Cantines : le Département débloque une aide de 1,5 million € pour 25 000 collégiens

La crise sanitaire et la nécessité du confinement ont révélé au grand jour l’ampleur de la crise sociale et aggravé plus encore les inégalités dont souffrent les familles les plus modestes, particulièrement dans notre département où la précarité explose.

Ainsi, l‘arrêt des cantines scolaires, qui permettaient à des milliers de collégiens de bénéficier de repas équilibrés à un coût mesuré, se conjugue avec  chômage et chômage partiel pour les parents, produisant des effets qui impactent gravement les revenus.

Pour aider les familles à faire face à cette situation, le Conseil départemental a décidé de verser une aide exceptionnelle de 60 euros aux 25 000 collégiens des familles qui paient moins de 2,50 € le repas (correspondant aux sept échelons les plus bas du quotient familial).  D’un montant total de 1,5 millions d’euros, cette aide devrait être versée avant la fin du mois.

 

 

Michel Rosenblatt nous a quittés

C’est avec beaucoup de tristesse que j’ai appris aujourd’hui le décès de Michel Rosenblatt, qui fut maire de Montfermeil de 1970 à 1978 et conseiller général de la création du Département à 1979. Toutes mes condoléances à ses deux filles, Claude et Annie qui viennent de perdre leurs deux parents en un mois. Pierre Girault rappelle ici l’homme de grande valeur et l’humaniste engagé qu’il fut :

Né le 21 novembre 1927 à Paris, de parents immigrés juifs polonais qui s’installent à Montfermeil dans les années trente, Michel Rosenblatt obtint son certificat d’études primaires en 1939. Pour échapper aux persécutions antisémites, la famille part pour Chatenay-Malabry où elle vit clandestinement avec de faux papiers.

Après une année de formation au métier d’ajusteur, Michel devient mécanicien en machines de bureau. Salarié de 1950 à 1954 chez Remington, il fut licencié avec tout le bureau syndical CGT à la suite d’une grève.

Il adhère aux Jeunesses communistes fin 1944 et au PCF en 1945. De retour à Montfermeil en 1949 dans la maison familiale pillée, il est arrêté en 1950 lors d’une distribution de tracts contre la guerre d’Indochine et reste emprisonné six semaines. En 1951, Il épouse Jeanne, Renée Goubeaux, secrétaire médicale à l’hôpital de Montfermeil et militante de la CGT et du PCF. Ils ont eu deux filles, Claude et Annie.

Elu conseiller municipal de Montfermeil en 1953, premier adjoint en 1959, il devint journaliste en 1964 puis directeur de l’hebdomadaire du PCF, la Renaissance de Seine-Saint-Denis et le reste jusqu’en 1970.

Devenu en 1967 conseiller général du nouveau département de Seine-Saint-Denis, puis maire de Montfermeil en janvier 1970 à la mort de son prédécesseur Henri Vidal, Il conduira des listes d’union de la gauche qui seront réélues en 1971 et en 1977.

Au cours de ses mandats de conseiller municipal, de premier adjoint, puis de maire, la ville investit massivement dans l’installation de l’eau courante sur tout le territoire communal et d’un réseau d’assainissement quasi inexistant en 1953.

Entre les recensements de 1954 et 1975, la population triple et notre commune devient la plus jeune du département. Deux groupes scolaires, deux gymnases, un stade et le collège Picasso sortent de terre ; les services sociaux, cantines et colonies de vacances, se développent. La première fête de la brioche naît en juin 1973.

Quand il démissionne en 1978, il redevient réparateur de machines de bureau jusqu’à sa retraite en 1988.

Michel, qui avait cessé d’adhérer au PCF après sa démission, avait choisi d’y revenir. Il nous a vraiment quittés ce 10 avril 2020, après avoir subi en quelques mois un AVC, le décès de sa femme et le covid 19.

Montfermeil perd un homme qui l’a servie avec passion ; ses camarades un militant fidèle à ses idéaux de justice et de fraternité, et ses filles dont il était si fier, un père aimant.

L’urgence, c’est aussi de penser l’après

Question inégalités, la Seine-Saint-Denis est aux premières loges dans l’épidémie de Covid-19. Une surmortalité de 63% en Seine-Saint-Denis, c’est le chiffre glaçant rendu public par l’INSEE, comparant l’évolution du nombre de décès entre la semaine du 14 au 20 mars et celle du 21 au 27 mars.

La pandémie est mondiale. Cette universalité n’abolit ni les particularités ni les inégalités mais les aggrave bien au contraire.

« Tout le monde n’est pas égal face à la maladie. Dans l’un des départements les plus pauvres de France, nous n’avons pas attendu le Covid-19 pour le savoir » dit Pierre-Etienne Manuellan, médecin directeur de la santé de la ville de Montreuil dans Libération. Manque de médecins de ville (généralistes et spécialistes), manque d’infirmières libérales, assèchement organisé des moyens des hôpitaux publics conduisent de longue date à la saturation de ces derniers, au non-recours aux soins et à la persistance de foyers de maladies telles que la tuberculose.

Une situation que dénonce Stéphane Troussel, Président du Conseil départemental : « A ces inégalités de santé se superposent les inégalités économiques. Les habitant.e.s de notre département exercent des métiers en première ligne aujourd’hui : caissier.e.s, livreur.se.s, ambulancier.e.s, infirmier.e.s…Elles et ils sont soudainement sorti.e.s de l’ombre, mais cette lumière les laisse aussi plus vulnérables face à l’épidémie ».

Au plan du logement, promiscuité et mal-logement, eux aussi sur-représentés, renforcent les risques de propagation.

C’est donc dès à présent qu’il  faut envisager un plan ambitieux pour mettre fin à ces inégalités et aux conséquences qu’elles entraînent. Les mobilisations, les propositions, les revendications existent, portées par les usagers, syndicalistes, militants et élus.

Une première étape est un moratoire sur la fermeture de lits et de services dans les hôpitaux de Seine-Saint-Denis, préalable à un plan de relance à la hauteur des besoins des habitants. Sur le plan de l’éducation, un plan de rattrapage, tel que réclamé par le député Stéphane Peu, est indispensable alors que la fermeture des établissements ne peut qu’accentuer les inégalités : 1/3 des élèves est actuellement en rupture de scolarité ici, contre 8% au plan national. Et ce n’est pas le projet de réforme de la carte scolaire qui prévoit la fermeture de classes à la rentrée qui va aider nos jeunes à surmonter des difficultés accrues par la situation inédite que nous vivons.

En déplacement à Pantin et La Courneuve, Emmanuel Macron est venu les mains (et les mots) vides. Un signal inquiétant pour la suite…