346 M€ : la dette de l’État au Département pour 2018 !.. et le Plan Piscine, lors de la séance du Conseil départemental.

Jeudi dernier, le débat d’orientations budgétaires était à l’ordre du jour de la séance du Conseil départemental.

Une nouvelle fois, ce rapport a mis en évidence l’abandon financier de notre Département par l’État, qui nous demande toujours plus d’efforts avec toujours moins de moyens. C’est notamment le cas des aides individuelles de solidarité (RSA, APA, PCH), dont le versement à été attribué aux Départements – alors qu’elle relèvent de la solidarité nationale – sans que leur coût financier soit compensé, provoquant à dessein une asphyxie financière de la Seine-Saint-Denis.

Refusant cette situation injuste, le Conseil départemental a voté à l’unanimité l’envoi à l’État d’un ordre de paiement de 346 millions d’euros, soit la somme que celui-ci n’a pas versé pour compenser les dépenses liées aux AIS et à la prise en charge des mineurs non accompagnés, pour la seule année 2018.

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Autre point à l’ordre du jour, la poursuite du Plan Piscines, engagé depuis 2015 par le Département, et le développement du plan « savoir nager ». Je suis intervenue au nom de notre groupe pour exprimer notre satisfaction quant à ce plan, qui constituera une contribution essentielle à ce que nos enfants aient enfin accès à cette liberté et à cette sécurité vitale qu’est la maîtrise de la nage.

Quand un enfant de Seine-Saint-Denis sur deux ne sait pas nager à l’entrée au collège, notre mobilisation est en effet urgente et nécessaire. A cet égard, l’obtention d’une enveloppe spécifique de 15 millions d’euros destinée à l’héritage aquatique des Jeux olympiques et paralympiques 2024 est une excellente nouvelle, qui démontre qu’avec les efforts et l’engagement nécessaires, cet événement sera bénéfique dans la durée aux Séquano-Dionysiennes et Séquano-Dionysiens, et ce dès avant 2024.

Il est donc particulièrement regrettable que la ville de Montfermeil ait refusé de s’inscrire dans le Plan Piscines 2016-2021 que nous mettons en œuvre, qui aurait pu permettre la construction sur le territoire de notre commune d’une piscine qui aurait bénéficié aux enfants de nos écoles, et plus largement à toutes et tous les Montfermeillois-es, Valjovien-nes et Coubronnais-es…

A nous de nous mobiliser pour qu’à l’occasion de la prochaine phase de ce Plan, notre canton ne soit plus le plus dépourvu de piscines de toute la Seine-Saint-Denis !

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La piscine Rosa Parks de Clichy-sous-Bois, financée par le Département et déjà largement appropriée par la population

Solidarités, inégalités… Aujourd’hui, en séance du Conseil départemental

Solidarités :  vote d’une subvention aux sinistrés de l’Aude ; participation au Fonds de solidarité et d’investissement interdépartemental. Cet outil  innovant est un bel exemple de coopération des départements franciliens pour financer des projets d’intérêt interdépartementaux concrets et structurants au service de la  solidarité entre les territoires, de l’attractivité et de la réduction des inégalités.

Inégalités : la question des transports était aussi à l’ordre du jour, avec notamment la prolongation du T1 de Bobigny à Val-de-Fontenay, ce dont nous nous réjouissons, après tant d’années ! Et pourtant, allons-nous continuer à être le parent pauvre des transports en commun en Île-de-France ? Pour ma part et au nom de notre groupe, je me suis exprimée  sur les inégalités en matière de transport, sur la proposition de notre groupe d’organiser une table ronde réunissant toutes les parties prenantes – Etat, Région, Société du Grand Paris, Départements et villes concernées, …-, et plus particulièrement sur la ligne 16, qui nous touche, ici, à Montfermeil et à Clichy-sous-Bois.

Extrait de mon intervention : (…) ll y a une triple urgence – sociale, économique et environnementale au déploiement de transports qui permettent de réduire les inégalités territoriales et d’améliorer durablement les conditions de vie des habitants. (…) C’est particulièrement vrai pour le projet de ligne 16. Alors que celui-ci devait initialement être livré en 2023, les dernières annonces repoussent la réalisation du tronçon Aulnay-sous-Bois/Clichy-sous-Bois/Montfermeil à fin 2024 et celle du tronçon Clichy-Montfermeil/ Chelles /Noisy-Champs « à l’horizon 2030 ».

