La banlieue sous les feux des projecteurs

A peine trois heures après la projection ce mardi soir de « Les Misérables », le 1er long métrage de Ladj Ly présenté dans la sélection officielle du festival de Cannes, les trois premières critiques parues s’accordent : un « brûlot social  » (Paris-Match)  ; la « première bombe du festival »  (Première) ; « une claque » (La Croix) qui déclare que ce film est « un candidat sérieux pour la Palme d’or à Cannes ».

Tous citent  « La Haine », le film de Mathieu Kassowitz, Palme d’or du festival il y a 24 ans. Et pour cause, la banlieue est de retour au cinéma, mais 24 ans plus tard, ça ne va pas mieux dans les quartiers populaires comme celui des Bosquets.

« Ce qui est montré dans le film est d’un réalisme qui devrait nous interroger » écrit encore le journaliste de La Croix, car ce film « bouscule les idées reçues et plonge littéralement le spectateur au cœur de la complexité du réel… « .

La complexité du réel… J’ajouterai la complexité du réel « sous son jour le plus cru et sans faux semblant ».  Un choc pour beaucoup ? Oui.  Je ne doute pas un instant que la version long métrage des « Misérables »porte le même regard aiguisé et fort sur les dénis de notre société que le court métrage du même nom, nominé l’an dernier aux Césars et primé au festival de Clermont-Ferrand.

Ladj Ly nous donne aujourd’hui une leçon de cinéma et porte en haut des marches de Cannes la question de la reconnaissances banlieues et de la diversité.  Chapeau bas, Ladj !

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CDG Express : un seul scénario, l’annulation !

Auditionné hier par le conseil d’administration d’Île-de-France Mobilités à la demande des administrateurs PCF-Front de gauche, le préfet de région Michel Cadot a exposé deux scénarios concernant la réalisation du CDG Express, la ligne qui doit relier directement l’aéroport ROissy-Charles-de-Gaulle à la gare de l’Est.

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Le premier de ces scénarios, qui aboutirait à une livraison à temps pour les JOP 2024, impliquerait trois semaines de coupure  et d’innombrables interruptions du RER B. Impensable et totalement irrespectueux pour les usagers du quotidien, d’autant que la SNCF a d’ores et déjà annoncé ne pas être en mesure d’assurer un service de remplacement suffisant.

Inutile également puisque le Comité organisateur des Jeux olympiques a lui-même affirmé que le CDG Express n’était pas nécessaire au succès de ceux-ci. La ligne 16,  indispensable aux habitants de nos villes pour profiter des Jeux, semble pourtant beaucoup moins prioritaire, puisqu’elle n’ouvrirait au mieux que début 2025…

Le deuxième scénario (livraison en 2025) provoquerait lui aussi de nombreux incidents et interruption de circulation et retarderait une nouvelle fois les rénovations pourtant urgentes des transports du quotidien. C’est pourtant l’option retenue par Valérie Pécresse, en dépit de ses engagements et des demandes de nombreux associations et élus, qui demandent l’annulation de ce projet inutile et coûteux. On le sait, c’est le  bouquet de la mariée pour la privatisation d’ADP !

Et justement, concernant cet autre scandale économique et démocratique, le Conseil constitutionnel a ouvert la voie à un référendum d’initiative partagée pour « affirmer le caractère de service public national des aéroports de Paris-Charles-de-Gaulle, Paris-Orly et Paris-Le Bourget ». Une grande victoire qui ouvre désormais un grand défi : celui de récolter les 4,7 millions de signatures nécessaires à la défense de ce bien commun !

La Fonction publique en grève pour l’intérêt général

Front syndical uni aujourd’hui à l’occasion de la journée de grève et de mobilisation de la fonction publique. Une unanimité rare qui montre bien le rejet massif du projet de loi prétendant « moderniser » le statut des fonctionnaires  ! Trop de pompiers, trop d’infirmières, trop d’enseignants ? Trop de fonctionnaires pour répondre aux besoins de ceux qui n’ont rien et dont le service public est la seule richesse ?

Dans un contexte où les services publics sont plus que jamais nécessaires pour répondre aux besoins de la population et assurer les droits sociaux sans discrimination territoriale ou de revenus, le gouvernement refuse de discuter et fait une fois encore le choix de s’entêter dans les dogmes néolibéraux les plus éculés.

Car au prétexte de rendre l’administration « plus attractive et plus réactive », le gouvernement prévoit de multiplier le recours aux contractuels, affaiblissant ainsi le statut de la fonction publique.

Cette réforme « va conduire à une privatisation de l’appareil d’État, à une captation de l’action publique par le privé et par la finance », comme le souligne l’ancien ministre communiste Anicet Le Pors « en cassant progressivement les sécurités garanties par le statut au profit de la précarité intrinsèque au modèle libéral ».

Dans l’Éducation nationale, la mobilisation d’aujourd’hui rejoint l’opposition grandissante à la loi Blanquer, également portée par les parents d’élèves et des élus, exprimée entre autres par la résolution que nous avons adoptée lors de la dernière séance du Conseil départemental, ou encore par la tribune de sept maires de Seine-Saint-Denis.

Dans la fonction publique hospitalière également, le mécontentement est fort, face au grave manque de moyens, qui impacte le service rendu aux usagers et les conditions de travail des personnels.

Lors de sa campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait déclaré vouloir supprimer 120 000 postes de fonctionnaires. Un « objectif » sur lequel il semble vaciller du fait du rapport de force. Ce qui doit nous encourager à poursuivre la mobilisation et montrer, comme l’affirme Anicet Le Pors, que « le statut général des fonctionnaires doit devenir la référence sociale pour tous, y compris dans le privé.  »

Etats généraux de la protection de l’enfance

Les Etats Généraux de la protection de l’enfance se sont déroulés aujourd’hui à Montreuil. Ce moment fort a permis aux acteurs de la protection de l’enfance – travailleurs sociaux, éducateurs, assistants familiaux, juges, médecins, … – de se rencontrer, d’échanger et de témoigner de leurs pratiques dans des environnements professionnels très différents.

C’est une première que notre groupe avait réclamé en amont du vote du schéma départemental de la protection de l’enfance : les professionnel.le.s, qui travaillent au quotidien auprès des enfants et de leurs familles, sont le mieux à même de faire entendre l’urgence des situations, des besoins et des moyens à mettre en œuvre pour la protection de l’enfance.

Jacques Toubon, Défenseur des Droits, le soulignait lors de son intervention ce matin : la Seine-Saint-Denis, a-t-il déclaré, est « extra-ordinaire à tous les sens du terme, toujours caractérisé par une politique innovante et volontariste, quelques soient ses difficultés, au service de l’intérêt supérieur de l’enfant. » Autrement dit, l’accès à tous les droits de l’enfant, au premier rang desquels la sécurité, l’éducation, la santé.

Le Département, dont c’est la compétence,  y consacrera cette année 273 M€ et va créer des postes dans le domaine de la prévention. 8700 enfants (dont de nombreux mineurs isolés étrangers) sont accueillis et hébergés dans différents types d’établissements et dans des familles d’accueil.

Mais en ce domaine, l’Etat manque encore à ses devoirs de solidarité et la question des moyens déployés reste centrale. Le gouvernement a nommé un secrétaire d’Etat à la protection de l’enfance et de l’adolescence, chargé d’élaborer un « Pacte pour l’enfance ». Il faudra qu’il tende l’oreille du côté de la Seine-Saint-Denis.

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