« A la limite de l’insupportable »…

Le Parisien du 21 avril semble s’émouvoir de l’ambiguïté du maire de Montfermeil concernant son appel plus ou moins déclaré à voter pour la candidate de l’extrême droite au 2ème tour de l’élection présidentielle. « A la limite de l’insupportable » titre le journal, reprenant une phrase d’un « élu de droite du département » qui reste anonyme. Une prise de position qui ferait « tousser » plusieurs maires de droite de Grand Paris-Grand Est qui l’ont pourtant élu à la présidence du territoire. Aujourd’hui, certains font la fine bouche. Pourtant les positions extrémistes du maire de Montfermeil sont connues depuis longtemps et ne devraient surprendre personne. 

Pour rappel : Xavier Lemoine s’est manifesté dans le journal Valeurs actuelles du 17 septembre 2021 comme partisan d’un rassemblement autour d’Eric Zemmour pour l’élection présidentielle alors même que celui-ci ne s’était pas encore déclaré candidat. Il s’était déjà illustré pour sa proximité avec Marine Le Pen lors d’un colloque sur « l’ensauvagement » supposé des banlieues tenu à l’Assemblée Nationale le 1er décembre 2018. Et la liste est longue…

Cela n’avait pas empêché les maires et les partis de droite de le soutenir à l’élection départementale de juin 2021 sur le canton de Tremblay, Montfermeil, Coubron, Vaujours, où il a été battu.

Aujourd’hui la honte s’abat sur eux, juste retour de manivelle.

Pour ma part, dimanche, j’utiliserai le seul bulletin de vote permettant de faire barrage à l’extrême droite raciste et xénophobe, car le danger n’a jamais été aussi grand de voir le national libéralisme présider la France.

Dominique Dellac, vice-présidente du Département

En séance du Conseil départemental

Point d’orgue de la séance du 14 avril, le vote d’une aide à la pratique sportive de 100 € pour les élèves entrant en 5e, allouée lors de la rentrée scolaire de septembre 2022. Cette mesure, qui était un engagement de campagne, a pour vocation de lutter contre le décrochage sportif des jeunes, aggravé par la crise du Covid-19 et les difficultés économiques des familles pour inscrire leurs enfants dans des clubs. Il s’agit également de favoriser les pratiques sportives des filles, qui sont les plus éloignées des dispositifs alors qu’elles sont tout autant intéressées que les garçons par le sport !

Au préalable, lors du rapport sur le nouveau plan de mobilité employeur, mon collègue Belaïde Beddrédine est revenu sur les risques que font peser sur les usagers.ères, l’ouverture à la concurrence des bus et des RER, et notamment de la ligne E. Cette décision inique d’IDF Mobilité fait primer les intérêts économiques des groupes privés sur ceux des usagers.ères, nous interrogeant sur la qualité à venir du service de transport. De même, il a formulé le souhait que la création de lignes comme le Tzen 3 sur la RN3 aboutisse enfin, seule alternative crédible à la voiture !

La présentation du rapport d’activité 2021 du Médiateur, a permis d’évaluer ce service gratuit et confidentiel mis en place par le Département pour faciliter la résolution des conflits entre les usagers.ères et l’administration départementale. Pour sa deuxième année consécutive, il connaît une augmentation des saisines, qui passent de 379 à 629. C’est encourageant, car plus qu’une hausse des dysfonctionnements de l’administration, cette progression correspond à une meilleure identification de cette instance par les usagers.ères, qui y recourent davantage pour mieux faire valoir leurs droits.  

Il y a 80 ans, le convoi N°1…

Ce dimanche 27 mars, j’étais au côté de nombreuses associations mémorielles et d’élu.e.s, pour rendre hommage aux 1112 juifs partis par le premier convoi de déportation de la gare de Drancy-Le Bourget vers Auschwitz . J’y ai pris la parole à l’invitation de l’Association Mémoire Fonds d’Auschwitz :

« Nous sommes aujourd’hui réunis pour nous souvenir ensemble du convoi N°1, premier convoi de déportation des juifs de France, organisé par Théodore Danneker, responsable des affaires juives de la Gestapo avec la complicité active de l’Etat français.  

Il y a 80 ans, 1 112 hommes sont partis le 27 mars de la gare de Drancy- Le Bourget pour être déportés à Auschwitz où ils arrivèrent 3 jours plus tard. 19 d’entre eux seulement en sont revenus.

Dès l’été 1941, la Cité de la Muette était devenue le maillon logistique central d’abord de l’internement, puis de la déportation des Juifs.

L’année 1942 fut le début de la déportation systématique, organisée et massive des Juifs de France, précédée par les rafles qui avaient démarré dès mai 1941 – d’abord des juifs étrangers – puis, à partir de décembre 1941, des juifs français. En 6 mois, entre mars et novembre 1942, c’est 43 convois qui partirent de France conduisant 42 000 juifs vers les camps d’extermination puis, jusqu’à l’été 1944, ce furent au total 76 000 juifs qui furent déportés de France. Seuls 2500 d’entre eux revinrent. 

