Marche blanche en mémoire d’Aminata

Une immense émotion, beaucoup de tristesse, de la colère mais aussi de l’espoir, hier lors de la marche blanche qui a réuni une foule nombreuse en mémoire d’Aminata Traore, 133ème victime de féminicide.  Au pied de son immeuble, voisins, amies, collègues de travail,  Montfermeillois.es anonymes, associations, élu.e.s… ont déposé une rose blanche, une gerbe, avant de nous diriger vers la mairie pour une prise de parole du maire de Montfermeil ; de Marie-Christine Mourgue, de SOS Femmes 93 ; d’Ernestine Ronai, de l’Observatoire départemental des violences envers les femmes et de moi-même, qui représentait Pascale Labbé, ma collègue conseillère départementale, déléguée à l’égalité Femmes/Hommes et Présidente de l’Observatoire.

Nous avons ensuite repris notre marche vers le Forum Leopold Sédar Senghor pour un temps d’échanges nécessaire avec les femmes présentes, Ernestine  Ronai, Marie-Christine Mourgue, Céline Hannequin, intervenante sociale au commissariat et Patrick Fernandes, directeur de la Maison de justice et du droit. Un moment bouleversant, où des femmes victimes de violences conjugales ont témoigné de l’enfer qu’elles ont vécues et qui s’en sont sorties avec l’appui des associations et des professionnels. Le constat d’un manque de moyens financiers et humains pour écouter, accompagner et protéger ces femmes victimes, et l’urgente nécessité que l’Etat s’engage plus et mieux. Pour que cesse l’intolérable, ces vies gâchées.  Et puis l’espoir aussi : celui de la mobilisation de proximité, du voisinage, pour sensibiliser à cette question, aider ces femmes à faire le premier pas vers leur libération. Sur 10 femmes que nous connaissons, au moins une est potentiellement victime de violences conjugales. Il faut croire les femmes, les écouter, les protéger. En mémoire d’Aminata.

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Demain, une marche nationale contre les violences faites aux femmes avant la marche de mardi pour Aminata.

Demain je marcherai, nous marcherons ensemble pour dire « Stop aux violences sexistes et sexuelles ». Une mobilisation urgente et nécessaire, alors que 137 femmes ont été assassinées par leur compagnon ou ex-compagnon depuis le début de l’année. Notre ville a récemment été bouleversée par la mort d’Aminata T., assassinée par son mari le 12 novembre dernier. Une marche blanche en sa mémoire est d’ailleurs organisée ce mardi 26 novembre à 13h30 devant le bâtiment J, résidence Château des Perriers – Vieux Chemin de l’Abîme avec le concours de l’Observatoire départemental des violences envers les femmes et SOS Femmes 93.

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Un fléau qui touche toutes les régions et toutes les couches sociales : un féminicide tous les deux jours et 220 000 femmes victimes de violences conjugales chaque année.

Face cette urgence, des actions décidées et ambitieuses des pouvoirs publics sont indispensables. La Seine-Saint-Denis est à ce titre une collectivité innovante et fortement engagée depuis 2002 avec la création de l’Observatoire départemental des violences faites aux femmes, qui non seulement étudie mais agit et grâce notamment au travail exemplaire de ma collègue Pascale Labbé, conseillère départementale déléguée à l’égalité femmes-hommes et d’Ernestine Ronai, responsable de l’Observatoire.

L’implication des femmes de Seine-Saint-Denis est elle aussi exemplaire, formulant analyses et propositions, la première étant que « quand les femmes révèlent des violences, elles doivent être crues et mieux protégées. »

Mais c’est d’un effort national dont nous avons besoin. Comme l’affirme l’appel collectif à la marche de demain « Les demi-solutions ressassées depuis des décennies ne fonctionnent pas. Un Grenelle ne suffira pas. Le gouvernement doit passer à la vitesse supérieure et débloquer un milliard d’euros pour financer des politiques publiques qui touchent l’ensemble de la population. La société est prête à se mettre en mouvement contre les violences. Il manque aujourd’hui la volonté politique et les moyens. »

C’est pour cela que « le 23 novembre nous marcherons. Nous exprimerons notre force, notre colère et notre détermination. Nous sommes déjà des milliers. Et nous allons en finir avec les violences sexistes et sexuelles ».

RDV samedi à 14h à Paris, place de l’Opéra.

Non au chantage financier contre la solidarité !

Lors de sa dernière séance,  jeudi 14 novembre, le Conseil départemental a tenu à exprimer la tristesse et l’indignation de toute la Seine-Saint-Denis, en observant une minute de silence en mémoire d’Aminata T., assassiné à Montfermeil par son mari le 12 novembre dernier. Le 133ème féminicide de l’année, qui nous peine, nous révolte et nous appelle à poursuivre nos efforts pour construire une société libérée des violences contre les femmes. Une marche blanche aura lieu à Montfermeil mardi 26 novembre.

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Notre assemblée était amenée à se prononcer sur le rapport d’orientations budgétaires 2020. Une nouvelle fois, nous constatons le désengagement de l’Etat face à l’augmentation des besoins en Seine-Saint-Denis.

En effet, alors que nous allons engager 240 millions d’euros d’investissements pour les collèges, l’écologie, l’action sociale ou encore les mobilités douces, l’Etat poursuit sa politique délibérée de non-compensation des dépenses, conduisant à une asphyxie financière toujours plus grave du Département. Une situation qui va encore s’aggraver du fait de la suppression de ressources fiscales et de la réforme de l’assurance-chômage : en  privant de leurs droits de nombreuses et nombreux habitant.e.s, l’Etat fera des « économies » inhumaines. Ces personnes relèveront dès lors du RSA, dont les dépenses sont assumées par les Départements.

Comme l’affirme notre communiqué publié à cette occasion, nous sommes devenus le synonyme de l’abandon de la solidarité nationale !

Pour la deuxième fois dans l’année, cet effet ciseau nous a obligés à adopter une décision budgétaire modificative afin de prendre en compte les dépenses additionnelles de solidarité à destination des mineurs en difficulté, des personnes handicapées et des personnes âgées.

Je suis intervenue au nom du groupe Communistes et citoyens afin de dénoncer le véritable chantage exercé par le gouvernement à l’égard de la Seine-Saint-Denis, du fait de notre refus de procéder au fichage biométrique des mineurs étrangers non-accompagnés. Un fichage dénoncé entre autres par l’Unicef-France, Médecins sans frontières ou la LDH.