Handicap : un discours mais quels actes ?

Visite d'une classe d'enfants handicapes integres aux Apprentis d'Auteuil - Ecole Joie de Vivre. par la secretaire d'etat a la cohesion sociale

Visite d’une classe d’enfants handicapés, ©Frederic Maigrot/REA

La clôture de la Conférence nationale du handicap, 15 ans après l’adoption de la loi « pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » du 11 février 2015, a donné l’occasion à Emmanuel Macron de faire des annonces sur le sujet. Son discours intervient quelques jours après de fortes tensions entre le gouvernement et de nombreuses associations, dont certaines avaient quitté ce qu’elle dénonçaient comme un « simulacre de concertation« .

Une mobilisation qui a porté ses fruits, le président de la République ayant annoncé que l’Allocation adulte handicapé ne serait pas fusionnée avec le futur « Revenu universel d’activité », projet lui-même largement contestable.

Emmanuel Macron a de nouveau affirmé qu’il souhaitait faire de l’inclusion des personnes handicapées l’une des priorités de son quinquennat. Depuis 2017, l’expérience nous conseille pourtant de ne pas prendre la parole présidentielle pour argent comptant. En voici quelques preuves.

Concernant la scolarisation des enfants handicapés, le gouvernement se félicite des avancées vers une « école inclusive ». Dans les faits, j’ai récemment été saisie par des parents d’élèves de notre canton, dont les enfants ne bénéficiaient pas de l’accompagnement d’un AESH, ou uniquement à temps partiel, tant dans le primaire que dans le secondaire.

Suite à mon interpellation écrite, la Direction académique a tout bonnement nié le problème, alors que le manque d’AESH est régulièrement pointé par les associations et les syndicats de l’Éducation nationale. Les annonces d’Emmanuel Macron (+11 500 AESH d’ici 2022) ne posent cependant pas la question de la rémunération insuffisante et de la précarité de ces agent-es indispensables pour la scolarité des enfants handicapés. Une situation que je dénonçai en octobre dernier suite à une « rentrée anarchique ».

Par ailleurs, le président a annoncé la création d’une aide financière aux parents handicapés, pour faciliter le recours à une aide à domicile pour les soins aux nouveaux nés. Une mesure de justice s’il en est, mais qui doit être intégrée dans la Prestation de compensation du handicap (PCH), une allocation versée par les Départements.

Quels seront alors les moyens financiers supplémentaires réellement fournis à ces derniers, quand l’on sait la très faible compensation des dépenses de solidarité par le gouvernement ? De plus, ces allocations étant inclues dans le calcul des dépenses de fonctionnement du Département, comment faire pour que toutes les solidarités puissent s’exercer pleinement, sans générer une concurrence absurde entre celles-ci, comme y incitent pourtant les règles budgétaires mises en place par ce même gouvernement ?

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