La rumeur, ce poison

En dépit de l’appel au calme de nombreux maires du département ; des démentis des commissaires et de la préfecture de police, du préfet de Seine-Saint-Denis qui assurent qu’il n’y a pas de kidnappeurs d’enfants à la camionnette blanche et que toutes les investigations nécessaires sont menées, cela fait maintenant trois jours que la rumeur continue à se propager et se démultiplier via les réseaux sociaux. Les parents tremblent pour la sécurité de leurs enfants, les enfants ont peur, les écoles et les collèges sont en ébullition.  Bien sûr qu’il faut protéger les enfants, être attentifs et vigilants. Mais il faut aussi être attentifs et vigilants aux rumeurs qui inondent les réseaux sociaux. Quelle tristesse et quelle folie de s’en prendre aux Roms ! Quand une camionnette ralentit devant une école à l’heure de la sortie, c’est plutôt signe que l’automobiliste conduit avec prudence et qu’il ne veut pas causer d’accident.

La communauté Rom, où ceux qui sont pris pour tels, font cruellement les frais de cette rumeur et leur vie est mise en danger. La violence voudrait remplacer la justice, sur un fond de racisme qui  s’exprime ouvertement et sans limites.

Ce n’est pas la première fois que la rumeur s’empare ainsi de notre ville. En février 2014, une campagne nationale sciemment orchestrée par la Manif pour tous sur les réseaux sociaux incitait les parents à ne pas mettre leurs enfants à l’école et a été suivie dans de trop nombreuses écoles : les ministères de l’Education nationale et des Droits des femmes avaient mis en place l’ABCD de l’égalité, visant à promouvoir l’égalité filles-garçons. Certains avaient voulu y voir la promotion de la « théorie du genre »…

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La solidarité interdépartementale, c’est 150 M€ au service de l’intérêt général !

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Démonstration est faite de l’utilité et de l’efficacité de l’échelon départemental pour répondre aux besoins sociaux et faire preuve de solidarité, quand l’Etat fait la sourde oreille à notre exigence d’égalité. Le premier budget du Fonds de solidarité et d’investissement interdépartemental  a été présenté hier par les présidents des sept départements franciliens. Une innovation institutionnelle au service des habitants.

Pour l’année 2019,  150 millions d’euros serviront ainsi à aider à financer des projets d’intérêt général dans les départements de petite et grande couronnes. La Seine-Saint-Denis, qui contribue à ce fond à hauteur de 13,5 M€, recevra plus de 39 M€ pour 19 projets.

Parmi ceux-ci, le sport, l’éducation et les transports seront à l’honneur. Ainsi du « Prisme » (Pôle de référence inclusif sportif métropolitain), équipement sportif entièrement accessible aux personnes handicapées, qui verra le jour à Bobigny d’ici 2023, ou de la « boucle cyclable » qui permettra de relier à vélo l’ensemble des sites des JOP 2024.

Au niveau des transports, le prolongement du T1 de Noisy-le-Sec à Val-de-Fontenay bénéficiera d’un financement, tout comme la construction du TZen 3, entre Pantin et les Pavillons-sous-Bois.

Quant à l’éducation, ce fonds contribuera à la construction ou reconstruction de deux collèges, à Aubervilliers et Pierrefitte.

Face au désengagement de l’État et à ses projets (pour l’instant suspendus) de suppression des départements de petite couronne, ce nouveau fonds – qui sera renouvelé chaque année – confirme que ces derniers sont un échelon irremplaçable pour répondre aux besoins des habitant-es, de par leur connaissance du terrain et leur capacité d’innovation.

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Éliminer les discriminations raciales, condition vitale pour notre démocratie

Le 21 mars est déclaré par l’ONU « Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale ». Cette date commémore le massacre de 69 personnes qui manifestaient pacifiquement contre l’apartheid à Sharpeville, le 21 mars 1960.

Un événement qui résonne tristement dans l’actualité, après la tuerie perpétrée par un terroriste d’extrême-droite islamophobe à Christchurch en Nouvelle-Zélande, qui a fait 50 victimes et de nombreux blessés. Comme le souligne E. Tendayi Achiume, rapporteuse spéciale sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et d’intolérance qui y est associée, l’une des principales menaces actuelles est la montée des populismes nationalistes.

Ceux-ci, en promouvant des pratiques et politiques exclusives et répressives, visant des personnes et groupes en raison notamment de leur appartenance ethnique, de leur religion ou de leur origine nationale, portent atteinte à l’égalité et à la dignité en favorisant l’intolérance et les discriminations.

En France, ce poison atteint des niveaux inquiétants, comme en témoigne la hausse des actes racistes et antisémites, ou les polémiques à répétition visant systématiquement les musulmans. Le racisme et les discriminations raciales ne surgissent pas seuls, ils sont favorisés, voire attisés, par des forces politiques, qui utilisent la division comme fonds de commerce, de façon totalement irresponsable. Ainsi de la « théorie » du « grand remplacement », produit de l’extrême-droite française et référence idéologique explicite du terroriste de Christchurch.

