Non l’abandon de l’Éducation !

Suppression massive de postes, fermetures de classes, réduction du périmètre de l’Education prioritaire, revalorisation des salaires, promise mais remplacée par l’individualisation des rémunérations… Hier, les personnels de l’Éducation nationale étaient en grève dans toute la France. Ils dénonçaient aussi la gestion plus qu’hasardeuse de la crise sanitaire par le gouvernement, demandant que des mesures d’urgence soient enfin prises afin d’y faire enfin face. Ils ont été rejoints par des lycéens et étudiants, eux aussi en grande difficulté.

Enseignants, CPE et personnels de l’Éducation nationale jouent un rôle irremplaçable auprès des enfants et des jeunes pour le présent et l’avenir de notre pays. Ils sont devenus des « travailleurs de première ligne » depuis le début de la crise sanitaire, en adaptation permanente et au contact quotidien des élèves pour assurer leur mission d’éducation, de transmission et de développement des connaissances.

Un engagement sans faille depuis le premier confinement pour garantir du mieux possible la continuité éducative et limiter le décrochage scolaire, qui s’est malheureusement beaucoup accru dans des départements tels que la Seine-Saint-Denis.

Pourtant, le gouvernement et ses ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur semblent considérer l’école et l’enseignement publics comme un sujet de second plan, où chacun navigue à vue.

Des mois après le début de la pandémie, il n’y a ainsi toujours pas de protocole national dans l’Éducation. On ne sait toujours pas si les vacances d’hiver dureront 3 semaines pour tous les élèves… ou pas. Chacun fait donc avec les moyens du bord, ce qui crée une grande confusion et accroit encore les inégalités entre les établissements.

Le gouvernement serait mieux avisé de prendre de réelles mesures pour garantir la sécurité des élèves et des personnels (protections, accès au vaccin, embauches de médecins et d’infirmiers scolaires qui font tant défaut) plutôt que de profiter de la crise pour accélérer ses projets de casse de l’école républicaine qui se profilent.

Un plan de recrutement pluriannuel et des revalorisation salariales (réelles !) sont aussi nécessaires pour en finir avec le mépris et aller vers une juste reconnaissance de ces métiers sous haute pression.

J’apporte donc tout mon soutien aux enseignants et à tous les personnels qui se sont mobilisés hier dans notre canton. L’école publique est lourdement menacée.

Aminata Traoré, nous ne t’oublions pas. Lutte contre les violences faites aux femmes : ne nous résignons jamais !

Le 12 novembre 2019, à Montfermeil, Aminata Traoré était victime de féminicide. Deux fillettes orphelines, et les habitant.e.s de Montfermeil, ses amies, ses collègues, ses voisines sous le choc de ce drame terrible. La lutte contre les violences faites aux femmes ne connaît pas de pause. L’association Nous Toutes déplore 152 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2019.

La crise sanitaire et sociale, le confinement, ont encore aggravé les violences physiques, psychiques, morales faites aux femmes mais aussi en restreignant l’accès aux droits.

Le Conseil départemental, avec tous ses partenaires associatifs et institutionnels, développe des outils novateurs et efficaces pour combattre ce fléau et protéger les femmes. Je salue tout particulièrement le travail de ma collègue Pascale Labbé, conseillère départementale déléguée à l’égalité femmes-hommes, et d’Ernestine Ronai, responsable de l’Observatoire départemental des violences envers les femmes, créé dès 2002.

Hier les 16èmes Rencontres femmes du monde en Seine-Saint-Denis se sont tenues sur le thème de la protection des femmes victimes de violences. Elles ont permis de faire mieux connaître les dispositifs judiciaires et d’accueil existants dans notre territoire, pionnier en la matière.

https://secure.synople.tv/site/seine-saint-denis/Evenements/2020/201124_Evt_Violence_Video.php?jwsource=cl

Poursuivons ce combat et faisons résonner ces mots de Gisèle Halimi : « Je dis aux femmes trois choses : votre indépendance économique est la clé de votre libération. Ne laissez rien passer dans les gestes, le langage, les situations, qui attentent à votre dignité. Ne vous résignez jamais ! »

Un jour sombre

Voici le message que je viens d’adresser au Père Hubert et au Père Daniel, mes interlocuteurs au sein de la communauté catholique de Montfermeil :

« Je suis, comme toutes et tous, femmes et hommes de bonne volonté, à nouveau dans la peine et l’effroi après les assassinats sordides commis ce matin à la cathédrale Notre-Dame de Nice, où 3 personnes ont brutalement perdu la vie parce qu’elles étaient catholiques.

