RSA: une avancée qui en appelle d’autres

La visite du Premier ministre Jean Castex cette semaine en préfecture de Bobigny a fait couler beaucoup d’encre. J’étais présente lors de la signature du protocole entre l’État et le Département relative au financement du Revenu de solidarité active (RSA).

Pour mémoire : en 2004, l’Etat a transféré cette dépense de solidarité nationale aux Départements et devait la compenser financièrement « à l’euro près ».

Dans les faits : le nombre d’allocataires du RSA a doublé depuis 17 ans dans notre département et l’Etat doit aujourd’hui 2,7 milliards € au Département. Ce sont d’autres missions, d’autres investissements du Département qui ont dû être sacrifiés, faute de moyens suffisants. Chaque année, nous nous sommes mobilisés pour réclamer cette compensation, comme en 2018 devant l’Assemblée nationale.

Aujourd’hui, l’État reconnaît qu’il a failli à sa mission de solidarité nationale en laissant notre collectivité prendre en charge ce coût. Mais ne parlons pas de « renationalisation », car si le protocole signé ce mardi 21 septembre pour une expérimentation sur 5 ans va permettre au Département de retrouver quelques marges de manœuvre, nous devrons en contre-partie céder à l’Etat une part de nos recettes !!! La moitié des sommes dégagées de l’ordre de 50 M€) chaque année viendront abonder le secteur de l’insertion, avec, notamment, le doublement du nombre de places dans les actions d’insertion. C’est une bonne chose pour les allocataires du RSA, qui comme tout un chacun, aspirent à un travail et à une vie digne.

Alors oui, ce protocole représente des avancées. 

Mais nous ne nous satisfaisons pas de cette situation : d’autres défis nous attendent avec le vieillissement de la population : l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) et la prestation de compensation du handicap (PCH), les deux autres allocations de solidarité nationale devraient augmenter. Celles-ci représentent déjà un coût de 700 M€ non compensés par l’Etat à la charge de notre Département et pourraient absorber les marges de manœuvre dégagées.

Et quid des 2,7 milliards € que l’Etat doit à notre Département, et donc aux habitants de la Seine-Saint-Denis ? 

Nous serons particulièrement attentifs avec notre groupe, avec les parlementaires, maires et élu.e .s qui ont signé notre appel pour aller vers une solidarité nationale pleine et entière. Nous exigeons une véritable recentralisation de ces allocations afin que l’égalité républicaine entre territoires et entre citoyen.n.e.s soit pleine et entière. Notre département, ses habitants, méritent le respect et la justice.

Partez à la découverte de notre patrimoine !

Balades urbaines, visites de sites, ateliers, animations, expositions, spectacles, jeux… Le Département, les villes, les associations ont imaginé avec talent plus de 100 événements gratuits, foisonnants, parfois étonnants, toujours passionnants et enrichissants, pour animer notre département ce week-end à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine.

De la préhistoire à l’histoire d’hier et à celle qui s’écrit aujourd’hui, des fouilles archéologiques aux bâtiments remarquables, des musées aux parcs, il y a tant à découvrir : traces laissées par l’humanité à travers les siècles qui ont façonné notre territoire et projets qui continuent de le transformer aujourd’hui.

Le Département n’est pas en reste et les équipes de la Direction de la Culture, du Patrimoine, du Sport et des loisirs n’ont pas manqué d’envie ni d’imagination pour partager le sens de leur travail avec le plus grand nombre. Le programme est riche et des plus variés !

Pour ma part, je me rendrai, entre autres, au stade de la Motte à Bobigny où les archéologues départementaux dévoileront les très riches résultats de 30 ans de fouilles sur ce site où l’on pourra aussi découvrir le PRISME, futur équipement handisport, unique en Europe, dans la perspective des JOP 2024. Je visiterai l’exposition photographique « En quête d’Humanité » du journal du même nom aux archives départementales, avant de me rendre à l’ancienne gare de déportation de Bobigny, qui ouvrira ses portes au grand public en 2022. Je n’oublie pas Montfermeil avec la restauration de l’Église Saint-Pierre-Saint-Paul ou encore le musée des métiers qui rendra hommage à Jean-Baptiste Clément, Montfermeillois, à l’occasion du 150e anniversaire de la Commune de Paris. Et puis, j’irai faire un tour au moulin

A vos marques, prêts ?

A Bobigny, de l’imprimerie du journal L’illustration, la plus moderne d’Europe en 1933, à sa reconversion, aujourd’hui l’Université Paris13

Un maire français champion du monde!

