispositifs innovants et efficaces ont été proposés, tels que le téléphone grave danger, l’ordonnance de protection ou encore les mesures d’accompagnement protégé pour les enfants.

Dernier dispositif en date, la récente ouverture à Bagnolet d’un lieu d’accueil pour les femmes de 15 à 25 ans victimes de violence, grâce notamment au travail de Pascale Labbé, conseillère départementale déléguée à l’égalité Femme-Homme.

Ce rôle pionnier est dû en grande partie aux efforts et à l’engagement de toute une vie d’Ernestine Ronai, responsable de l’Observatoire départemental, qui participera au Grenelle et dont Le Figaro publie un beau portrait.

Comme le soulignent Ernestine Ronai, Pascale Labbé, Stéphane Troussel et Ghada Hatem dans une tribune publiée par Libération, « cela reste néanmoins insuffisant, et nous sommes convaincu·e·s que l’action publique peut faire bien plus ». Un constat qui fait écho à celui de Fadela Benrabia, préfète à l’égalité des chances en Seine-Saint-Denis, regrettant lors du Grenelle départemental que « Nos besoins en matière d’hébergement ne sont pas proportionnés aux moyens dont on dispose ».

Répondre aux besoins suppose un véritable changement des politiques nationales : « Gageons qu’avec ce Grenelle cessera le double discours du gouvernement, qui prétend faire de cette lutte la grande cause du quinquennat, tout en diminuant les budgets, entraînant une moins grande disponibilité des associations, voire la fermeture de certaines structures d’accueil » espèrent les signataires de la tribune.

Pour faire cesser les violences conjugales, la volonté politique est indispensable et ne saurait être subordonnée aux dogmes de l’austérité.

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Clichy-Montfermeil : des vacances en Touraine pour dix familles défavorisées (Le Parisien)

Samedi, dix familles de Montfermeil et Clichy-sous-Bois sont parties pour une semaine de vacances en Touraine. Un « acte 2 » qui fait suite à un premier départ l’année dernière et qui marque une nouvelle étape dans la mission départementale « Accès aux vacances sociales et solidaires »que je mène, puisque d’autres départs sont prévus d’ici la fin de l’année.

Dans son édition d’aujourd’hui, Le Parisien y revient dans l’article ci-dessous :

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Chédigny (Indre-et-Loire), dimanche 18 août. Une dizaine de familles de Clichy et Montfermeil qui ne peuvent partir en vacances profitent d’un séjour en Touraine. DR

Une cinquantaine de parents et enfants ont quitté samedi la Seine-Saint-Denis pour des vacances qu’ils n’auraient pas pu s’offrir sans un dispositif pilote.

Le 18 août 2019 à 17h28

« Dix jours avant le départ, l’une de mes filles me disait : maman, maman, tu n’oublieras pas ça, ni ça dans la valise … Vous ne pouvez pas imaginer à quel point elles attendaient ce moment avec impatience! Et moi aussi d’ailleurs! » Comme le raconte Fatima-Zahra, avec le sourire dans la voix, la semaine de vacances en Touraine qui vient de débuter pour elle et ses enfants est une énorme bouffée d’oxygène.

« Nous ne sommes pas partis depuis cinq ans », ajoute cette mère de 33 ans qui élève seule ses petites de 8 et 10 ans. Ce dimanche, pour son premier jour loin du 93, le trio a profité de la piscine et d’un atelier collectif de danse. Et ce lundi se profile une belle randonnée en forêt.

Une cinquantaine de parents et enfants

Au total, plus d’une cinquantaine de parents et enfants de Clichy et Montfermeil profitent d’un dispositif pilote impulsé, pour la deuxième année, par le Département sur les deux communes. La CAF, les centres sociaux de l’Orange bleue et de la Dhuys et l’association Arrimages sont associés à la mise en place du séjour. Les bénéficiaires participent financièrement, à hauteur de leurs moyens.

« Nous accompagnons une dizaine de familles dont la plupart sont monoparentales, détaille Dominique Dellac, conseillère départementale de Seine-Saint-Denis. Partir plus de cinq jours de chez soi, c’est un vrai levier en matière de politique d’ insertion sociale et économique. » Selon les données Insee, il y a environ 200 000 familles monoparentales dans le 93.

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Clichy, samedi. Fatima-Zahra et ses filles à l’heure du grand départ. DR

Cette année, c’est en quelque sorte la vie de château pour la douzaine d’adultes et la quarantaine d’enfants. Visites de monuments, promenades et baignades vont agrémenter la semaine en Touraine. « Ces vacances ensemble sont aussi l’occasion de nouer des liens, de raconter nos problèmes », estime Fatima-Zahra qui mise ensuite sur un nouveau départ personnel.

Plus de familles pourront partir

Elle vient de terminer une formation d’auxiliaire de vie et multiplie désormais les envois de CV. « Je suis prête à aller partout, du moment que je travaille », souligne la maman qui espère pouvoir mettre un peu de côté, pour avoir une voiture. « On n’a que le bus et c’est très, très compliqué de se déplacer sans véhicule », précise Fatima-Zahra.

Le dispositif pilote de Clichy-Montfermeil lancé en 2018 a conduit à la signature en avril dernier d’une convention inédite en France entre le Département et l’Agence nationale des Chèques-vacances (ANCV). Qui permettra le départ de davantage de familles, de jeunes et de personnes handicapées et âgées de Seine-Saint-Denis.

Quelques motifs de satisfaction..

Après mes vacances (nager, lire, découvrir… ), j’avais plutôt envie de rester sur la note légère de cet entre-deux estival : entre adoption du Ceta et menaces sur les retraites (entre autres) l’actualité n’est pas des plus réjouissantes. Mais mardi, arrêtée au feu tricolore, place Notre-Dame-des-Anges, j’ai enfin vu passer le T4 et ça a été un joli moment d’émotion.  Ce sont toujours les essais – indispensables à la sécurité et annonciateurs  du désenclavement prochain. Après toutes ces années (je me souviens d’une longue chaîne humaine réclamant le T4 à laquelle j’avais participé), ça fait vraiment plaisir ! Et puis, si je suis rentrée,  si d’autres sont encore en congés, certain.e.s sont en train de préparer activement leurs valises aujourd’hui et c’est une très bonne nouvelle ! La mission « Vacances sociales et solidaires » que je conduis au Conseil départemental va permettre à 10 familles de Montfermeil et de Clichy-sous-Bois – plus de cinquante personnes – de se ressourcer en Touraine, dans un village vacances entouré d’un parc boisé de 9 ha, au coeur de la vallée de la Loire ; de partager des moments de découverte et de plaisir en famille, de prendre du temps pour soi et pour les siens. De beaux souvenirs de vacances à raconter au retour  et un coup de chapeau au groupe de travail réunissant les circonscriptions de service social du Département, la CAF, les centres sociaux de l’Orange bleue et de la Dhuys, Arrimages qui ont accompagné les familles pendant plusieurs mois pour préparer ce départ en vacances. Le premier pour certains. Départ demain matin !

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Au programme de cette semaine, découverte des châteaux de la Loire, activités enfants et adolescents, piscine, parcours botanique… Les vacances, quoi !