À l’heure où l’exigence d’égalité républicaine pour notre département et tous les quartiers populaires réunit acteurs et élus de toutes sensibilités, nous ne pouvons pas accepter cette nouvelle preuve de mépris et de relégation envers des populations et des territoires déjà largement laissés pour compte.

Car il ne s’agit pas simplement de « prendre son mal en patience », comme semble l’affirmer un discours détaché des réalités locales. Comment Édouard Philippe peut-il affirmer que ces retards visent à « éviter une immense frustration », alors que la livraison du tronçon Aulnay-sous-Bois/Clichy-Montfermeil n’interviendrait que fin 2024, après les Jeux olympiques et paralympiques, rendant plus difficile toute possibilité de participation active des habitants à cet événement unique à l’échelle d’une vie et privant le territoire de retombées économiques potentielles pourtant si nécessaires.

Et avant même cette question des Jeux, ce sont les déplacements quotidiens de milliers de travailleurs et d’étudiants dont il est question. Les gares de Chelles et Noisy-Champs sont les points de passage vers Paris et Marne-la-Vallée, centres économiques et universitaires.

7 minutes avec le Grand Paris Express entre Clichy-Montfermeil et Noisy-Champs, ou plus de 60 minutes aujourd’hui ?… Frustrés par les transports, nous le sommes déjà au quotidien ! L’horizon 2030  annoncé pour la mise en service du dernier tronçon de la ligne 16 reliant la Seine-Saint-Denis à la Seine-et Marne, s’apparente à une impasse et fait de la station Montfermeil -Clichy-sous-Bois un véritable « cul-de-sac ».

Face à cette situation profondément inégalitaire, la poursuite de notre mobilisation, à travers des formes d’action associant citoyens et élus est indispensable. Nous réclamons le droit à la mobilité !

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Séance du Conseil départemental du 27 septembre 2018

Au menu de la séance du Conseil départemental de jeudi dernier,  la préparation des Jeux olympiques et paralympiques (JOP) de 2024. Cet événement planétaire revêtira une importance capitale pour la Seine-Saint-Denis, notre département accueillant 80% des sites olympiques.

C’est pourquoi le Conseil départemental s’engage afin que les JOP laissent un héritage utile et durable aux Séquano-Dionysiens, avec un fort engagement écologique. Cet effort pour le sport et la population n’est cependant visiblement pas partagé par le gouvernement, qui pratique des coupes drastiques dans le budget du ministère des Sports et a porté un coup terrible aux associations par la suppression des contrats aidés.

Une véritable « Saint-Barthélémy du sport », pour reprendre les mots de Philippe Bana, président de l’association des directeurs techniques nationaux, qui doit prendre fin le plus tôt possible, afin que toujours, dans nos villes et nos cantons, le plus grand nombre de femmes et d’hommes puissent y accéder et trouver dans cette pratique un moyen de s’épanouir et d’embellir sa vie.

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Ci-dessous, l’intégralité de l’intervention que j’ai prononcée au nom du groupe lors de la séance :

« Monsieur le Président, cher-e-s collègues,

Nous nous félicitons de l’engagement écologiste et de la volonté forte d’inscrire ces Jeux dans une perspective durable dans l’intérêt de la population. Le rapport qui nous est présenté est le fruit d’une mobilisation remarquable de l’ensemble des services départementaux pour faire émerger des projets susceptibles de mobiliser habitants, associations et partenaires du Département mais aussi pour que ces Jeux laissent à la Seine-Saint-Denis un héritage à la hauteur de ses besoins en termes d’équipements, de logements, d’accès au sport et à la culture pour toutes et tous. Au-delà de notre engagement de 67,4 millions d’euros pour le plan de financement des équipements et des aménagements, nous serons attentifs à la question des moyens qui seront mis en œuvre dans les services départementaux pour faire aboutir ces projets ambitieux et fédérateurs.

Mais les annonces du gouvernement concernant le Ministère des sports sont accablants et le « en même temps » cher au Président Macron atteint là les limites du supportable.

Comment peut-on d’un côté, se glorifier d’être champion du monde de football **, organiser les JO en 2024 et préparer d’autres manifestations internationales de grande envergure comme la coupe du monde du football féminin en 2019, et d’un autre côté, réduire de 7% le budget du sport pour la seule année 2018, puis prévoir une nouvelle baisse de 6, 2 % en 2019 et supprimer plus de la moitié des postes du ministère, soit 1600 postes de conseillers techniques et sportifs ?

