Le 19 janvier, mobilisons-nous contre la réforme des retraites !

📣Une réforme des retraites injuste dont 80 % des Français.es ne veulent pas ! Et pour cause : report de l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans, accélération de l’augmentation de la durée de cotisation, et en bout de parcours… aucune augmentation significative des pensions.

Dans un contexte d’inflation galopante et de hausse des prix de l’énergie, le gouvernement ne lâche pas son agenda antisocial et sa destruction de notre modèle social, issu du programme du Conseil National de la Résistance, dans une période où la France devait se relever de la guerre.

Les premiers.ères impactées seront les personnes occupant les emplois les plus pénibles, et les femmes, qui sont plus sujettes à des carrières hachées.

En Seine-Saint-Denis, territoire le plus pauvre de France métropolitaine où beaucoup de personnes occupent des métiers de première ligne, le prix sera dur à payer : l’écart d’espérance de vie entre un cadre et un ouvrier est de 7 ans et à 62 ans, plus de 25% des plus pauvres sont déjà morts.es.

Pour un département qui est le plus jeune de France, quel message est envoyé à la jeunesse ? Quel modèle de société voulons nous collectivement ?

Aux côtés des élus.es du département, j’affirme mon opposition à ce projet et vous appelle à défiler demain, jeudi 19 janvier, à l’appel des organisations syndicales !

✍️ Pour demander une autre réforme de progrès social, exigeons un référendum en signant la pétition : www.unebonneretraite.fr

❌ Avis défavorable du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis à l’exploitation d’une carrière à ciel ouvert sur le site du fort de Vaujours

A l’initiative du groupe communiste, insoumis et citoyen du Département, la majorité du Conseil départemental a rendu un avis défavorable dans le cadre de l’enquête publique relative à la demande de l’entreprise PLACOPLATRE d’exploitation d’une carrière à ciel ouvert sur le site de Vaujours.

Ce projet, contre lequel je me mobilise depuis de nombreuses années, présente de sérieux risques environnementaux et sanitaires.

Notre contribution 👇

La société́ Placoplâtre, filiale de Saint Gobain, a déposé́ une demande d’autorisation environnementale et la levée des servitudes publiques, en vue d’exploiter une carrière de gypse à ciel ouvert, sous le site de l’ancien fort de Vaujours et dans la fosse d’Aiguisy, pour une durée de 30 ans.

Notre Département ne peut se dessaisir de ce sujet alors que notre budget vise l’accélération de la transition écologique territoriale : en 2023, une large part de notre investissement sera consacré aux mobilités durables, à la renaturation du territoire, à l’assainissement des eaux et à la construction d’équipements tournés vers la transition énergétique.

Si le Département est le chef de file des politiques sociales, il inscrit son action dans le cadre du changement climatique qui a déjà de graves répercussions sur l’environnement naturel ainsi que sur la santé et le bien-être des habitants·es.

C’est ce à quoi nous, élus·es du département, nous sommes engagés·ées auprès de la population.

Quel bilan carbone pour ce projet ?

Le choix opéré par Placoplâtre d’une carrière à ciel ouvert nécessitera le déplacement de plus de 52 millions tonnes de terres pour l’exploitation et la remise en «état initial» du site. L’extraction annuelle de 460 000 tonnes de gypse correspond à 1500 tonnes/jour, par des engins polluants (lors d’une grève en 2021 dans un autre site de proximité de Placoplatre, les salariés soulignaient la vétusté des engins de chantier/camions).

Une interrogation légitime à l’heure où les émissions de GES sont reconnues comme cause principale du réchauffement climatique. L‘Etat français, condamné pour inaction climatique, avait jusqu’au 31/12/2022 pour réaliser ses objectifs de réduction de gaz à effet de serre : il serait donc incompréhensible qu’un tel chantier, au seul service des intérêts industriels de Saint-Gobain, soit plébiscité. D’autant que le BTP est le champion toutes catégories de la pollution et des émissions de gaz à effet de serre. [1]

Les moyens dévolus à la recherche et au développement pour se tourner vers des alternatives telles le recyclage des plaques de plâtre pour réduire l’impact environnemental sont notoirement insuffisants.

