La Forêt de Bondy, on l’aime !

Je me réjouis de la procédure ouverte pour le classement de la Forêt de Bondy en « forêt de protection » qui devrait lui offrir un niveau de protection maximale, et interdirait notamment toute nouvelle implantation d’infrastructure, dans un contexte de forte poussée d’urbanisation et de transformations profondes, avec, par exemple, l’arrivée de la gare du Grand Paris Express à Clichy-Montfermeil…

Ce classement est aujourd’hui indispensable : c’est le seul espace vert de proximité pour tous les habitants des Bosquets. Et on y vient parfois de loin pour profiter de ce bel espace apaisant, de ses étangs, s’y promener, faire du sport, pique-niquer…Classée Natura 2000, son intérêt écologique est très important.

Son classement en forêt de protection consoliderait également les efforts engagés depuis plusieurs années par le Conseil départemental, avec la mise en œuvre du « Chemin des parcs » qui vise à mettre en relation l’ensemble des grands espaces verts du Département par des voies piétonnes et cyclistes. Un premier tronçon a d’ailleurs été réalisé à travers le bois de la Couronne pour relier Livry-Gargan à la promenade de la Dhuis.

Dans la cadre de l’enquête publique, j’ai attiré l’attention de la commissaire-enquêtrice sur la question de l’exploitation du gypse considérée comme ressource stratégique. Je lui ai demandé de me tenir informée des demandes et projets actuels d’exploitation du gypse sur le périmètre de classement de la forêt de Bondy.

Car, un décret « gypse » paru en 2018 permet d’exploiter le gypse en dépit du classement en « forêt de protection ». Une « brèche géante » dans le statut de forêt de protection, selon la Fédération des parcs naturels régionaux.

Une inquiétude que je partage car le dossier d’enquête public souligne le caractère stratégique, d’intérêt national et européen des gisements de gypse sur le territoire, laissant envisager une exploitation : « il est primordial d’assurer la pérennité de l’accès à la ressource gypsiphère ». (Notice explicative de gestion, p.13)

L’exploitation du gypse est une question importante sur notre territoire : pour mémoire, les oppositions fortes au bois de Bernouille à Coubron, entre Placoplâtre et les associations de défense de l’environnement, les Coubronnais et les citoyens soucieux de la qualité de leur cadre de vie et de leur santé, il ya de nombreuses années. Aujourd’hui encore, le même différend oppose Placoplâtre et de nombreuses associations, des élu.e.s dont je suis, au sein de la Commission de Suivi de site du Fort de Vaujours. Cet ancien site militaire où le CEA a mené de nombreuses expérimentations sur l’arme nucléaire français est toujours protégé par le « Secret Défense ». Il a cependant été racheté par Placoplatre afin d’y ouvrir une carrière de gypse.

Aussi ai-je des inquiétudes concernant les projets potentiels de Placoplatre ou de tout autre exploitant dans le cadre de la forêt de Bondy, d’autant que les nuisances pour les riverains seraient très importantes. Profitons de cette magnifique forêt, prenons-en soin mais restons vigilants !

« Désobéissance civile » : les propos irresponsables de Xavier Lemoine

Invité à s’exprimer sur LCI, Xavier Lemoine a prôné la « désobéissance civile » face aux restrictions sanitaires mises en place pour faire face à la pandémie de Covid-19. Qu’entend Xavier Lemoine par « désobéissance civile » ? Refuser de porter le masque, de respecter les gestes barrière et les consignes sanitaires ? « Désobéissance » qu’il met en pratique dans ses relations avec les Montfermeillois et le personnel communal depuis le début de la pandémie. Ce n’est pas un hasard si la mairie de notre ville a été un cluster contaminant largement les personnels et les élu.e.s de la majorité.

Depuis des mois, le maire de Montfermeil se répand en vidéos dans lesquelles il s’érige en donneur de leçons « pseudo scientifiques ». Mais son mandat de maire ne lui confère aucune autorité médicale.

Je comprends et partage la fatigue et l’exaspération des Françaises et des Français face à la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement. Mais inciter à abandonner les règles de prudence les plus élémentaires et jeter le doute sur la vaccination ne peuvent qu’aggraver la situation en provoquant davantage de contaminations, de drames et de souffrances, de surcharge de l’hôpital, et donc retarder le retour à une vie « normale ».

Cela est d’autant plus irresponsable de la part du maire de Montfermeil que notre hôpital est confronté à une situation intenable qui lui a valu la Une des médias et que notre ville présente un des taux d’incidence les plus élevés du département (1 000 contaminations pour 100 000 habitants), lui-même un des plus touchés de France.

Faut-il rappeler à l’indigné Xavier Lemoine, qu’il a été pendant de longues années président du conseil d’administration de l’hôpital Le Raincy-Montfermeil ? Que durant toutes ces années, et encore aujourd’hui comme président du Conseil de surveillance, il a scrupuleusement appliqué la politique d’austérité nationale de réduction de la dépense publique dans le domaine de la santé, de réduction du nombre de lits (plus de 100 lits supprimés à l’hôpital de Montfermeil entre 2012 et 2017). Faut-il lui rappeler sa responsabilité dans l’état catastrophique de notre hôpital, qui connaît un taux de vétusté de 90%, ce qui rend aujourd’hui sa destruction/reconstruction nécessaire. Nous aurions aimé le voir alors agir avec autant de combativité pour exiger les moyens financiers pour les investissements nécessaires.

