Et si l’on parlait d’un nouveau collège ?

A leur demande, j’ai rencontré récemment les parents d’élèves des écoles élémentaires de Coubron avec mon collègue Pierre Laporte. Ceux-ci s’inquiètent des conditions d’accueil de leurs enfants, en âge de rentrer au collège à la rentrée prochaine ou déjà collégiens. Préoccupation qui vaut pour Montfermeil : les deux collèges arrivent à saturation alors que nombre de logements neufs sont construits ou en cours de constructions, et vont accueillir de nouveaux habitants, ce qui a d’ores et déjà conduit l’Education nationale à modifier la carte scolaire des écoles élémentaires.

Depuis 2015, ce sujet d’un nouveau collège me tient à coeur et je m’en suis à nouveau ouverte à Emmanuel Constant, Vice-président à l’éducation du Département début mars. Les services départementaux ont confirmé le besoin. Un nouveau collège s’avère indispensable.

En attendant, la Commission permanente du Conseil départemental a alloué ce jeudi 90 000 € au collège Jean-Jaurès et 45 000 € au collège Picasso pour des travaux de modification et de grosses réparations dans le cadre du plan Ambition collèges 2015-2020.

A suivre (…)

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La rumeur, ce poison

En dépit de l’appel au calme de nombreux maires du département ; des démentis des commissaires et de la préfecture de police, du préfet de Seine-Saint-Denis qui assurent qu’il n’y a pas de kidnappeurs d’enfants à la camionnette blanche et que toutes les investigations nécessaires sont menées, cela fait maintenant trois jours que la rumeur continue à se propager et se démultiplier via les réseaux sociaux. Les parents tremblent pour la sécurité de leurs enfants, les enfants ont peur, les écoles et les collèges sont en ébullition.  Bien sûr qu’il faut protéger les enfants, être attentifs et vigilants. Mais il faut aussi être attentifs et vigilants aux rumeurs qui inondent les réseaux sociaux. Quelle tristesse et quelle folie de s’en prendre aux Roms ! Quand une camionnette ralentit devant une école à l’heure de la sortie, c’est plutôt signe que l’automobiliste conduit avec prudence et qu’il ne veut pas causer d’accident.

La communauté Rom, où ceux qui sont pris pour tels, font cruellement les frais de cette rumeur et leur vie est mise en danger. La violence voudrait remplacer la justice, sur un fond de racisme qui  s’exprime ouvertement et sans limites.

Ce n’est pas la première fois que la rumeur s’empare ainsi de notre ville. En février 2014, une campagne nationale sciemment orchestrée par la Manif pour tous sur les réseaux sociaux incitait les parents à ne pas mettre leurs enfants à l’école et a été suivie dans de trop nombreuses écoles : les ministères de l’Education nationale et des Droits des femmes avaient mis en place l’ABCD de l’égalité, visant à promouvoir l’égalité filles-garçons. Certains avaient voulu y voir la promotion de la « théorie du genre »…

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La laïcité, pour « faire humanité »

Pari tenu pour cette première Rencontre de Montfermeil consacrée à la laïcité que j’organisais hier soir.

Une salle comble – cent vingt participants  et un auditoire extrêmement attentif qui aurait aimé prolonger encore un débat passionnant -, témoigne de l’intérêt porté à la laïcité, comme le montre le sondage réalisé par l’Observatoire de la laïcité : 70 % des Français se déclarent attachés à ce principe fondamental de la République.

Jean-Louis Bianco, Président de l’observatoire de la laïcité et ancien ministre, Pierre Dharréville, député et Jean-Pierre Scot, historien ont apporté chacun un éclairage particulier à la fois concret et riche en références théoriques et historiques sur la laïcité. Mgr Delannoy, évêque de Saint-Denis, et M. Bajrafil, imam et théologien musulman ont abordé avec clarté le rapport entre religion et laïcité.

Enfin, la présence appréciée des représentants des différents cultes de Montfermeil : le Père Daniel, l’imam Mohamed, le pasteur Nazaire et le représentant du Père Yacoub pour l’église orthodoxe syriaque, qui ne pouvait être présent.

Au même moment, des dizaines de milliers de citoyens se rassemblaient à Paris et dans de nombreuses villes de France pour dire non à la banalisation de la haine et à la recrudescence des actes antisémites.

Autant dire que la laïcité, qui garantit à chacune et à chacun la liberté de conscience et l’égalité des droits, est pleinement d’actualité, trop souvent portée sur le devant de la scène politique et médiatique avec des arrières pensées politiciennes qui visent à l’instrumentaliser.

Un beau moment de dialogue, serein et respectueux, expurgé des fausses vérités qui dénaturent la laïcité et lui font parfois dire le contraire de ce qu’elle est.

SALLE

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Brefs extraits… (merci à J-R Kechaou@jiairk)

Jean-Louis Bianco : 3 piliers définissent la laïcité 1. Liberté de croire ou pas 2. Neutralité religieuse de l’Etat qui ne s’applique qu’aux agents publics et pas aux usagers 3. La citoyenneté : nous sommes différents. C’est une source de richesse si elles s’intègrent dans notre citoyenneté.

Pierre Dharréville : Les défis contemporains de la laïcité: mener bataille contre ceux qui veulent imposer leur point de vue. L’intégrisme est un projet politique.On ne peut l’accepter.

