« A la limite de l’insupportable »…

Le Parisien du 21 avril semble s’émouvoir de l’ambiguïté du maire de Montfermeil concernant son appel plus ou moins déclaré à voter pour la candidate de l’extrême droite au 2ème tour de l’élection présidentielle. « A la limite de l’insupportable » titre le journal, reprenant une phrase d’un « élu de droite du département » qui reste anonyme. Une prise de position qui ferait « tousser » plusieurs maires de droite de Grand Paris-Grand Est qui l’ont pourtant élu à la présidence du territoire. Aujourd’hui, certains font la fine bouche. Pourtant les positions extrémistes du maire de Montfermeil sont connues depuis longtemps et ne devraient surprendre personne. 

Pour rappel : Xavier Lemoine s’est manifesté dans le journal Valeurs actuelles du 17 septembre 2021 comme partisan d’un rassemblement autour d’Eric Zemmour pour l’élection présidentielle alors même que celui-ci ne s’était pas encore déclaré candidat. Il s’était déjà illustré pour sa proximité avec Marine Le Pen lors d’un colloque sur « l’ensauvagement » supposé des banlieues tenu à l’Assemblée Nationale le 1er décembre 2018. Et la liste est longue…

Cela n’avait pas empêché les maires et les partis de droite de le soutenir à l’élection départementale de juin 2021 sur le canton de Tremblay, Montfermeil, Coubron, Vaujours, où il a été battu.

Aujourd’hui la honte s’abat sur eux, juste retour de manivelle.

Pour ma part, dimanche, j’utiliserai le seul bulletin de vote permettant de faire barrage à l’extrême droite raciste et xénophobe, car le danger n’a jamais été aussi grand de voir le national libéralisme présider la France.

Dominique Dellac, vice-présidente du Département

Il y a 80 ans, le convoi N°1…

Ce dimanche 27 mars, j’étais au côté de nombreuses associations mémorielles et d’élu.e.s, pour rendre hommage aux 1112 juifs partis par le premier convoi de déportation de la gare de Drancy-Le Bourget vers Auschwitz . J’y ai pris la parole à l’invitation de l’Association Mémoire Fonds d’Auschwitz :

« Nous sommes aujourd’hui réunis pour nous souvenir ensemble du convoi N°1, premier convoi de déportation des juifs de France, organisé par Théodore Danneker, responsable des affaires juives de la Gestapo avec la complicité active de l’Etat français.  

Il y a 80 ans, 1 112 hommes sont partis le 27 mars de la gare de Drancy- Le Bourget pour être déportés à Auschwitz où ils arrivèrent 3 jours plus tard. 19 d’entre eux seulement en sont revenus.

Dès l’été 1941, la Cité de la Muette était devenue le maillon logistique central d’abord de l’internement, puis de la déportation des Juifs.

L’année 1942 fut le début de la déportation systématique, organisée et massive des Juifs de France, précédée par les rafles qui avaient démarré dès mai 1941 – d’abord des juifs étrangers – puis, à partir de décembre 1941, des juifs français. En 6 mois, entre mars et novembre 1942, c’est 43 convois qui partirent de France conduisant 42 000 juifs vers les camps d’extermination puis, jusqu’à l’été 1944, ce furent au total 76 000 juifs qui furent déportés de France. Seuls 2500 d’entre eux revinrent. 

Il aura fallu beaucoup de temps pour que la responsabilité de l’État français soit reconnue par le Président Chirac en 1995. 

Rappelons-nous du film d’Alain Resnais, Nuit et Brouillard, sorti en 1956 qui connut la censure d’Etat parce qu’on y voyait un gendarme français montant la garde d’un camp d’internement du Loiret, à Beaune la Rolande. 

De la même manière, 7 ans plus tard, en 1963, la très belle et émouvante chanson du même nom, écrite et chantée par Jean Ferrat, connut également la censure, avec ordre de ne pas la diffuser sur les ondes.  Jean Ferrat, né Jean Tenenbaum, dont le père immigré juif russe partit de Drancy pour ne pas revenir d’Auschiwtz.

Il faut du temps à la vérité pour qu’elle trace son sillon, que la réalité des choses soit énoncée et reconnue, pour qu’enfin l’Histoire puisse se faire jour.

Aujourd’hui, les passeurs de mémoire, celles et ceux qui sont revenus de l’horreur absolue, ont disparu à leur tour.

Aujourd’hui ne restent que les bâtiments, camps d’internements, gares de déportation, pour témoigner de ce que furent les derniers espoirs et le désespoir, la combativité aussi de ces milliers d’hommes, de femmes, d’enfants qui allaient être assassinés et disparaitre parce qu’ils étaient juifs. 

Ces témoins silencieux livrent parfois des secrets poignants, comme les graffitis découverts sur 76 carreaux de plâtre trouvés ici même à la Cité de la Muette lors de la rénovation des huisseries en 2009.

C’est pourquoi le Département, avec ses services du patrimoine contemporain et des archives prête une attention particulière au classement et à la conservation de ces bâtiments témoins ; à leur valorisation auprès du plus grand nombre et des jeunes en particulier, parce qu’après les témoignages directs des rescapés et la transmission de leur histoire, le devoir de mémoire demeure plus que jamais à l’ordre du jour. 

A cet égard, nous sommes attentifs aux travaux de restauration portés par Seine-Saint-Denis Habitat à la Cité de la Muette et je me réjouis de l’ouverture à venir de la gare de déportation de Bobigny, dont les travaux sont en cours d’achèvement, comme j’ai pu le constater vendredi dernier avec un certain nombre d’entre vous lors du comité de pilotage qui nous a réuni.  Donner de la dignité aux lieux pour rendre leur dignité aux femmes, aux enfants, aux hommes qui y ont été internés et en sont partis.

