Fort de Vaujours : fin de l’enquête publique

Une dernière déclaration de Pierre Laporte et moi-même, comme membres de la Commission de Suivi de Site du Fort de Vaujours. Notre conclusion : insatisfaction et dans l’attente d’un dialogue constructif et sincère… Et maintenant, attendons le rapport et les conclusions officielles.

Ou l’on reparle du fort de Vaujours…

Placoplatre a déposé une demande d’autorisation environnementale, dernier préalable à l’exploitation du fort de Vaujours comme carrière à ciel ouvert pour en extraire 18 millions de tonnes de gypse. Le début des travaux interviendrait dès l’an prochain pour une durée de 30 ans, pour une première phase d’exploitation…

Le fort de Vaujours, une longue histoire, déjà, puisque nous réclamons de longue date transparence et information quant à l’exploitation d’une carrière de gypse sur ce site très particulier : un fort militaire appartenant à l’Etat, dépôt de munitions pendant la 2nde guerre mondiale, devenu emprise du Commissariat à l’Energie Atomique qui y a testé les détonateurs de la bombe atomique française pendant près de 40 ans… Racheté aux 2/3 par Placoplâtre en 2010 (30 ha), alors que le site était, et est, toujours classé Secret Défense. On peut donc contester le terme même de « friche industrielle », utilisé par Placoplâtre, impropre aux activités qui s’y sont déroulées. Un glissement sémantique opportun, que j’oppose aux principes de précaution que nous réclamons.

Une enquête publique est donc en cours qui concerne 8 villes de Seine-Saint-Denis* et 7 de Seine-et-Marne, dans la proximité du fort : car l’issue de cette enquête publique conditionnera les modalités dans lesquelles Placoplâtre, filiale de Saint-Gobain, pourrait être amené à exploiter le gypse du fort de Vaujours.

A l’heure de la nécessaire transition écologique, de nouvelles interrogations se font jour : quel bilan carbone, quand des dizaines de camions circuleront chaque jour ? Quid de la protection de l’environnement, de la faune et de la flore alors que la déforestation à court terme du site devrait voir disparaître des populations de chauve-souris et d’oiseaux nicheurs, privés de leur bassin de vie.

Des interrogations qui s’ajoutent à celles que nous posons depuis plusieurs années, toujours d’actualité (dissémination de poussières consécutifs aux tirs de mine ; écoulement d’eaux potentiellement polluées dans les nappes phréatiques ; nuisances permanentes et quotidiennes pour les riverains ; recyclage des terres ; protection des salariés de Placoplatre…

Vous pouvez prendre connaissance du dossier, des avis émis, et déposer votre contribution sur le registre numérique https://www.registre-numerique.fr/carriere-gypse-vaujours-guisy

La prochaine réunion publique se déroulera ce vendredi 16 décembre à 19 h à Courtry, 37 rue Charles Van Wingene, et je vous invite à y participer.

Extrait d’un document Placoplâtre présenté sur le registre numérique de l’enquête publique
  • Clichy-sous-Bois, Coubron, Livry-Gargan, Montfermeil, Sevran, Tremblay-en-France, Vaujours, Villepinte, 

Fort de vaujours, toujours – Communiqué de presse

Fort de vaujours, toujours

Etat des pollutions chimiques : en savoir plus
Une nouvelle Commission de Suivi de Site du Fort de Vaujours s’est tenue jeudi 23 juin.
Comme nous l’avions fait précédemment, les sénateurs présents ont à leur tour demandé la désignation d’un expert indépendant pour analyser les potentielles pollutions chimiques. Demande légitime au regard de l’historique du site. Nous n’avons pas reçu à ce jour de réponse des services de l’Etat. Nous agirons pour faire aboutir cette proposition.

La CRIIRAD à nouveau dans la course
La mobilisation des élus et des associations doit permettre à la CRIIRAD d’effectuer une visite du site à la rentrée et d’examiner les protocoles mis en place par l’entreprise Placoplatre pour la démolition des bâtiments et la gestion des déchets. Nous attendons de ces deux initiatives une plus grande transparence sur l’état de pollution du site.

Les PIG : un tour de cochon
Concernant les autres sites que souhaite exploiter Placoplatre, les maires de Courtry et Villevaudé ont été informés par les Préfets de la création de Projets d’Intérêt Général relatifs à l’exploitation du gypse de la butte de l’Aulnay. Ce dispositif donne la possibilité à l’Etat de dessaisir les élus de leurs prérogatives et de passer outre l’avis des populations – en l’occurrence au profit d’un groupe privé : Placoplatre/Saint-Gobain. Un tel procédé constitue un véritable déni de démocratie.

Bureau de la CSS : peut mieux faire
Enfin, le bureau de la CSS avait été saisi par une association d’une demande d’audition du maire de Pontfaverger-Moronvilliers. Cette ville de la Marne a accueilli l’annexe du Fort de Vaujours pour l’expérimentation de la détonique de la bombe atomique, et les 2 sites disposaient d’un seul CHS, justifiant pleinement cette audition. Mais… elle a été refusée par les Préfets, Placoplatre et le maire de Vaujours. Les autres membres du bureau, questionnés par mail à ce sujet et sommés de répondre par retour de courriel, n’ont eu d’autre information que «Sur la demande d’un membre du bureau, je vous prie de vous prononcer sur la participation de M. X» . Un peu court pour mesurer l’utilité de la présence de ce témoin !

Les partisans de la transparence concernant le Fort de Vaujours ont certes marqué des points avec la proposition des sénateurs et la venue prochaine de la CRIIRAD mais les membres de la commission doivent agir de manière concertée pour que celle-ci puisse jouer pleinement son rôle. Il est clair que nous ne pouvons nous cantonner à l’activité de la Commission de suivi de site. D’autres formes de mobilisation seront nécessaires.