Il y a à peine 10 jours, nous étions debout et ensemble, au côté des enseignants, des parents d’élève et de la communauté éducative ainsi qu’avec les autres communautés religieuses de Montfermeil pour refuser la barbarie et rendre hommage à la mémoire de Samuel Paty.

Les paroles  que vous avez prononcées, celles de M. Bekkouche et du Père Yakupaydin étaient importantes, nécessaires et apaisantes.

Aujourd’hui, à nouveau, le deuil nous accable et je veux par ces quelques mots vous assurer de toute ma compassion et de mon entier soutien à la communauté catholique de Montfermeil dans ces jours sombres qui nous frappent toutes et tous durement.
Il n’y a pas de mots pour décrire l’horreur que nous vivons.

Ma voix ne se joindra pourtant pas à celles des semeurs de haine qui attisent une violence obscurantiste et qui tentent de rejeter les valeurs de la République.

Restons debout et ensemble comme nous avons toujours su le faire.

« C’est la fraternité qui sauvera la liberté », écrivait Victor Hugo. Une phrase à laquelle fait écho « Fratelli tutti » , l’encyclique du Pape François que vous m’avez offerte : « La fraternité n’est pas que le résultat des conditions de respect des libertés individuelles, ni même une certaine équité observée. (…)  Que se passe-t-il sans une fraternité cultivée consciemment, sans une volonté politique de fraternité, traduite en éducation à la fraternité, au dialogue, à la découverte de la réciprocité et de l’enrichissement mutuel comme valeurs ? »

A vos côtés et au côté de la communauté catholique, fraternellement. »

« Reconfinement », ou l’échec d’une politique

L’annonce du Président de la République ce mercredi soir n’aura surpris personne. Cette deuxième vague était attendue, prédite par les scientifiques depuis bien longtemps.

Reconfinement, soit. Pour se protéger et protéger les autres, protéger les soignants. Mais le « Ségur de la santé » de juin n’a pas répondu à leurs exigences pour redresser l’hôpital public. Des lits sont toujours fermés, faute de personnel et de postes.

Colère donc, parce que le problème majeur, c’est celui de la casse de l’hôpital public depuis des décennies : 100 000 lits d’hôpitaux supprimés en 20 ans, dont 7400 ces deux dernières années. 100 lits supprimés à l’hôpital de Montfermeil entre 2012 et et 2017.

Nous allons payer cher le choix de la rentabilité financière au détriment de la santé publique et des conditions de travail des personnels hospitaliers.

Et qui va protéger les milliers de salarié.e.s qui ne peuvent pas télétravailler et vont devoir continuer à prendre des transports en commun ? 

Par contre, les profits des entreprises du CAC 40 et des GAFA, eux, se portent bien. Ils ont explosé depuis le début de la crise sanitaire.

La ligne 13 en pleine crise sanitaire (photo : Stéphane Peu)

Bienvenue à la nouvelle défenseure des droits !

Claire Hédon, nouvelle Défenseure des droits, a réservé son premier déplacement à la Seine-Saint-Denis, en se rendant à Bobigny début juillet . Je me réjouis de son choix, qui illustre la conscience que notre département est l’un des points du territoire national où la question des droits est la plus aiguë et qui en signale l’urgence.

claire hédon

Claire Hédon (photo : @Defenseurdroits/Twitter)

Lors de sa rencontre avec  La Sauvegarde, association de protection de l’enfance, Claire Hédon a affirmé qu’elle était « convaincue du lien entre le manque de moyens et la question de l’accès aux droits ». Une conviction que je partage et qui a été mise en lumière par le rapport Cornut-Gentille/Kokouendo sur l’évaluation de l’action de l’État en Seine-Saint-Denis. Celui-ci pointe de graves déficiences dans l’éducation, la sécurité et la justice. D’autres domaines sont concernés : droit à la santé, à un logement digne, à ne pas subir de discriminations, à la protections des mineurs non accompagnés…

Dans nos villes également, des obstacles sont parfois sciemment dressés contre l’accès aux droits : à Montfermeil, je continue à être saisie par des familles confrontées au refus du maire d’inscrire leurs enfants à l’école. Une pratique illégale et discriminatoire qui dure depuis bien trop longtemps et à laquelle il doit enfin être mis un terme.

Alors bienvenue à Claire Hédon et travaillons conjointement à faire progresser les droits, ici et dès maintenant !