Ceci vient s’ajouter à la réduction massive de contrats aidés qui font vivre nombre de clubs tout au long de l’année dans nos villes et nos quartiers.

Est-ce cohérent de fixer comme objectif à la nation 3 millions de licenciés supplémentaires et 80 médailles françaises tout en réduisant ainsi de manière drastique les moyens déjà largement insuffisants qui devraient permettre d’atteindre de tels objectifs ?

Toutes ces années, les baisses de dotations aux collectivités mais aussi le plafonnement de la taxe Buffet sur les droits télévisuels ont porté atteinte au financement du sport amateur. Petit à petit, le sport a été démantelé au point que le budget de la nation ne lui réserve que 0,13%. Au regard du budget national, ce n’est rien. En asséchant ainsi le mouvement sportif, l’objectif est clair : il s’agit de libéraliser le sport et de l’offrir au marché. Et nous savons qu’entre les mains des marchands, le sport devra être rentable, et non plus accessible et utile au plus grand nombre.

Depuis des années, le sport prend des coups et à la veille des Jeux, il semble bien que le Président Macron ait décidé de lui donner le coup fatal, la « Saint-Barthélémy du sport » pour reprendre les termes de l’association des Directeurs Techniques Nationaux.

« Les Jeux olympiques doivent être une chance pour le sport en général et pour cela il faut qu’on ait les moyens d’accueillir les jeunes dans les pratiques sportives » déclarait il y a peu Marie-George Buffet, ancienne ministre des sports et députée de la Seine-Saint-Denis.

Car c’est grâce à tous ces clubs, aux milliers de bénévoles, aux éducateurs qualifiés que se tissent partout dans notre pays le lien social et la mixité. Le sport porte et transmet les valeurs de solidarité, d’entraide, d’égalité, de respect de soi et des autres. Le sport est un puissant levier d’insertion et d’égalité femmes-hommes, c’est un formidable outil de formation et d’émancipation du citoyen et en ce sens, il est un droit essentiel que nous devons continuer d’offrir à tous, quel que soit son sexe, son âge, sa condition sociale.

Enfin, pas de sport de haut niveau ni de sportifs de haut niveau sans sport amateur.

C’est le sens de la pétition initiée par le Comité national olympique et sportif français, intitulée « Le sport compte » et qui a déjà été signée par près de 190 000 personnes. Denis Masseglia, président du CNOSF – qui regroupe 107 fédérations sportives françaises et 180 000 associations – souligne en effet le décalage entre les revenus générés par le sport, qui sont en pleine expansion, et les moyens dont dispose « la base sportive, [qui] a besoin de reconnaissance et de considération à un moment où elle est en plein désarroi alors que le Sport ne s’est jamais aussi bien porté [et] de moyens pour continuer sa mission, celle de former des Hommes, des Femmes et des Citoyens, celle de permettre à chacun de s’épanouir à tous les âges de la vie ».

Si nous voulons ces Jeux, car nous sommes convaincus qu’ils peuvent avoir un impact formidable pour les habitants, nous sommes avant tout convaincus qu’une politique publique du sport ambitieuse est nécessaire. C’est seulement ainsi que le sport pourra être accessible au plus grand nombre, que nous pourrons avoir du haut niveau, développer des filières et permettre aux clubs et aux fédérations de vivre.

Le budget de la nation doit faire une part bien plus grande au sport et augmenter le budget du ministère des Sports jusqu’à 1% d’ici 2024. C’est la proposition que Marie-George Buffet fera prochainement à l’Assemblée nationale et c’est d’ailleurs la revendication du mouvement sportif aujourd’hui. Diminuer les moyens du sport sur nos territoires est un non-sens lorsqu’on s’apprête à accueillir la plus grande manifestation sportive du monde.

L’Association Nationale des Élus en charge du Sport (ANDES) a récemment appelé les parlementaires à « consolider le financement du sport par le déplafonnement des taxes affectées au sport, sur les mises de la Française des Jeux, des paris en ligne et de la taxe Buffet ». Ils considèrent eux aussi que les acteurs du sport doivent disposer de ressources pérennes, rappelant que « l’enjeu sociétal du sport pour tous est essentiel pour la Nation, que ce soit en matière de santé, de lien social, d’éducation, mais également de vecteur économique et d’emplois ».

