EuropaCity part au compost

europacity

Je me réjouis de l’abandon définitif du projet EuropaCity annoncé jeudi dernier par Emmanuel Macron.  J’ai toujours condamné ce projet de centre commercial pharaonique du groupe Auchan associé au chinois Wanda – un projet  qui devait engloutir 80 hectares de terres agricoles dans le Triangle de Gonesse et dont nous aurions fait les frais, au sens figuré comme au sens propre, car l’argent public – le notre – sert aussi à financer des projets privés dont les dividendes passent évidemment dans les poches des actionnaires.

Cette décision est le fruit de la mobilisation déterminée de toutes celles et ceux qui, depuis des années, alertent l’opinion publique sur les conséquences qu’aurait eu ce véritable « Dubaï de l’Île-de-France », en termes environnementaux et sociaux. Environnementaux ,du fait de la disparition des derniers espaces agricoles si proches de Paris, de l’artificialisation des sols et de l’augmentation de la circulation automobile. Sociaux, car le méga centre commercial aurait conduit à la faillite de nombreux commerces et des centres commerciaux de proximité.

On soulignera l’éclair de lucidité du président de la République, pour qui il s’agit d’un « projet d’une autre époque, fondé sur une consommation de masse d’objets et de loisirs ». Une lucidité que nous aimerions plus fréquente, par exemple en ne démantelant pas la SNCF au profit du transport routier.

L’abandon du projet ne règle cependant pas l’avenir du Triangle de Gonesse. Dans l’immédiat, il s’agit de garantir la réalisation de la ligne 17, essentielle à l’amélioration de la vie quotidienne des habitants.

Il importe donc de rester vigilants afin d’aboutir à un nouveau projet qui respecte l’environnement, préserve les activités agricoles et permette le développement du territoire. Le projet Carma, porté par le Collectif pour le Triangle de Gonesse, est une proposition. L’implication des habitantes et habitants devra, quoiqu’il en soit, être au cœur de l’élaboration de l’alternative.

 

Voyant au rouge pour la planète bleue

La conscience de l’urgence climatique et environnementale se fait chaque jour plus aiguë parmi les peuples, à mesure que se multiplient les alertes sur l’avenir de notre planète et de ses habitants… humains, animaux, végétaux.

Le GIEC, (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), publie aujourd’hui un rapport alarmant sur l’état des océans et de la cryosphère (banquise, glaciers, calottes polaires…). Malheureusement sans surprise, le constat est également sans appel : les émissions de gaz à effet de serre depuis le début de l’ère industrielle ont conduit à une hausse de la température et de l’acidité des océans et à une baisse de leur teneur en oxygène.

Les effets se font déjà sentir : hausse du niveau des mers, rognant sur les côtes et menaçant des millions de personnes ; migration ou disparition d’espèces animales et végétales ; augmentation de la fréquence et de l’intensité des événements météorologiques extrêmes, tel l’ouragan Dorian qui a ravagé les Bahamas.

Comme le souligne le professeur Didier Gascuel, cité par l’Humanité, « Il faut bien comprendre que le XXIe siècle pourrait être le prélude à une histoire tragique ».

Le Conseil départemental a déjà adopté 40 Engagements pour l’égalité environnementale face à l’urgence climatique, afin de développer les outils d’une écologie populaire. Depuis dix ans, l’utilisation des produits phytosanitaires est proscrite pour l’entretien des parcs et espaces verts départementaux. Une volonté réaffirmée le 18 septembre dernier par un arrêté du Département interdisant l’usage des pesticides sur son territoire.

Citoyens, associations, scientifiques, collectivités territoriales se mobilisent face à l’un des grands défis de ce siècle. Il serait temps que le gouvernement prenne lui aussi des mesures fortes, au lieu de traiter avec mépris Great Thunberg et tous les jeunes qui manifestent pour leur avenir… L’avenir de notre planète et de l’humanité.

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Fort de Vaujours : Placoplatre rappelé à l’ordre par l’Etat (Le Parisien)

Dans un article publié ce matin, Le Parisien de Seine-et-Marne fait état de la mise en demeure de la préfecture de Seine-Saint-Denis à Placoplatre de réaménager la fosse d’Aiguisy (conformément à un arrêté préfectoral de … 2006) qu’elle compte remblayer avec des terres excavées du Fort de Vaujours.  « Nous nous réjouissons que les services de l’Etat fassent respecter les arrêtés préfectoraux existants en demandant à Placoplatre de remettre la fosse en état, mais cette mise en demeure confirme que Placoplatre souhaite changer le périmètre du Fort de Vaujours » déclare Francis Redon, vice-président de France nature environnement Île-de-France, qui siège également à la Commission de Suivi de Site (CSS) « .

