L’Europe des gens contre l’Europe de l’argent, nous avons tout à y gagner !

Mis en avant

Ce midi, j’ai déjeuné avec une amie, B. Et puis, au café, les élections européennes se sont invitées à table.

Pour la première fois de sa vie de citoyenne, elle envisageait l’abstention. Ras-le-bol généralisé du monde comme il va (mal). Mais comme le dit Ian Brossat « 100 % des banquiers, des grands patrons, des actionnaires iront voter, ne les laissons pas décider ».

 L’Europe d’aujourd’hui, c est celle du capital, des multinationales et des lobbyistes : s’abstenir, c’est faire leur jeu : celui qui met sous tutelle l’aspiration des peuples à la justice sociale, à la justice fiscale et la nécessité vitale de préserver notre environnement, au bénéfice de l’argent-roi.

 On nous dit que cette élection est sans importance et n’a rien à voir avec les choix politiques du gouvernement ? La politique d’austérité pleinement assumée à Paris se décide à Bruxelles, qu’il s’agisse du démantèlement des services publics ou de la mise en concurrence de nos « biens communs » tels qu’énergie, transport ferroviaire, pourtant indispensable à la qualité de notre environnement… La mise en concurrence devait faire baisser les prix ? Ils s’envolent : + 6% pour l’électricité au lendemain du 26 mai.

La concurrence « libre », c’est aussi exiger de travailleurs français dont l’entreprise est délocalisée en Pologne de former leurs remplaçants avant d’être licenciés. Quel cynisme quel mépris pour ceux qui créent les richesses avec leur travail ! Ian Brossat propose d’instaurer un smic européen harmonisé par le haut (1) et une « clause de non-régression sociale» : les textes européens ne pourront qu’améliorer les droits des salariés, assortis d’un droit de veto des peuples face à toute proposition de régression.

L’élection européenne a lieu dimanche 26 mai. Un seul vote, 34 listes et une élection qui fait le jeu des forces dominantes : en France, un seuil minimal de 5 % a été décidé (le plus haut dans toute l’Europe) pour qu’une liste puisse obtenir 4 députés, tentant d’écraser ainsi les forces alternatives. Nous avons besoin de faire entendre nos voix, nous avons besoin de porte-paroles du mouvement social et de la gauche de transformation. Pour nos vies et pour la planète, je t’ appelle donc, chère B., à voter pour la liste conduite par Ian Brossat.

(1) Un smic européen ? Mme Loiseau dit oui, à 950 € par mois. Moi je dis « Carton rouge » !

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Sorties scolaires : au Sénat, la droite attaque la laïcité

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La loi Blanquer, qui est actuellement examinée par le Sénat, n’est visiblement pas assez néfaste pour la droite sénatoriale, qui semble décidée à utiliser celle-ci pour attiser de façon totalement démagogique les mauvaises passions de la société française.

Mercredi dernier a été adopté un amendement déposé par le groupe Les Républicains, visant à interdire aux accompagnants de sorties scolaires le port de tout « signe religieux ostentatoire ».

Si un quelconque doute existait quant aux cibles réelles des « Républicains », le communiqué du groupe sénatorial se félicite de l’interdiction « du port du voile lors des sorties scolaires ». Une cible précisée par la sénatrice UDI Sylvie Goy-Chavent, qui pointe les « écoles publiques de banlieue »…

Au lieu de réfuter cette conception, le ministre Jean-Michel Blanquer dit dans sa réponse partager les préoccupations et respecter leur position et ne différer que sur la méthode, qu’il juge « contre-productive ».

Pourtant, dans sa volonté de stigmatiser et discriminer une partie de la population française, c’est bien à une dénaturation et à une instrumentalisation de la laïcité que se livre la majorité sénatoriale.

Comme le rappelait Jean-Louis Bianco, président de l’Observatoire de la laïcité, lors des Rencontres de Montfermeil le 19 févier dernier, l’obligation de neutralité ne s’applique qu’aux personnes exerçant une mission de service public, et non aux usagers.