Oui, nous voulons que les Jeux olympiques et paralympiques soient avant tout une grande fête populaire, un événement réussi et laissent un héritage positif aux générations futures. Mais pour cela, nous demandons que le service public du sport soit préservé et développé afin que toujours, dans nos villes et nos cantons, le plus grand nombre de femmes et d’hommes puissent y accéder et trouver dans cette pratique un moyen de s’épanouir et d’embellir sa vie. »

L’été du canal : le festival estival de la Seine-Saint-Denis

Le canal de l’Ourcq et ses berges se prêtent à tous les plaisirs de l’été pendant l’Eté du Canal, organisé par Seine-Saint-Denis Tourisme avec de très nombreux partenaires. Rompez les amarres, de la Place Stalingrad à Paris au parc de la Poudrerie à Tremblay, en passant par Pantin, la plage de Bondy-Noisy, le port de loisirs de Bobigny : navettes fluviales à 1 ou 2 € pour flaner sur l’eau le nez au vent ; croisières thématiques musicales, gourmandes, cinéphiles ;  concerts en tous genres et des bals ;  ateliers divers et variés ; activités sportives, ludiques, culturelles tous les week-ends de l’été… Et un parcours d’art urbain à découvrir le long du canal où les magnifiques photos en noir et blanc du célèbre studio Harcourt ont inspiré des artistes urbains français et internationaux.  Sans oublier le canal Saint-Denis et la Street art avenue. Retour sur ce premier week-end auquel j’ai participé avec grand plaisir hier et ce dimanche. Samedi, In Seine-Saint-Denis ouvrait le bal au parc de la Bergère et S. Troussel remettait les récompenses aux lauréats de l’appel à projets 2018 pendant que les premières croisières musicales donnait le la. Aujourd’hui, croisière street art commentée, avec à son bord Batsch, le graffeur bondynois. On a croisé Marko 93, directeur artistique du projet, dans une nacelle suspendue à 20 m de hauteur à Pantin, mettant une dernière touche aux yeux de la boxeuse Sarah Ourahmanne. Et croisé l’oeuvre de BK FOXX, artiste new-yorkaise : dorénavant, Marion Cotillard fait partie du paysage du canal.

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Atelier avec Little Garden dans le cadre de In Seine Saint Denis

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Souk Canal, DJ Set sur l’eau

 

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Un peu plus loin, à la plage de Noisy-Bondy, les petits barboteurs…

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Batsch a travaillé le portrait de l’actrice Aïssa Maïga au pont de Bondy  et une autre oeuvre au Point Ephémère : magnifique bébé noir ouvrant les bras au monde.

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Dernière séance du conseil départemental du 28 juin

Dernière séance  hier avant la pause estivale. Comme chaque année, le Préfet de Seine-Saint-Denis a présenté le rapport d’activité des services de l’Etat dans le département. Comment dire ? On n’a pas vraiment la même vision des « efforts » de l’Etat dans notre département, c’est sûr ! Notre groupe a interrogé le représentant de l’État en Seine-Saint-Denis sur l’insuffisance des compensations du financement du RSA et le besoin de recentralisation de celui-ci de même que sur la situation critique de l’Aide sociale à l’enfance du fait de l’explosion du nombre de mineurs non accompagnés : + 66 % en un an…

Cette séance a également été l’occasion pour notre assemblée de confirmer notre refus de signer le pacte financier avec l’État, la fameuse « contractualisation ». Un contrat qui n’en est pas un : sans contreparties et sans prise en compte des réalités de la Seine-Saint-Denis, il s’assortit de menaces de rétorsion financière.

Une véritable mise sous tutelle qui plafonne la hausse des dépenses de fonctionnement à 1,2 % par an sous peine de devoir rembourser la différence à l’Etat. En effet, la loi de programmation des finances publiques pour 2018-2022 prévoit 50 milliards d’euros « d’économies » des dépenses publiques dont 13 devraient être assumés par les collectivités territoriales, soit 26 % du total, alors que celles-ci ne participent qu’à hauteur de 9 % de la dette de l’État, mais à 80 % de l’investissement qui est pourvoyeur d’avenir, de dynamisme et d’emploi !

Sous le masque de la « bonne gestion », les œillères du dogme néolibéral.

 

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Cette séance annuelle du Conseil départemental avec le  Préfet est l’occasion de lui poser des questions écrites. Ce que j’ai fait. J’y reviendrai quand j’aurai les réponses.