Il n’y aura pas d’étoile sur le maillot, ou plutôt sur l’écharpe du maire, mais c’est une belle récompense : « un bouquet de fleurs, un bonbon » dit Philippe Rio, maire de Grigny dans l’Essonne, qui a été désigné maire de l’année 2020 par la City Mayors Foundation qui honore tous les deux ans un-e maire d’une ville du monde pour son action.

C’est la reconnaissance du travail exemplaire du maire de Grigny en matière de lutte contre la pauvreté et un beau signal envoyé à ces élu-es qui se battent avec les habitant-es pour leurs droits et leur dignité, à l’heure où la défiance envers la politique est forte.

Je suis fière car Philippe est de ma famille politique et qu’il incarne cette sensibilité du rassemblement, du combat avec les habitants pour obtenir des moyens pour sa ville, les écoles, la rénovation urbaine. Il avait initié l’appel de Grigny en 2017, signé par des maires de tous les courants républicains, pour appeler à une véritable refonte des politiques publiques en banlieue et obtenir le droit commun, tout simplement.

Il nous faut mener cette bataille partout pour obtenir la reconnaissance mais surtout l’égalité républicaine qui manquent tant dans les villes populaires.

Palestine, le devoir d’agir pour la paix

Il est impossible de rester insensible devant les images qui nous arrivent de Palestine et d’Israël : familles palestiniennes expulsées par des colons à Jérusalem-Est, répression des manifestants dans la vieille ville, ratonnades et émeutes inter-communautaires dans plusieurs localités d’Israël…

Les violences se multiplient, dont les plus terribles sont les bombardements incessants sur Gaza, qui ont fait 200 morts en une semaine, dont des familles entières.

Bombardement à Gaza, mai 2021

Une nouvelle fois, l’occupation et la colonisation montrent leur vrai visage, quelques jours à peine après qu’un rapport de l’ONG Human Rights Watch ait conclu que « les autorités israéliennes commettent les crimes contre l’humanité d’apartheid et de persécution » contre les Palestiniens, dans les territoires occupés et en Israël même.

La mobilisation citoyenne internationale est donc indispensable pour imposer le respect du droit international, condition essentielle d’une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens. Nous ne pouvons pas rester silencieux !

En effet, cette situation n’est rendue possible que par la complicité de trop nombreux gouvernements – dont celui de la France – qui permettent au gouvernement d’extrême-droite de Benjamin Nétanyahou d’agir en toute impunité.

Les interdictions de manifestations à Paris, Nice ou Aubervilliers, et les accusations odieuses d’antisémitisme proférées par Gérald Darmanin sont un nouveau seuil dans cette complicité ! Se mobiliser pour la paix et le droit n’est pas un délit ou de la haine, c’est un devoir humain !

J’appelle à signer la pétition pour exiger une action immédiate de la France : https://www.change.org/p/emmanuel-macron-prot%C3%A9ger-les-palestiniens-de-j%C3%A9rusalem-la-france-doit-agir

Esclavage : regarder notre Histoire en face pour avancer ensemble

« La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l’océan Indien d’une part, et l’esclavage d’autre part, perpétrés à partir du XVe siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l’océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l’humanité.« 

Il y a 20 ans seulement était adoptée la « Loi tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage comme crime contre l’humanité », mieux connue sous le nom de « loi Taubira« . Depuis 15 ans, le 10 mai marque désormais la mémoire de l’esclavage et de son abolition.

C’est bien peu de temps au regard du temps historique… La Révolution française avait aboli l’esclavage. Et puisque l’on honore le bicentenaire de Napoléon Bonaparte, rappelons que celui-ci l’avait rétabli en 1802. La France est ainsi le seul pays à avoir aboli puis rétabli l’esclavage.

La traite et l’esclavage ont causé malheur et souffrances et changé la face du monde : 12,5 millions de personnes ont été déportées d’Afrique vers les Amériques entre le XVème et le XIXème siècles, structurant et déstructurant des société entières, avec des effets qui perdurent encore aujourd’hui, comme l’a récemment démontré entre autres le mouvement Black Lives Matter.

Pour avancer ensemble, construire collectivement une société apaisée et fondée sur une égalité réelle, il est indispensable de regarder notre histoire en face, y compris dans ses aspects les plus sombres. Reconnaître nos erreurs en tant que société n’est pas une marque de faiblesse, mais de force et de confiance en soi.

Le mémorial du Cap 110, en Martinique