Jean-Paul Scot: La laïcité est un principe républicain, ce n’est pas une philosophie (…) La loi permet une émancipation de l’Etat mais aussi de toutes les religions qui doivent admettre que les citoyens ne peuvent être soumis à leurs dogmes par la loi.

Mgr Delannoy : « En 2019, la laïcité est un encouragement au dialogue. Cela nous amène à échanger, à nous rencontrer afin de nous enrichir mutuellement. On vit la laïcité de manière sereine. »

Mohamed Bajrafil : « La masse de la population n’a pas de problème avec l’islam. Des gens qui ont des ambitions peu dignes trouvent une possibilité de se refaire une santé politique en pointant du doigt 5 à 6 millions de personnes. « 

346 M€ : la dette de l’État au Département pour 2018 !.. et le Plan Piscine, lors de la séance du Conseil départemental.

Jeudi dernier, le débat d’orientations budgétaires était à l’ordre du jour de la séance du Conseil départemental.

Une nouvelle fois, ce rapport a mis en évidence l’abandon financier de notre Département par l’État, qui nous demande toujours plus d’efforts avec toujours moins de moyens. C’est notamment le cas des aides individuelles de solidarité (RSA, APA, PCH), dont le versement à été attribué aux Départements – alors qu’elle relèvent de la solidarité nationale – sans que leur coût financier soit compensé, provoquant à dessein une asphyxie financière de la Seine-Saint-Denis.

Refusant cette situation injuste, le Conseil départemental a voté à l’unanimité l’envoi à l’État d’un ordre de paiement de 346 millions d’euros, soit la somme que celui-ci n’a pas versé pour compenser les dépenses liées aux AIS et à la prise en charge des mineurs non accompagnés, pour la seule année 2018.

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Autre point à l’ordre du jour, la poursuite du Plan Piscines, engagé depuis 2015 par le Département, et le développement du plan « savoir nager ». Je suis intervenue au nom de notre groupe pour exprimer notre satisfaction quant à ce plan, qui constituera une contribution essentielle à ce que nos enfants aient enfin accès à cette liberté et à cette sécurité vitale qu’est la maîtrise de la nage.

Quand un enfant de Seine-Saint-Denis sur deux ne sait pas nager à l’entrée au collège, notre mobilisation est en effet urgente et nécessaire. A cet égard, l’obtention d’une enveloppe spécifique de 15 millions d’euros destinée à l’héritage aquatique des Jeux olympiques et paralympiques 2024 est une excellente nouvelle, qui démontre qu’avec les efforts et l’engagement nécessaires, cet événement sera bénéfique dans la durée aux Séquano-Dionysiennes et Séquano-Dionysiens, et ce dès avant 2024.

Il est donc particulièrement regrettable que la ville de Montfermeil ait refusé de s’inscrire dans le Plan Piscines 2016-2021 que nous mettons en œuvre, qui aurait pu permettre la construction sur le territoire de notre commune d’une piscine qui aurait bénéficié aux enfants de nos écoles, et plus largement à toutes et tous les Montfermeillois-es, Valjovien-nes et Coubronnais-es…

A nous de nous mobiliser pour qu’à l’occasion de la prochaine phase de ce Plan, notre canton ne soit plus le plus dépourvu de piscines de toute la Seine-Saint-Denis !

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La piscine Rosa Parks de Clichy-sous-Bois, financée par le Département et déjà largement appropriée par la population

Fort de Vaujours : une concertation publique sans débats ?

Une  réunion publique est organisée par Placoplatre mardi prochain, le 6 novembre, à 20h à la Maison du temps libre de Vaujours dans le cadre de la concertation publique mise en oeuvre par l’entreprise depuis la mi-septembre. Pour mémoire, cette concertation préalable fait suite à de nombreuses interventions d’associations environnementales* et d’élus, dont je suis, en Commission de Suivi de Site du Fort de Vaujours qui concerne les 30 ha acquis par l’entreprise. Cependant, les associations n’ont pas été autorisées à prendre la parole à la tribune de manière officielle ce mardi.  Elles ont réagi et écrit à Mme Chantal Jouanno, Présidente de la CNDP (Commission  Nationale du Débat Public), qui encadre la concertation. Curieuse façon en effet de concevoir la démocratie et d’éclairer les enjeux environnementaux et de santé publique de ce dossier portant sur le projet d’exploitation du site par Placoplatre. Cette dernière a tout simplement « épuré » le dossier qui ne concerne qu’une première tranche, celle du périmètre de la demande d’autorisation d’exploiter. Le devenir du Fort central est exclus de la concertation, de même que les quelques 20 hectares pourtant acquis par Placo aux fins d’y exploiter le gypse.

D’autre part, comme le soulignait l’ADENCA (Association de défense de l’environnement de Claye-Souilly et ses alentours), les projets d’exploitation du fort n’impactent pas uniquement la commune de Vaujours, mais aussi celles de Coubron et Courtry – où sont situées une grande partie des anciennes installations militaires – et plus largement toute la zone. Il est inconcevable que les habitants des communes limitrophes (Montfermeil, Tremblay, Villeparisis) ne soient pas consultés et informés au sujet de l’avenir du fort.

C’est pourquoi je demande que d’autres réunions publiques soient organisées dans les communes impactées, afin de permettre, enfin, l’expression de tous les citoyens concernés sur le sujet. Et comme il vaut mieux le dire deux, trois, quatre…fois qu’une, je vous invite à demander vous-même directement ces réunions à Placopatre sur leur page