ADP : non à la privatisation !

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Le gouvernement maintient son cap antisocial en dépit de la contestation dont sa politique néolibérale continue de faire l’objet. Dernier épisode en date, La loi PACTE (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) était soumise hier en deuxième lecture à l’Assemblée nationale, après son rejet par le Sénat.

Point central de cette loi, le projet de privatisation d’Aéroports de Paris (ADP), l’entreprise qui gère les aéroports de Roissy, d’Orly et du Bourget, et dont l’État détient pour l’heure 50,63% du capital. Selon le gouvernement, la cession des parts de l’État doit permettre de contribuer au paiement de la dette et de financer le Fonds de modernisation de l’économie française. Pour Bruno Le Maire, « le rôle de l’État stratège n’est pas de toucher des dividendes sur les activités du XXe siècle mais de financer les activités du XXIe siècle ».

Ceci masque mal les objectifs réels du gouvernement. En effet, en 2017, ADP a versé 132 millions d’euros de dividendes à l’État, qui pourraient tout à fait être attribués à ce fonds. En réalité, comme le dénonce notamment Fabien Gay, sénateur communiste de Seine-Saint-Denis, il s’agit d’une « vision libérale de court-terme », qui pose de grands dangers en termes de souveraineté et de sécurité.

ADP assure la gestion des principales portes d’entrée sur le territoire français avec Roissy et Orly. L’Etat peut-il confier cette responsabilité à des multinationales dont la recherche de profits les conduira inévitablement à rogner sur les moyens humains ? Depuis l’ouverture du capital d’ADP en 2005, 2000 emplois ont déjà été supprimés ; comment imaginer que la tendance s’inverserait avec une vente totale ?

Pour un gouvernement se prétendant soucieux de la dépense publique, que penser de son entêtement  à imposer le projet du CDG Express, d’un coût estimé de 1,6 milliard d’euros, pour desservir un aéroport qu’il souhaite privatiser ? A ce propos, on dit aussi  que le CDG Express est le bouquet de la mariée offert aux postulants à la privatisation d’ADP.

A l’opposé de cette logique, c’est d’un plan de préservation et de développement des biens communs que sont nos aéroports, gares, ports, autoroutes, dont notre pays, notre peuple et la planète ont besoin !

Signez la pétition : https://bit.ly/2UzJWpG

 

Journée internationale des droits des femmes

Les femmes gagnent toujours 26% de moins que les hommes, du fait du travail à temps partiel (30% des femmes), des retards (ou absence) de déroulement de carrière, de la dévalorisation des métiers en majorité féminisés (santé, sociale, éducation, tertiaire…), de la part variable de la rémunération, de la discrimination inexpliquée, et de la diminution des femmes dans les métiers scientifiques.

15h40, c’est donc tous les jours l’heure à partir de laquelle les femmes travaillent gratuitement.

C’est pourquoi 37 associations féministes et syndicats appellent à cesser le travail à 15h40 le vendredi 8 mars 2019.

Chaîne humaine à Toulouse, changement de nom des places à Nancy, défilé avec batucada à Marseille, marches dans les cités à Nanterre, Strasbourg et Villefranche… à Paris un rassemblement est prévu Place de la République à 15H40. Allez les filles !

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« Les mineurs non accompagnés sont d’abord des enfants avant d’être des étrangers ».

Cette phrase  de Jacques Toubon, Défenseur des droits, en dit long sur la façon dont l’Etat, avec la loi Asile et immigration, considère ces jeunes, au mépris de la Convention internationale des droits de l’Enfant.

Jeudi dernier, le 28 février, l’Unicef, le Syndicat de la magistrature,  Médecins du Monde, la Ligue des Droits de l’Homme et 15 autres associations et syndicats (cf ci-dessous) ont saisi le Conseil d’État pour obtenir  la suspension du décret d’application qui autorise le fichage des mineur·e·s isolé·e·s.Capture d’écran 2019-03-04 à 00.05.48

En organisant le fichage de mineur·e·s à d’autres fins que celles liées à leur protection, en prévoyant la collecte de leurs données personnelles et leur croisement avec d’autres fichiers, en permettant aux préfectures d’éloigner des jeunes sans que le juge des enfants n’ait pu statuer sur leur situation, ces dispositions législatives et réglementaires portent gravement atteinte aux droits de l’enfant.