Il aura fallu beaucoup de temps pour que la responsabilité de l’État français soit reconnue par le Président Chirac en 1995. 

Rappelons-nous du film d’Alain Resnais, Nuit et Brouillard, sorti en 1956 qui connut la censure d’Etat parce qu’on y voyait un gendarme français montant la garde d’un camp d’internement du Loiret, à Beaune la Rolande. 

De la même manière, 7 ans plus tard, en 1963, la très belle et émouvante chanson du même nom, écrite et chantée par Jean Ferrat, connut également la censure, avec ordre de ne pas la diffuser sur les ondes.  Jean Ferrat, né Jean Tenenbaum, dont le père immigré juif russe partit de Drancy pour ne pas revenir d’Auschiwtz.

Il faut du temps à la vérité pour qu’elle trace son sillon, que la réalité des choses soit énoncée et reconnue, pour qu’enfin l’Histoire puisse se faire jour.

Aujourd’hui, les passeurs de mémoire, celles et ceux qui sont revenus de l’horreur absolue, ont disparu à leur tour.

Aujourd’hui ne restent que les bâtiments, camps d’internements, gares de déportation, pour témoigner de ce que furent les derniers espoirs et le désespoir, la combativité aussi de ces milliers d’hommes, de femmes, d’enfants qui allaient être assassinés et disparaitre parce qu’ils étaient juifs. 

Ces témoins silencieux livrent parfois des secrets poignants, comme les graffitis découverts sur 76 carreaux de plâtre trouvés ici même à la Cité de la Muette lors de la rénovation des huisseries en 2009.

C’est pourquoi le Département, avec ses services du patrimoine contemporain et des archives prête une attention particulière au classement et à la conservation de ces bâtiments témoins ; à leur valorisation auprès du plus grand nombre et des jeunes en particulier, parce qu’après les témoignages directs des rescapés et la transmission de leur histoire, le devoir de mémoire demeure plus que jamais à l’ordre du jour. 

A cet égard, nous sommes attentifs aux travaux de restauration portés par Seine-Saint-Denis Habitat à la Cité de la Muette et je me réjouis de l’ouverture à venir de la gare de déportation de Bobigny, dont les travaux sont en cours d’achèvement, comme j’ai pu le constater vendredi dernier avec un certain nombre d’entre vous lors du comité de pilotage qui nous a réuni.  Donner de la dignité aux lieux pour rendre leur dignité aux femmes, aux enfants, aux hommes qui y ont été internés et en sont partis.

C’est le préalable indispensable au travail mémoriel, que nous menons au côté des associations, des villes, des collectivités, du Ministère de la Culture, de la DRAC et du Ministère des armées. Et bien sûr, avec Seine-Saint-Denis Tourisme, notre agence de développement touristique, qui joue un rôle important avec sa plateforme exploreparis pour faire connaître et valoriser ces lieux de mémoire auprès du grand public.

Nous avons enfin à cœur de travailler avec les jeunes, avec les collégien.e.s, « Pour qu’un jour les enfants sachent qui vous étiez » écrivait J. Ferrat, car ce devoir de mémoire et de compréhension de ce qui s’est joué il y a 80 ans est l’enjeu d’une terrible actualité, au regard de la banalisation de la haine raciste et antisémite. Le négationisme est toujours de mise, porté par un candidat à la Présidence de la République. En ces temps de crise, la transmission est indispensable pour combattre ces idées abjectes et assécher le terreau qui prospère sur la méconnaissance et la désespérance. 

Les parcours culturels que nous menons dans les 130 collèges du Département, le dispositif Agora dédié à la liberté d’expression et aux médias dans le cadre du dispositif d’éducation artistique et culturelle, ont vocation à permettre aux jeunes de se forger un esprit critique indispensable à la compréhension du monde.

Rendez-vous lundi 29 mars à 18h30 pour une présentation du budget participatif départemental !

Cher.e.s ami.e.s,

Vous voulez voir plus d’art dans la rue, améliorer la qualité d’un espace public ? Vous êtes attaché.e à la préservation de la biodiversité dans notre département ? Vous avez d’autres idées, des envies ?

Le Conseil départemental a adopté son premier budget participatif à hauteur de 125 000 € par canton, soit 2,6 M€ pour l’ensemble du territoire.

En famille, avec des am.i.e.s, seul.e ou avec une association, participez et proposez un projet d’investissement dans tous les domaines de compétence du Département.

Je souhaite vous informer du contenu et du calendrier de ce nouveau dispositif de participation citoyenne. Les services du Département seront ensuite à votre disposition pour vous aider à réaliser vos dossiers, qui devront être déposés avant le 15 mai.

Je vous donne rendez-vous lundi 29 mars, à 18h30, au Forum Léopold Sedar Senghor de Montfermeil, au 61 Bd Bargue, (Entrée du parking rue Paul de Kock).

En espérant avoir le plaisir de vous y retrouver !