C’est le préalable indispensable au travail mémoriel, que nous menons au côté des associations, des villes, des collectivités, du Ministère de la Culture, de la DRAC et du Ministère des armées. Et bien sûr, avec Seine-Saint-Denis Tourisme, notre agence de développement touristique, qui joue un rôle important avec sa plateforme exploreparis pour faire connaître et valoriser ces lieux de mémoire auprès du grand public.

Nous avons enfin à cœur de travailler avec les jeunes, avec les collégien.e.s, « Pour qu’un jour les enfants sachent qui vous étiez » écrivait J. Ferrat, car ce devoir de mémoire et de compréhension de ce qui s’est joué il y a 80 ans est l’enjeu d’une terrible actualité, au regard de la banalisation de la haine raciste et antisémite. Le négationisme est toujours de mise, porté par un candidat à la Présidence de la République. En ces temps de crise, la transmission est indispensable pour combattre ces idées abjectes et assécher le terreau qui prospère sur la méconnaissance et la désespérance. 

Les parcours culturels que nous menons dans les 130 collèges du Département, le dispositif Agora dédié à la liberté d’expression et aux médias dans le cadre du dispositif d’éducation artistique et culturelle, ont vocation à permettre aux jeunes de se forger un esprit critique indispensable à la compréhension du monde.

Les Jours Heureux…

« La France des Jours heureux », c’’est le titre du projet proposé par Fabien Roussel, candidat à l’élection présidentielle, en référence au programme des Jours Heureux, adopté à l’unanimité le 15 mars 1944 par le Conseil National de la Résistance (CNR) pour qu’au sortir de la guerre, des mesures fortes, telles que la création de la Sécurité Sociale, ou encore les nationalisations (énergies, banques,…)  permettent de reconstruire une France au service de toutes et tous et de garantir à chacune et à chacun les moyens d’une existence digne.

Aujourd’hui – comme hier et alors que notre pays était ruiné par la guerre -, des mesures politiques fortes et radicales sont indispensables pour sortir de l’impasse sociale et économique dans laquelle nous nous enfonçons : chômage et précarisation du travail ; démantèlement des droits sociaux (E. Macron, président et candidat, a déjà annoncé la retraite à 65 ans), casse des services publics et remise en cause de nos libertés par un régime toujours plus autoritaire ; renoncement à s’attaquer véritablement aux causes du dérèglement climatique.

Ces renoncements multiples et successifs sont des choix assumés : ce Président et ce gouvernement sont au service des marchés financiers et du profit. C’est bien ce mode de production et de consommation qu’il faut revoir pour imposer des solutions réellement novatrices, et satisfaire aux exigences des jeunes, des salarié.e.s, des retraitée.e.s. 

La semaine dernière, un sondage IFOP mesurait 5 mesures phares du programme de Fabien Roussel, largement plébiscitées, à commencer par l’augmentation des pensions de retraite (89 %) ; la taxation des bénéfices des multinationales pour lutter contre l’évasion fiscale (87 %) ; l’interdiction des Ehpad à but lucratif (86%) ou encore un droit universel à l’emploi, garantissant à chacun.e  un travail ou une formation rémunérée (82%) ; la hausse du Smic à 1500 € net (1923 € brut) et l’augmentation générale des salaires (80 %).

Et comme le disait Emmanuel Maurel, député européen de la Gauche Républicaine et Socialiste, présent au côté d’autres formations de gauche (la Nouvelle gauche socialiste, les Radicaux de Gauche, le Mouvement républicain et citoyen) lors du meeting de Fabien Roussel à Paris le 10 mars dernier, « Fabien Roussel incarne cette gauche qui sait où elle va et pour qui elle se bat ». 

En séance du Conseil départemental

Nous avons traité trois sujets d’importance lors de la séance le 17 févier :  d’abord, le bilan d’étape du schéma départemental Autonomie et Inclusion 2019-2024 qui concerne les personnes âgées et les personnes en situation de handicap. Renforcer l’offre de service ; garantir un meilleur accès aux droits et aux prestations ; développer l’habitat inclusif et des tiers-lieux autonomie sont les lignes directrices des deux années à venir. Alors que le scandale de la gestion inhumaine d’ORPEA secoue le monde des EHPAD et nous interroge sur le sort réservé à nos aîné.e.s., le Département, chef de file de l’action sociale, va mettre en place un plan de contrôle renforcé des EHPAD avec l’Agence Régionale de Santé. 

Je suis ensuite intervenue au nom de Pascale Labbé, vice-présidente en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes, pour présenter le plan de dénomination des bâtiments départementaux avec des noms de femmes. En effet, plus d’une centaine de bâtiments existants n’ont pas de nom. Que la moitié de l’humanité soit représentée dans l’espace public n’est que justice et mettra en lumière des femmes, leurs parcours et leurs combats, dans tous les domaines.

Enfin, le Département innove en proposant un budget participatif. Cette première édition est dotée d’une enveloppe de 125 000 € par canton soit 2,6 millions €. Des réunions de préparation seront organisées sur notre canton à Montfermeil le 28 mars et à Tremblay-en-France le 29 mars. Toute personne de plus de 11 ans résidant, travaillant ou étudiant en Seine-Saint-Denis pourra déposer son projet entre le 7 mars et le 15 mai.  Le soutien des services du Département est prévu pour accompagner les porteurs de projet, et après une étude technique des différentes propositions, les lauréats seront sélectionnés entre le 15 septembre et le 22 octobre, pour une réalisation en fin d’année. 

Pour retrouver mon intervention complète, c’est ici : https://new.synople.tv/videos/1645270940130-2611.mp4