Si cet amendement devait être conservé (il devrait être supprimé à l’Assemblée nationale), les premières victimes en seraient les enfants de nombreux quartiers, privés de sorties scolaires faute d’accompagnatrices « conformes » !

L’éducation civique et la laïcité ne font visiblement pas partie des savoirs fondamentaux de certains…

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Intervention de Jean-Louis Bianco lors des Rencontres de Montfermeil

La banlieue sous les feux des projecteurs

A peine trois heures après la projection ce mardi soir de « Les Misérables », le 1er long métrage de Ladj Ly présenté dans la sélection officielle du festival de Cannes, les trois premières critiques parues s’accordent : un « brûlot social  » (Paris-Match)  ; la « première bombe du festival »  (Première) ; « une claque » (La Croix) qui déclare que ce film est « un candidat sérieux pour la Palme d’or à Cannes ».

Tous citent  « La Haine », le film de Mathieu Kassowitz, Palme d’or du festival il y a 24 ans. Et pour cause, la banlieue est de retour au cinéma, mais 24 ans plus tard, ça ne va pas mieux dans les quartiers populaires comme celui des Bosquets.

« Ce qui est montré dans le film est d’un réalisme qui devrait nous interroger » écrit encore le journaliste de La Croix, car ce film « bouscule les idées reçues et plonge littéralement le spectateur au cœur de la complexité du réel… « .

La complexité du réel… J’ajouterai la complexité du réel « sous son jour le plus cru et sans faux semblant ».  Un choc pour beaucoup ? Oui.  Je ne doute pas un instant que la version long métrage des « Misérables »porte le même regard aiguisé et fort sur les dénis de notre société que le court métrage du même nom, nominé l’an dernier aux Césars et primé au festival de Clermont-Ferrand.

Ladj Ly nous donne aujourd’hui une leçon de cinéma et porte en haut des marches de Cannes la question de la reconnaissances banlieues et de la diversité.  Chapeau bas, Ladj !

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CDG Express : un seul scénario, l’annulation !

Auditionné hier par le conseil d’administration d’Île-de-France Mobilités à la demande des administrateurs PCF-Front de gauche, le préfet de région Michel Cadot a exposé deux scénarios concernant la réalisation du CDG Express, la ligne qui doit relier directement l’aéroport ROissy-Charles-de-Gaulle à la gare de l’Est.

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Le premier de ces scénarios, qui aboutirait à une livraison à temps pour les JOP 2024, impliquerait trois semaines de coupure  et d’innombrables interruptions du RER B. Impensable et totalement irrespectueux pour les usagers du quotidien, d’autant que la SNCF a d’ores et déjà annoncé ne pas être en mesure d’assurer un service de remplacement suffisant.

Inutile également puisque le Comité organisateur des Jeux olympiques a lui-même affirmé que le CDG Express n’était pas nécessaire au succès de ceux-ci. La ligne 16,  indispensable aux habitants de nos villes pour profiter des Jeux, semble pourtant beaucoup moins prioritaire, puisqu’elle n’ouvrirait au mieux que début 2025…

Le deuxième scénario (livraison en 2025) provoquerait lui aussi de nombreux incidents et interruption de circulation et retarderait une nouvelle fois les rénovations pourtant urgentes des transports du quotidien. C’est pourtant l’option retenue par Valérie Pécresse, en dépit de ses engagements et des demandes de nombreux associations et élus, qui demandent l’annulation de ce projet inutile et coûteux. On le sait, c’est le  bouquet de la mariée pour la privatisation d’ADP !

Et justement, concernant cet autre scandale économique et démocratique, le Conseil constitutionnel a ouvert la voie à un référendum d’initiative partagée pour « affirmer le caractère de service public national des aéroports de Paris-Charles-de-Gaulle, Paris-Orly et Paris-Le Bourget ». Une grande victoire qui ouvre désormais un grand défi : celui de récolter les 4,7 millions de signatures nécessaires à la défense de ce bien commun !