Notre position : Avis défavorable au projet

Par raisons de sécurité environnementale et sanitaire ; impact sur les eaux, les sols, les sous-sols ; le milieu naturel ; le paysage ; les déplacements ; les nuisances liées à l’exploitation et les risques industriels nous conduisent à émettre un avis défavorable à l’exploitation d’une carrière à ciel ouvert sur le site du Fort de Vaujours par Placoplâtre.

Comme d’autres collectivités, villes et EPT, notamment le territoire Grand Paris Grand Est où une délibération exprimant un avis défavorable a été adoptée le 13/12/22, nous refusons que cette carrière favorise le réchauffement climatique, détruise le paysage, et anéantisse la biodiversité alors que tous les efforts déployés par notre action publique sont tournés vers la réduction de notre empreinte carbone et la transition écologique.

Notre motivation :

1 – Demande d’autorisation environnementale

La demande d’autorisation environnementale préalable contrevient à nos engagements :

1.1 Demande d’autorisation pour le rejet des eaux de ruissellement au titre de la loi sur l’eau

Dans son 2ème avis du 20/04/2022, le Sage CEVM [2] invite Placoplatre à se rapprocher de la Direction de l’Eau et de l’Assainissement du Département (DEA) « concernant le dimensionnement des dispositifs futurs de rétention lors de la phase de réaménagement du site ». La DEA indique «ne pas avoir connaissance d’une sollicitation quelconque concernant le dimensionnement des futurs dispositifs de rétention dans le cadre du réaménagement du site du Fort de Vaujours»

En outre, en amont du réaménagement, le décapage de la butte de l’Aulnoye pourrait perturber le cours des différents bassins versants. Comme le soulignait l’ADENCA [3] , de multiples inondations de type cinquantenale se sont déjà produites dans plusieurs communes en 2018 et 2021. Cet effet du réchauffement climatique conjugué à de potentielles pollutions des terres du site à l’uranium, aux métaux lourds, aux explosifs, ne serait pas sans conséquences sanitaires sur la qualité des eaux et la santé des populations du bassin de vie concerné.

1.2 – Autorisation de défrichement sur une superficie de 5, 65 ha

Indépendamment de l’impact sur la biodiversité et de la séquestration carbone qui ne sera plus assurée par ce volume de biomasse, l’étude menée par le bureau d’étude GINGER Deleo, mandaté par Placoplatre concernant la pollution des sols du «bois nord» concerné par ce défrichement n’est pas satisfaisante.

Selon la CRIIRAD, la méthodologie retenue pour expertiser la radioactivité éventuelle de ces terrains ne traite pas de la contamination éventuelle des sols par de l’uranium anthropique.

1.3 – Dérogation à l’interdiction de porter atteinte à des espèces protégées et à leur habitat.

Au moment où nous assistons à un effondrement de la biodiversité, décaper des prairies et défricher des bois est hors de propos. Placoplatre annonce une reconstitution du site à l’état « naturel » en 2052, occultant la spécificité actuelle des coteaux de l’Aulnoye ; cette projection est d’ailleurs jugée impossible selon le CNPN.

Pendant plus de 30 ans les populations seront privées d’un espace naturel essentiel à la résilience et à la régulation climatique dans l’Est de notre département.

En dépit de la nécessité de donner accès aux ressources considérées comme stratégiques, le SDRIF préconise d’éviter les conflits d’usage sur les coteaux de l’Aulnoye et ainsi de préserver les terrains naturels, classés pour la plupart en ZNIEFF.

2 – Levée des servitudes publiques sur le fort de Vaujours 

L’arrêté inter-préfectoral de 2005 « afin de prévenir les risques de contamination résiduelle par des substances radioactives et pyrotechniques » reste d’actualité. Nos représentant.e élus à la Commission de Suivi de Site du Fort de Vaujours ont toujours exigé que le principe de précaution soit respecté, conformément à la position du Conseil départemental[4].

