COP 26 : les bons sentiments, ça suffit !

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La COP 26, sommet mondial sur le climat, s’est achevé ce vendredi 12 novembre. L’objectif d’une trajectoire limitée à 1,5°C de réchauffement climatique sera très difficile à maintenir et on parle déjà de 2 degrés…avec des conséquences humaines, économiques, sociales, politiques dévastatrices.

Les dix prochaines années seront cruciales, à condition de prendre les choses par le bon bout. Pendant qu’on laisse des patrons de multinationales gloser et se pavaner sans remettre en cause l’impact écologique de leur activité, le fonds de transition destiné aux pays en développement est diminué.

Il faut reprendre la main et agir pour une neutralité carbone au plus vite, favoriser les énergies les plus propres et sûres, mobiliser les fonds publics, loin des logiques de financiarisation et des égoïsmes nationaux, pour répondre aux défis sociaux qui nous attendent. Il s’agit d’inciter, sans punir les classes populaires ou ceux éloignés des centres de richesses, avec des politiques de transports collectifs de qualité et gratuits, revenir à une maîtrise publique de l’énergie, assurer un habitat digne à toutes et tous. Nous ne pourrons obtenir une transition écologique sans justice sociale.

On pourrait nous rétorquer : et vous, faites-vous ? Chaque petit pas compte, chaque geste individuel est louable mais nous devons avancer collectivement. Le Département essaie d’être pionnier en la matière. En voici quelques exemples : réduction de 30% des émissions de gaz à effet de serre de la collectivité pour 2030, plan Canopée avec 30 000 arbres plantés dans la décennie, élargissement du parc Georges Valbon de 13 hectares et extension du parc de la Fosse-Maussoin,, dispositif CHEQ pour la rénovation énergétique des logements, instauration d’un plan alimentaire territorial pour favoriser le bien-manger à partir de circuits courts, développement des voies cyclables, maintien d’un lycée agricole dans notre département.

Voilà autant de sujets que nous devons développer pour ne plus être soumis aux aléas des sommets d’hypocrisie et de communication.

La Forêt de Bondy, on l’aime !

Je me réjouis de la procédure ouverte pour le classement de la Forêt de Bondy en « forêt de protection » qui devrait lui offrir un niveau de protection maximale, et interdirait notamment toute nouvelle implantation d’infrastructure, dans un contexte de forte poussée d’urbanisation et de transformations profondes, avec, par exemple, l’arrivée de la gare du Grand Paris Express à Clichy-Montfermeil…

Ce classement est aujourd’hui indispensable : c’est le seul espace vert de proximité pour tous les habitants des Bosquets. Et on y vient parfois de loin pour profiter de ce bel espace apaisant, de ses étangs, s’y promener, faire du sport, pique-niquer…Classée Natura 2000, son intérêt écologique est très important.

Son classement en forêt de protection consoliderait également les efforts engagés depuis plusieurs années par le Conseil départemental, avec la mise en œuvre du « Chemin des parcs » qui vise à mettre en relation l’ensemble des grands espaces verts du Département par des voies piétonnes et cyclistes. Un premier tronçon a d’ailleurs été réalisé à travers le bois de la Couronne pour relier Livry-Gargan à la promenade de la Dhuis.

Dans la cadre de l’enquête publique, j’ai attiré l’attention de la commissaire-enquêtrice sur la question de l’exploitation du gypse considérée comme ressource stratégique. Je lui ai demandé de me tenir informée des demandes et projets actuels d’exploitation du gypse sur le périmètre de classement de la forêt de Bondy.

Car, un décret « gypse » paru en 2018 permet d’exploiter le gypse en dépit du classement en « forêt de protection ». Une « brèche géante » dans le statut de forêt de protection, selon la Fédération des parcs naturels régionaux.