« La préfecture somme également la filiale de Saint-Gobain de réaliser dans un délai de trois mois une étude géotechnique après qu’un glissement de terrain s’y est produit lors de l’hiver 2017-2018 » écrit encore le journaliste.

Glissement de terrain ?? Je n’ai pas souvenir que cela ait fait l’objet d’une quelconque déclaration de Placoplatre en séance de Commission de Suivi de Site. Décidément, la transparence selon Placoplatre connait de sérieuses limites : celles du périmètre de son intérêt. 

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Aéroports de Paris : j’ai signé pour le référendum ! Et vous ?

 

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… Et je vous invite à en faire autant ! Ne laissons pas brader au plus offrant notre bien commun comme une vulgaire marchandise. On a vu ce que cela donne avec les autoroutes, construites avec nos impôts puis offertes au privé… Nous payons, les actionnaires encaissent ! Il faut que 4,7 millions d’électeurs signent la pétition en ligne (soit 10 % du corps électoral) pour qu’un référendum soit organisé à l’échelle nationale. Pour signer, munissez-vous d’une pièce d’identité…

Ce projet de privatisation d’ADP (Roissy, Orly et Le Bourget) est une aberration économique pour les comptes de l’État et pose de graves questions en termes de souveraineté et de sécurité nationale, de conditions de travail des salarié-es, de transition écologique ou encore de qualité de vie des populations riveraines.

Fruit de l’initiative de 248 parlementaires d’opposition,  des forces politiques très diverses se rassemblent. En témoigne le meeting organisé mercredi soir à Saint-Denis à l’initiative du député communiste Stéphane Peu qui a réuni  parlementaires communistes, socialistes, Les Républicains, insoumis, ainsi que le secrétaire de la CGT-ADP, Daniel Bertone.

Depuis l’ouverture du site dédié la semaine dernière,  plus de 235 000 signatures ont été validées,  malgré les multiples dysfonctionnements de celui-ci. Un démarrage en trombe, qui devra être pérennisé. Cet effort devra être le nôtre, pour convaincre notre famille, nos ami-es, nos collègues… au travail !

 

Pour signer : https://www.referendum.interieur.gouv.fr/soutien/etape-1

 

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Face à cet enjeu majeur pour la Seine-Saint-Denis – qui accueille deux des aéroports concernés -, le Conseil départemental a voté le 13 juin dernier un vœu soutenant la demande d’organisation d’un référendum.

ADP : non à la privatisation !

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Le gouvernement maintient son cap antisocial en dépit de la contestation dont sa politique néolibérale continue de faire l’objet. Dernier épisode en date, La loi PACTE (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) était soumise hier en deuxième lecture à l’Assemblée nationale, après son rejet par le Sénat.

Point central de cette loi, le projet de privatisation d’Aéroports de Paris (ADP), l’entreprise qui gère les aéroports de Roissy, d’Orly et du Bourget, et dont l’État détient pour l’heure 50,63% du capital. Selon le gouvernement, la cession des parts de l’État doit permettre de contribuer au paiement de la dette et de financer le Fonds de modernisation de l’économie française. Pour Bruno Le Maire, « le rôle de l’État stratège n’est pas de toucher des dividendes sur les activités du XXe siècle mais de financer les activités du XXIe siècle ».

Ceci masque mal les objectifs réels du gouvernement. En effet, en 2017, ADP a versé 132 millions d’euros de dividendes à l’État, qui pourraient tout à fait être attribués à ce fonds. En réalité, comme le dénonce notamment Fabien Gay, sénateur communiste de Seine-Saint-Denis, il s’agit d’une « vision libérale de court-terme », qui pose de grands dangers en termes de souveraineté et de sécurité.

ADP assure la gestion des principales portes d’entrée sur le territoire français avec Roissy et Orly. L’Etat peut-il confier cette responsabilité à des multinationales dont la recherche de profits les conduira inévitablement à rogner sur les moyens humains ? Depuis l’ouverture du capital d’ADP en 2005, 2000 emplois ont déjà été supprimés ; comment imaginer que la tendance s’inverserait avec une vente totale ?

Pour un gouvernement se prétendant soucieux de la dépense publique, que penser de son entêtement  à imposer le projet du CDG Express, d’un coût estimé de 1,6 milliard d’euros, pour desservir un aéroport qu’il souhaite privatiser ? A ce propos, on dit aussi  que le CDG Express est le bouquet de la mariée offert aux postulants à la privatisation d’ADP.

A l’opposé de cette logique, c’est d’un plan de préservation et de développement des biens communs que sont nos aéroports, gares, ports, autoroutes, dont notre pays, notre peuple et la planète ont besoin !

Signez la pétition : https://bit.ly/2UzJWpG