A l’occasion du dépôt de ce recours devant le Conseil d’État, les dix-neuf requérants entendent aussi formuler une question prioritaire de constitutionnalité contre l’article 51 de la loi Asile et immigration, qui a introduit cette disposition dans le Code des étrangers et du droit d’asile.

Ce même jour, la Cour européenne des droits de l’homme condamnait la France pour 
« traitement dégradant » infligé à un jeune afghan de 12 ans, mineur étranger non accompagné et non pris en charge dans la jungle de Calais en 2015 et 2016.

Médecins du Monde, Médecins Sans Frontières, Syndicat de la magistrature, UNICEF France, La Cimade, LDH, CNAPE, Uniopss, Armée du Salut, ANAS, ADDE, DEI-France, FASTI, FAP, FEP, GISTI, Secours catholique, Solidaires

La laïcité, pour « faire humanité »

Pari tenu pour cette première Rencontre de Montfermeil consacrée à la laïcité que j’organisais hier soir.

Une salle comble – cent vingt participants  et un auditoire extrêmement attentif qui aurait aimé prolonger encore un débat passionnant -, témoigne de l’intérêt porté à la laïcité, comme le montre le sondage réalisé par l’Observatoire de la laïcité : 70 % des Français se déclarent attachés à ce principe fondamental de la République.

Jean-Louis Bianco, Président de l’observatoire de la laïcité et ancien ministre, Pierre Dharréville, député et Jean-Pierre Scot, historien ont apporté chacun un éclairage particulier à la fois concret et riche en références théoriques et historiques sur la laïcité. Mgr Delannoy, évêque de Saint-Denis, et M. Bajrafil, imam et théologien musulman ont abordé avec clarté le rapport entre religion et laïcité.

Enfin, la présence appréciée des représentants des différents cultes de Montfermeil : le Père Daniel, l’imam Mohamed, le pasteur Nazaire et le représentant du Père Yacoub pour l’église orthodoxe syriaque, qui ne pouvait être présent.

Au même moment, des dizaines de milliers de citoyens se rassemblaient à Paris et dans de nombreuses villes de France pour dire non à la banalisation de la haine et à la recrudescence des actes antisémites.

Autant dire que la laïcité, qui garantit à chacune et à chacun la liberté de conscience et l’égalité des droits, est pleinement d’actualité, trop souvent portée sur le devant de la scène politique et médiatique avec des arrières pensées politiciennes qui visent à l’instrumentaliser.

Un beau moment de dialogue, serein et respectueux, expurgé des fausses vérités qui dénaturent la laïcité et lui font parfois dire le contraire de ce qu’elle est.

SALLE

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Brefs extraits… (merci à J-R Kechaou@jiairk)

Jean-Louis Bianco : 3 piliers définissent la laïcité 1. Liberté de croire ou pas 2. Neutralité religieuse de l’Etat qui ne s’applique qu’aux agents publics et pas aux usagers 3. La citoyenneté : nous sommes différents. C’est une source de richesse si elles s’intègrent dans notre citoyenneté.

Pierre Dharréville : Les défis contemporains de la laïcité: mener bataille contre ceux qui veulent imposer leur point de vue. L’intégrisme est un projet politique.On ne peut l’accepter.

Jean-Paul Scot: La laïcité est un principe républicain, ce n’est pas une philosophie (…) La loi permet une émancipation de l’Etat mais aussi de toutes les religions qui doivent admettre que les citoyens ne peuvent être soumis à leurs dogmes par la loi.

Mgr Delannoy : « En 2019, la laïcité est un encouragement au dialogue. Cela nous amène à échanger, à nous rencontrer afin de nous enrichir mutuellement. On vit la laïcité de manière sereine. »

Mohamed Bajrafil : « La masse de la population n’a pas de problème avec l’islam. Des gens qui ont des ambitions peu dignes trouvent une possibilité de se refaire une santé politique en pointant du doigt 5 à 6 millions de personnes. «