Budget 2020 : abandon gouvernemental, volonté départementale

Exercice traditionnel de la fin d’année, le Conseil départemental s’est réuni hier afin de discuter et d’adopter le budget de notre collectivité pour 2020. Traditionnel certes, mais chaque année davantage un défi, face au double mouvement d’augmentation des besoins de la population et d’abandon de l’État.

Malgré toutes les alertes, tous les drames, le gouvernement Macron s’entête, sciemment,  à poursuivre son désengagement et à réduire les moyens de notre Département : 348 millions d’euros de non compensation pour les allocations de solidarité (RSA, PCH, ADPA), 8% de compensation pour les dépenses liées aux mineurs non-accompagnés, suppression de recette fiscales propres… Au total, ce sont plus de 686 millions d’euros que l’État doit à la Seine-Saint-Denis .

snapshot

Une véritable asphyxie qui impacte grandement notre capacité à mettre en place des politiques innovantes et au niveau des besoins réels en termes de santé, de prévention, de culture… Malgré cela, nous nous efforçons de mettre en œuvre des politiques volontaristes au bénéfice de toutes et tous : en témoigne la mission vacances sociales que je conduis et qui poursuit son développement, le Plan ambition collèges ou la carte Ikaria pour les seniors dès 60 ans.

budg04 collèges

Macron a déclaré avoir été « bouleversé » par Les Misérables de Ladj Ly. Il a cependant préféré visionner le film sur DVD plutôt que de venir à Montfermeil. Un symbole de l’attitude de ce gouvernement vis-à-vis de la banlieue : la regarder de loin, se payer de mots et la laisser seule face à ses difficultés.

Retraites : l’insécurité universelle toujours au menu

Edouard Philippe a dévoilé hier le contenu du projet gouvernemental de réforme des retraites. Très attendu après une semaine de très fortes mobilisations syndicales dans toute la France, le Premier ministre a pourtant confirmé le caractère antisocial de cette réforme, que j’évoquais dans un précédent billet.

Une véritable « déclaration de guerre sociale » comme l’affirme Fabien Gay, sénateur communiste de Seine-Saint-Denis, car, si elle devait être  approuvée, la retraite Macron générerait une insécurité universelle et une baisse des pensions pour toutes et tous, notamment les jeunes et les femmes, plus confrontés à la précarité et aux carrières hachées.

La réponse ne s’est pas faite attendre avec, le soir même, un meeting unitaire à la Bourse du travail de Saint-Denis, réunissant syndicats (CGT, FSU, Solidaires), organisations de jeunesse et partis politiques de gauche (PCF, EELV, FI, PS, NPA, LO, Génération.S…).

Le but : avancer vers un front commun pour faire grandir la mobilisation et obtenir le retrait du projet de loi.

Meeting 11dec retraites

Il s’agit également de travailler collectivement à un autre projet de réforme, progressiste celui-là, qui assure des pensions dignes, une meilleure contribution du capital financier et favorise l’égalité femmes-hommes et la création d’emplois.

J’apporte tout mon soutien au mouvement de grève et de mobilisations qui se poursuit pour rejeter la destruction de nos retraites et vous donne rendez-vous à la manifestation mardi 17 décembre place de la République à Paris !

 

Réforme des retraites : tous perdants !

Alors qu’Edouard Philippe réunissait ses ministres dimanche pour s’accorder sur des « éléments de langage », la réalité frappe à la porte : nous serons très nombreux à rejoindre  les syndicats ce jeudi 5 décembre pour rejeter le projet de « réforme » des retraites que veut imposer ce gouvernement. Car tous les secteurs d’activité sont concernés : le privé comme le public, les ouvriers comme les cadres, les femmes, les précaires, les jeunes, les salariés affiliés au régime général comme ceux dépendant de régimes spéciaux et les non-salariés feront les frais de cette réforme.  En bref : tous égaux pour travailler plus aujourd’hui et toucher moins demain !

Universalité, égalité, justice ?? LREM  cherche à faire dire leur contraire à ces mots… Ce qui était possible en 1945 au sortir de la guerre, l’est encore et toujours, sous des formes différentes : car si le nombre de retraités a augmenté, la création de richesses a quadruplé en 40 ans. Il faut taxer les revenus financiers (298,8 Milliards d’€ en 2018 selon l’INSEE) alors que salaires et pensions sont soumis à de multiples impôts: CSG,  CRDS, CASA et impôt sur le revenu.

Tout cela constituerait un « bon en arrière civilisationnel […] alors que la productivité du travail et la valeur des richesses produites continuent d’augmenter » comme le souligne Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité, dans le seul but de satisfaire l’appétit de profits du capital financier et notamment des fonds de pension.

En limitant la part des retraites à 14 % du PIB, alors même que le nombre de retraités va augmenter de 9 millions d’ici à 2070, la réforme limitera mécaniquement la part qui reviendra à chacun. De plus, le calcul du montant de la pension ne sera plus calculé sur la dernière période d’activité mais sur l’ensemble de la carrière, ce qui pénalisera tout le monde et a fortiori les femmes et les jeunes, plus confrontés à la précarité et aux temps partiels.

Une autre réforme des retraites est possible, fondée sur la répartition des richesses, la création d’emplois et la justice fiscale.

Vivre plus longtemps devrait être un progrès ; pour le gouvernement c’est un boulet.

Capture d’écran 2019-12-04 à 08.27.27

© AFP

Hommage national aux 13 militaires tués au Mali

Mes pensées émues vont aux familles et aux proches des 13 militaires français de l’opération «  Barkhane » tués la semaine dernière dans le crash de deux hélicoptères lors d’une opération militaire au Mali contre des groupes djihadistes. Un hommage national leur a été rendu aujourd’hui dans la cour d’honneur de l’hôtel des Invalides en présence de leurs familles et du chef de l’Etat.

L’opération Barkhane mobilise 4 500 hommes, engagés contre l’Etat islamique et Al Qaida aux confins du Mali, du Niger et du Burkina Faso et vient en appui aux armées nationales.  Celles-ci paient elles aussi un lourd tribut : plus de cent soldats maliens ont trouvé la mort en un mois cet automne. Mais aussi des milliers de morts civils et des centaines de milliers de civils déplacés.

Capture d’écran 2019-12-02 à 19.13.06

©AFP