Or ce site est toujours classé Secret Défense, le CEA y ayant testé pendant 40 ans le détonateur des armes nucléaires à l’air libre, puis en casemates… Une tonne d’uranium aurait été utilisée[5], émettant des radioéléments à rayonnements courts et à durée de vie extrêmement longue, très dangereux en cas d’inhalation ou d’ingestion. En 1944, c’est un dépôt de munitions allemand qui explose en partie et nul ne sait si d’autres ne demeurent pas enfouies.

A l‘été 2018, lors de travaux de démolition des casemates, des munitions, des déchets radioactifs et tonnes d’amiante furent trouvés fortuitement, qualifiés « d’événements significatifs » par l’ASN en dépit des affirmations du CEA, considérant le site dépollué lors de la procédure d’abandon en 1997.

Ainsi, l’Etat, par la vente de ces terrains a délégué ses responsabilités régaliennes à une entreprise privée industrielle qui est à la fois juge et partie dans les travaux qu’elle a été amenée à conduire, alors que son unique intérêt reste commercial.

Plus, le choix d’exploitation à ciel ouvert, outre les nuisances effectives les populations environnantes, fait fi de risques potentiels de dispersion dans l’air et dans l’eau de pollutions chimiques et radiologiques.

3 – L’outil industriel

La nécessité de maintenir un outil industriel sur notre territoire est certaine, mais dans des conditions acceptables pour les salariés et pour les habitants·es.

Fin 2022, les salariés de Placoplâtre Vaujours étaient en grève, notamment pour ne pas subir une réduction de leur salaire, et connaître les détails du plan de départ anticipé pour les seniors.

Le maintien de l’emploi sur place n’est pas nécessairement lié à l’exploitation d’une nouvelle carrière ; notamment, la production de plâtre via du recyclage limite les risques de contamination et d’exposition cancérigène pour les salariés. Des financements existent pour mettre en œuvre cette logique d’économie circulaire.

Signatures :

Groupe « Communiste, insoumis et citoyen » : Dominique Dellac, Emilie Lecroq, Pierre Laporte, Bélaïde Bedreddine, Silvia Capanema, Pascale Labbé, Abdel Sadi, Azzedine Taïbi

Groupe « Solidaire et écologique » : Frédérique Molossi, Daniel Guiraud, Stéphane Troussel, Emmanuel Constant, Oriane Filhol, Karim Bouamrane, Michel Fourcade, Matthieu Monot, Magalie Thibault, Florence Laroche, Corentin Duprey, Zaïnaba Saïd-Anzum

Groupe « Pole écologiste » : Elodie Girardet, Nadia Azoug, Tessa Chaumillon, Frédérique Denis, Mélissa Youssouf


[1] 45 % de la consommation énergétique et 27 % des émissions de CO2 en France selon le Ministère de la transition écologique (chiffres 2018). 

[2] SAGE Croult-Enghien-Vieille Mer

[3] Avis du 30 novembre 2022

[4] Voir vœu adopté en 2015 en séance du conseil départemental

[5] Selon Le Moniteur

En séance du Conseil départemental 

Ce jeudi 15 décembre, nous avons adopté le budget primitif 2023. Emilie Lecroq, présidente de notre groupe, a notamment rappelé notre engagement de 46 millions d’euros pour le pouvoir d’achat des Séquano-dyonisien.es : un budget marqué par notre détermination à protéger toutes les populations de la crise sociale provoquée par l’inflation et l’explosion des prix de l’énergie.

Mon collègue Bélaïde Beddredine a fait remarquer aux conseillers départementaux LR, qui ont voté contre ce budget, que la droite sénatoriale s’était opposée à la proposition de loi déposée par notre sénateur Fabien Gay, visant à protéger les collectivités territoriales de la hausse des prix de l’énergie en leur permettant de bénéficier des tarifs réglementés de vente de l’énergie.

Nous avons également voté le rapport sur la situation en matière de développement durable du Département et adopté notre premier budget climat pour mesurer l’impact écologique de nos dépenses. 