Une inquiétude que je partage car le dossier d’enquête public souligne le caractère stratégique, d’intérêt national et européen des gisements de gypse sur le territoire, laissant envisager une exploitation : « il est primordial d’assurer la pérennité de l’accès à la ressource gypsiphère ». (Notice explicative de gestion, p.13)

L’exploitation du gypse est une question importante sur notre territoire : pour mémoire, les oppositions fortes au bois de Bernouille à Coubron, entre Placoplâtre et les associations de défense de l’environnement, les Coubronnais et les citoyens soucieux de la qualité de leur cadre de vie et de leur santé, il ya de nombreuses années. Aujourd’hui encore, le même différend oppose Placoplâtre et de nombreuses associations, des élu.e.s dont je suis, au sein de la Commission de Suivi de site du Fort de Vaujours. Cet ancien site militaire où le CEA a mené de nombreuses expérimentations sur l’arme nucléaire français est toujours protégé par le « Secret Défense ». Il a cependant été racheté par Placoplatre afin d’y ouvrir une carrière de gypse.

Aussi ai-je des inquiétudes concernant les projets potentiels de Placoplatre ou de tout autre exploitant dans le cadre de la forêt de Bondy, d’autant que les nuisances pour les riverains seraient très importantes. Profitons de cette magnifique forêt, prenons-en soin mais restons vigilants !

L’écologie à l’honneur pour la dernière séance du Conseil départemental

Ce matin se tenait la dernière séance du Conseil départemental de l’actuelle mandature, débutée en 2015. Un cycle qui se conclut, avant le renouvellement démocratique lors des élections départementales des 20 et 27 juin prochains.

Une mandature qui se conclut dans des circonstances que nul n’aurait pu imaginer il y a six ans mais qui a permis de voir l’utilité de notre Conseil départemental en matière de solidarité.

En ouverture de séance, nous avons observé une minute de silence en hommage à Stéphanie Monfermé et Eric X, deux agents de police tragiquement assassinés à Rambouillet et Avignon et dont la mort endeuille l’ensemble de notre communauté républicaine.

Nous avons adopté deux beaux projets d’écologie urbaine, présentés par mon collègue Belaide Bedreddine.

L’adoption de la « Charte de l’arbre », nouvelle étape de l’ambitieux Plan Canopée voté en juin dernier vise à verdir la Seine-Saint-Denis par la plantation de 30 000 arbres et la diversification des essences. En lien avec l’ensemble des acteurs du territoire, il s’agira d’œuvrer à la protection des arbres existants, au développement des surfaces végétalisées – notamment de forêt urbaines – et à la mobilisation de la population.

Comme l’a souligné Belaide, « on protège bien ce que l’on connaît bien ». Les actions pédagogiques seront donc multipliées à destination des habitant-es et en particulier des collégiennes et collégiens.

Le deuxième projet est l’adoption d’une convention de collaboration autour du projet Lil’O à l’Île-Saint-Denis. Un projet de reconquête de la biodiversité en milieu urbain, sur une ancienne friche industrielle de 3,6 ha acquise par le Conseil départemental dans le but d’étendre le parc départemental. En lien avec l’association Halage, il s’agit de dépolluer et renaturaliser écologiquement les sols tout en favorisant l’insertion professionnelle par la production de fleurs et de compost naturel issu des déchets des restaurants et cantines scolaires.

Le parc de l’Ile-Saint-Denis

Lycée agricole : les élu-es régionaux de gauche interpellent le ministre

Les élu-es de gauche et écologistes au Conseil régional d’Île-de-France ont interpellé début février le ministre de l’Agriculture et de l’alimentation, Julien Denormandie, afin de rappeler la grande perte que constitue la fermeture du LPE-Fénelon, et le besoin de soutenir le projet d’ouverture de nouvel établissement porté par les équipes enseignantes.

Un projet que je soutiens activement au Conseil départemental, mais qui n’a malheureusement pour réponse que le silence de la part de la présidence actuelle du Conseil régional…

Soutenons le projet de nouvel établissement scolaire agricole en Seine-Saint-Denis !

La fermeture définitive du Lycée du paysage et de l’environnement du groupe Fénelon à Vaujours, en septembre dernier, a constitué une grande perte pour l’offre éducative dans notre département – et au-delà.

Je suis intervenue en séance ce matin à l’occasion du lancement du Projet alimentaire de territoire par le Conseil départemental, pour demander que notre collectivité soutienne activement et le plus rapidement possible le projet actuellement en développement de création d’un nouvel établissement spécialisé sur l’agriculture, l’alimentation et l’écologie urbaine. Un projet notamment porté par les équipes éducatives de l’ancien LPE et dont les perspectives sont prometteuses !