Alors que les promoteurs directs de la discrimination dans notre pays sont aujourd’hui en tête des sondages pour les prochaines élections européennes, et que les forces d’extrême-droite risquent de constituer le principal groupe au Parlement européen, il est vital pour notre démocratie et la vie en commun en France de faire grandir les forces qui mettront en place des politiques qui combattront à la fois les symptômes du racisme, mais également ses causes économiques et sociales.

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Violences sexistes et sexuelles au travail… On en parle !

 

La 17e rencontre de l’Observatoire départemental des violences envers les femmes se tenait aujourd’hui à la Bourse du travail de Bobigny.  Une édition dédiée aux violences sexistes et sexuelles au travail, en présence de nombreux témoins et de professionnelles.

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Comme le soulignait ma collègue Pascale Labbé, conseillère départementale déléguée à l’égalité femmes-hommes,  en charge de l’Observatoire, cette rencontre était attendue et nécessaire alors que l’on parle des violences sexistes et sexuelles tous les jours, que cela soit au sujet des rédactions de presse ou des organisations syndicales et politiques. Une femme sur cinq déclarait avoir été victime de telles violences sur son lieu de travail en 2014 (IFOP).

Depuis, la libération de la parole des femmes accélère la prise de conscience et le changement des mentalités, notamment chez les jeunes. En Seine-Saint-Denis, l’Observatoire est un formidable outil et joue un rôle crucial dans ce domaine, comme en a témoigné Ernestine Ronai, sa responsable, dans la présentation du bilan 2018.

Le Département de la Seine-Saint-Denis poursuit ses efforts afin d’être exemplaire dans le traitement des violences sexistes et sexuelles. Nous avons ainsi décidé de participer à la création d’un lieu d’accueil de jour pour jeunes femmes de 15 à 25 ans, situé à Bagnolet. Premier lieu de ce type en France, porté par l’association « Une femme, un toit », il a vocation à accueillir, repérer, accompagner et orienter de façon spécifique un public particulièrement exposé aux violence sexistes et sexuelles.

Comme employeur, le Conseil départemental a mis en place un protocole contre les violences sexuelles au travail, afin de compléter les dispositifs déjà existants et de faire émerger les situations de harcèlement sexuel.  Une violence souvent insidieuse, subtile, qui peut avoir de graves conséquences, comme l’ont expliqué Marie-France Hirigoyen, psychiatre et spécialiste du sujet, et Marilyn Balbeck, déléguée générale de l’Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT).

Il faudrait encore parler du succès remporté par le violentomètre : ce petit outil, qui gradue les formes de violence, est diffusé auprès des collèges et des jeunes du département. Il sera bientôt diffusé dans les lycées d’Ile-de-France après une délibération du Conseil régional sur proposition de Céline Malaisé, présidente du groupe communiste et Front de gauche.

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ADP : non à la privatisation !

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Le gouvernement maintient son cap antisocial en dépit de la contestation dont sa politique néolibérale continue de faire l’objet. Dernier épisode en date, La loi PACTE (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) était soumise hier en deuxième lecture à l’Assemblée nationale, après son rejet par le Sénat.

Point central de cette loi, le projet de privatisation d’Aéroports de Paris (ADP), l’entreprise qui gère les aéroports de Roissy, d’Orly et du Bourget, et dont l’État détient pour l’heure 50,63% du capital. Selon le gouvernement, la cession des parts de l’État doit permettre de contribuer au paiement de la dette et de financer le Fonds de modernisation de l’économie française. Pour Bruno Le Maire, « le rôle de l’État stratège n’est pas de toucher des dividendes sur les activités du XXe siècle mais de financer les activités du XXIe siècle ».

Ceci masque mal les objectifs réels du gouvernement. En effet, en 2017, ADP a versé 132 millions d’euros de dividendes à l’État, qui pourraient tout à fait être attribués à ce fonds. En réalité, comme le dénonce notamment Fabien Gay, sénateur communiste de Seine-Saint-Denis, il s’agit d’une « vision libérale de court-terme », qui pose de grands dangers en termes de souveraineté et de sécurité.

ADP assure la gestion des principales portes d’entrée sur le territoire français avec Roissy et Orly. L’Etat peut-il confier cette responsabilité à des multinationales dont la recherche de profits les conduira inévitablement à rogner sur les moyens humains ? Depuis l’ouverture du capital d’ADP en 2005, 2000 emplois ont déjà été supprimés ; comment imaginer que la tendance s’inverserait avec une vente totale ?

Pour un gouvernement se prétendant soucieux de la dépense publique, que penser de son entêtement  à imposer le projet du CDG Express, d’un coût estimé de 1,6 milliard d’euros, pour desservir un aéroport qu’il souhaite privatiser ? A ce propos, on dit aussi  que le CDG Express est le bouquet de la mariée offert aux postulants à la privatisation d’ADP.

A l’opposé de cette logique, c’est d’un plan de préservation et de développement des biens communs que sont nos aéroports, gares, ports, autoroutes, dont notre pays, notre peuple et la planète ont besoin !

Signez la pétition : https://bit.ly/2UzJWpG