« Battons-nous pour tous les Adama Traoré »

« I can’t breathe », (je ne peux pas respirer), les derniers mots de Georges Floyd… C’est la jeunesse du monde entier qui s’est levée pour crier son refus des violences policières et du racisme, réclamer justice après le meurtre de Georges Floyd, enfin reconnu comme tel après dix jours de manifestations dans les grandes villes américaines et dans le monde.

A Paris, mardi soir, bien plus de 20 000 manifestants se sont rassemblées devant le Palais de justice à l’appel du Comité Adama. Adama Traoré, ce jeune homme de 24 ans décédé en 2016 dans un commissariat peu après son interpellation, est mort asphyxié après un plaquage ventral, selon les contre-expertises médico-légales demandées par la famille. Assa Traoré, sa sœur, mène ce combat : « En étant aussi nombreux aujourd’hui, nous montrons que nous sommes capables de construire un rapport de force, de renverser ce système, cette machine de guerre qui broie nos démocraties et nous empêche de respirer. Battons-nous pour tous les Adama Traoré ».

Dans les banlieues populaires de Seine-Saint-Denis, on en sait quelque chose…

De Théo à Aulnay en 2017, aujourd’hui handicapé à vie, à Gabriel à Bondy, 14 ans, grièvement blessé lors de son interpellation la semaine dernière, les jeunes noirs et arabes vivent exactions, humiliations, harcèlement et contrôles au faciès.  Un « racisme systémique », selon les dires même de Jacques Toubon, le Défenseur des droits, qui parle de la « réalité sociologique » des contrôles au faciès » et rappelle que les jeunes hommes « perçus comme noirs ou arabes » ont 20 fois plus de chances d’être contrôlés que les autres.

Comment Christophe Castaner peut-il se refuser à parler de « violences policières » ? Et pourquoi certains policiers peuvent-ils bénéficier d’une telle impunité et continuer à exercer ?

L’ampleur des manifestations à Paris et en province cette semaine en a surpris plus d’un. Comme si après deux mois de confinement et d’un monde à l’arrêt, il n’est plus question de revenir en arrière.  Ce que dit cette belle jeunesse, c’est qu’il nous faut un autre monde. Un monde juste qui balaie les discriminations et les inégalités sociales dont les premières victimes sont toujours les mêmes : les classes populaires et ses enfants issus de l’immigration.

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© Lionel Bonaventure / AFP

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