La véritable désobéissance à mettre en œuvre pour sortir de la crise, c’est celle qui rompt avec les politiques qui ont mené notre système de santé dans le mur : désobéissance à la « réduction des coûts » en donnant des moyens dignes à l’hôpital public ; désobéissance à la loi du profit en levant les brevets sur les vaccins ; désobéissance à la « concurrence libre et non faussée » en menant une véritable politique industrielle du médicament et de la santé dans notre pays.

Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme

J’ai rendu visite ce matin au centre d’accueil de jour ouvert à Montfermeil l’an dernier par l’association GAPAS, en compagnie de Stéphane Troussel, président du Conseil départemental, et de Magalie Thibault, vice-présidente en charge de l’autonomie des personnes, et de Xavier Lemoine, maire de Montfermeil.

L’autisme touche 430 000 personnes dans notre pays, dont 25% d’enfants. Les troubles liés à l’autisme sont très variables, le plus souvent très lourds au quotidien. La mise en place de structures d’accueil et de soutien joue un rôle irremplaçable pour permettre le développement et l’épanouissement des personnes autistes et aider leurs familles.

C’est précisément ce rôle qu’assure GAPAS à Montfermeil, qui propose un accueil de jour pour 18 adultes et jeunes adultes accompagnés au quotidien. Un remarquable travail d’inclusion par le biais du numérique, de la culture, du développement durable et du travail. Je remercie chaleureusement Mme Achour, directrice de l’accueil de jour de Montfermeil, M. Bernard, directeur général du GAPAS, M. GuiIliard, président de l’Esat AGECET et leurs équipes pour la qualité du travail accompli au côté de ces personne autistes et leurs explications.

Avec le soutien du Conseil départemental, le GAPAS ouvrira en 2022 un foyer d’accueil médicalisé à Noisy-le-Grand, qui permettra de contribuer à la résorption du manque de places d’accueil, qui limite encore trop la prise en charge des personnes autistes en France.

Journée de dépistage dans les collèges et écoles de Montfermeil

L’Éducation nationale a décidé d’une journée de tests de dépistage de la Covid-19 dans toutes les écoles et les collèges de Montfermeil aujourd’hui. Car Montfermeil fait partie, avec Vaujours, des 6 villes les plus touchées de notre département qui ont dépassé le seuil de 500 cas de contamination pour 100 000 habitants.

J’ai donc accueilli ce matin au collège Jean-Jaurès, au nom du Département, M. Auverlot, recteur de l’académie, M. Chaleix, inspecteur d’académie et Mme Farina-Berlioz, inspectrice adjointe, au côté de M. Beylot, principal du collège et de Mme Pieroche, principale adjointe.

Toute l’équipe du collège était fortement mobilisée auprès des élèves, des infirmières et personnels chargés de procéder aux tests antigéniques, les élèves patientant ensuite dans une classe transformée en salle d’attente pour connaître les résultats. Une organisation complexe et sans faille, menée dans l’urgence, qui aura permis de tester aujourd’hui plus de 300 collégiens munis d’une autorisation parentale ainsi que des adultes – enseignants et personnels du collège. La même opération de dépistage est également en cours au collège Picasso.

Ces tests sont indispensables en milieu scolaire mais la question de la disponibilité des vaccins reste bien évidemment la préoccupation majeure alors que notre département connait un regain massif de contamination et a très largement dépassé le seuil d’alerte critique. Vacciner au plus vite et massivement est bien la seule solution pour enrayer la pandémie. Le Département s’y emploie activement aux côtés de la Préfecture, en charge de la stratégie vaccinale. Mais ce qui manque, ce sont les vaccins !

Métro Charonne : une mémoire vive, un combat actuel

Ce dimanche matin, j’étais au côté des militant-es communistes de Montfermeil réunis devant la tombe de Fanny Dewerpe, jeune secrétaire-dactylographe de 32 assassinée au métro Charonne le 8 février 1962, tombée avec 8 autres victimes sous les coups de la répression d’une manifestation pour exiger la paix en Algérie et la fin du terrorisme de l’OAS.

Fanny Dewerpe repose au cimetière de Montfermeil et, comme chaque année, nous avons honoré sa mémoire et rendu hommage à toutes celles et ceux qui ont lutté pour la libération de l’Algérie et l’amitié entre les peuples algérien et français, souvent au prix de leur vie.

Ce combat pour la justice historique est loin d’être fini en France : comme l’a rappelé Pierre Girault, la vandalisation, fin janvier, des plaques rendant hommage à Maurice et Josette Audin à Bagnolet, montre que la haine coloniale et raciste n’est pas éteinte. Et combien de responsables politiques, à droite notamment, continuent-ils à affirmer le « rôle positif » de la colonisation ou à honorer des militaires tortionnaires ou putschistes dans leurs villes ?

Des pas ont été faits dans le bon sens ces dernières années : reconnaissance par Emmanuel Macron de la colonisation en Algérie comme « crime contre l’humanité », puis de la responsabilité de l’État dans l’assassinat du jeune mathématicien Maurice Audin par l’armée française à Alger en 1957 ; commande du rapport sur les « mémoires de la colonisation et de la guerre d’Algérie » à l’historien Benjamin Stora.

Mais le chemin est encore long pour que la société française se débarrasse de l’héritage colonial et pour construire une vraie culture de paix et d’amitié entre nos peuples, si intimement liés.

Un grand travail est ainsi à mener sur le plan éducatif, mais aussi symbolique. En commençant par exemple par reconnaître officiellement le 17 octobre 1961 et le 8 février 1962 comme des crimes d’État.

Les obsèques de Fanny Dewerpe à Montfermeil (1962)