Nous avons ensuite approuvé la nouvelle stratégie « espace public », qui s’appuie sur un volet « Sport et espace public », et un programme « Art dans l’espace public », voté à l’unanimité. Je suis particulièrement fière que la sculpture « Le Vigilant » de  Rachid Koraïchi dévoilée dans le cadre de la politique mémorielle de l’année 2022 consacrée aux 60 ans de l’indépendance algérienne, ait ouvert la voie de ce nouveau programme, qui valorisera l’espace public en y implantant des œuvres d’art, à la rencontre des habitantes et habitants.

En séance du conseil départemental de novembre

Ce mois-ci, les orientations budgétaires 2023 de notre collectivité étaient au programme de notre séance, de même que le rapport et notre plan d’actions sur la situation en matière d’égalité femmes-hommes ; le rapport en matière de luttes contre les discriminations et le rapport social unique.

Si je me réjouis que ce budget autorise enfin des dépenses d’investissement conséquentes, notamment dans le domaine culturel et patrimonial, les difficultés socio-économiques s’aggravent et les besoins en matière de services publics de proximité n’ont jamais été aussi forts, face à la montée de l’inflation et à l’explosion des prix de l’énergie, le tout sur fond de guerre en Ukraine.

Je me suis jointe à Pascale Labbé pour réaffirmer la nécessité d’exemplarité de notre collectivité et alerter sur la refonte prévue des centres de PMI et de la planification familiale, dans ce contexte de crise hospitalière aggravée et de désertification médicale. La vigilance s’impose pour répondre aux besoins des populations en s’appuyant précisément sur nos agent.e.s, premiers experts en la matière. Pour retrouver mon intervention, c’est ici 👈

Enfin, nous avons présenté deux vœux : le premier, relatif au soutien à toutes les initiatives pour défendre les collectivités locales et les bailleurs sociaux face à la hausse des prix de l’énergie, dans la lignée de la proposition de loi déposée au Sénat par Fabien Gay. Le second concernait la constitutionnalisation du droit à l’IVG, sujet à de nombreuses attaques jusqu’au sein même de l’Union Européenne, en Pologne et en Hongrie.

Femmage à Gisèle Halimi

Hier, entouré.e.s de nombreuses personnalités, nous avons donné le nom de Gisèle Halimi au bâtiment qui a accueilli le procès de Bobigny il y a 50 ans, en mémoire de cette avocate exceptionnelle, au nom de tous les combats émancipateurs féministes qu’elle a porté et de ses luttes contre le racisme et contre la guerre d’Algérie.

Nous avons réaffirmé le vœu de sa panthéonisation et renouvelé notre volonté que le droit à l’avortement soit inscrit dans notre Constitution, proposition rejetée en première lecture par la droite au Sénat mais qui vient aujourd’hui même d’être adopté en commission à l’Assemblée nationale, premier pas vers son inscription dans la Constitution.

Pour mémoire, il y a 50 ans s’ouvrait le procès de Bobigny au cours duquel 5 femmes furent jugées. Marie-Claire Chevalier, pour avoir avorté à 17 ans suite à un viol, comparaît devant la cour d’assise pour mineurs.es. Les 4 autres femmes, dont sa mère, sont poursuivies pour pratique et complicité d’avortement. Les audiences se tiennent au Tribunal de Grande Instance de Bobigny de l’époque, devenu propriété du Département.  

Gisèle Halimi, avocate des prévenues, adopte alors une stratégie de défense inédite : ses clientes ne sont pas coupables d’avoir pratiqué et aider à pratiquer un avortement, mais victimes d’une loi archaïque, d’un autre âge, qui enferme les femmes.

De nombreuses personnalités viennent à la barre témoigner de la nécessité d’autoriser les interruptions de grossesse et des inégalités socio-économiques qui touchent les femmes dans la libre disposition de leur corps.

« C’est toujours la même classe, celle des femmes pauvres, vulnérables économiquement et socialement, cette classe des sans-argent et des sans-relations qui est frappée. » clame Gisèle Halimi.  Pour les riches, la Suisse, et pour les pauvres, la cour d’assise !

A l’issue de ce procès, il faudra encore attendre trois ans pour que la mobilisation sociale aboutisse à la Loi Veil, qui dépénalisera l’avortement en 1975. Mais ce droit est fragile, remis en cause aux Etats-Unis mais aussi en Europe, en Pologne et en Hongrie.