Il n’avait pas foncé sur les policiers

Il n’avait pas foncé sur les policiers. Le véhicule était à l’arrêt comme en attestent les vidéos, en dépit des premières assertions des policiers.

Hier matin, Nahel, 17 ans, a été abattu d’une balle dans la poitrine par un fonctionnaire de la police nationale lors d’un contrôle routier à Nanterre.

Dans un communiqué, la famille indique son intention de déposer plainte dans les prochains jours pour homicide volontaire et complicité d’homicide volontaire à l’encontre des deux agents responsables de sa mort.

Si nous devons attendre les résultats officiels de l’enquête qui déterminera, au regard du droit, si le tir était nécessaire et proportionné, les images publiées sur les réseaux sont d’ores et déjà accablantes pour les fonctionnaires.

Cette vidéo est insoutenable. Contrairement aux premières informations données par les « sources policières » qui indiquaient que le véhicule avait « foncé sur les policiers » les images établissent que le policier n’était pas positionné devant la voiture mais au niveau de la porte avant gauche, et que le véhicule était à l’arrêt.

Avant de remettre le véhicule en marche Nahel a été menacé par l’un des fonctionnaires procédant au contrôle : « je vais te mettre une balle dans la tête » quand le second policier « semble faire injonction à son collègue de faire feu en disant “shoote-le” juste avant le tir ».

Ce drame – encore un et encore un de trop – a embrasé hier soir les quartiers populaires notamment à Montfermeil et Clichy mais aussi dans d’autres villes de Seine-Saint-Denis et dans d’autres départements, où des affrontements se sont déroulés entre des jeunes et la police.

Trop d’injustices dans lesquels ces jeunes se reconnaissent. Vérité et justice sont les seuls remèdes.

Mes pensées vont à la mère de ce trop jeune homme, qui ne fêtera jamais ses 18 ans, à sa famille et à ses proches.

La mère de Nahel a appelé à une marche blanche demain à 14h00 à Nanterre au départ de la préfecture des Hauts-de-Seine.

Ce mois-ci, en séance du Conseil départemental

CAP 2030, plan pluriannuel d’investissement culturel, artistique et patrimonial de 50 millions €, a été voté à l’unanimité en séance du Conseil départemental ce 10 mars. Je m’en réjouis d’autant plus que depuis 2009 il n’y avait plus eu d’investissement dans ces domaines, sinon des investissements d’urgence ou emblématiques.

J’ai présenté la dimension patrimoniale de ce plan : la préservation et la valorisation du patrimoine bâti emblématique de l’histoire sociale, ouvrière et industrielle du département, avec la création du fonds de soutien Patrimoine 2030 ; la connaissance et l’appropriation du patrimoine contemporain et immatériel par toutes et tous ; la promotion des démarches d’identification et de valorisation du patrimoine grâce à l’expertise du Département notamment auprès des communes et des EPT. Enfin, en lien avec le fil mémoriel 2023 consacré aux 80 ans de l’année 1943, notre contribution à la mise en réseau des lieux d’internement et de déportation en Seine-Saint-Denis.

Deuxième sujet de cette séance, la stratégie paralympique départementale pour favoriser l’inclusion des personnes en situation de handicap en améliorant l’accessibilité des pratiques sportives : appels à projet pour développer des activités parasportives dans les structures associatives ; programme « Clubs inclusifs » proposant aux encadrants.es et dirigeants.es de clubs des formations à l’accueil des personnes en situation de handicap ou encore le développement de sections de sports adaptés dans les écoles multisports.

Enfin, lors d’un point d’actualité sur les JOP, Emilie Lecroq est intervenue au nom de notre groupe : de trop nombreuses interrogations demeurent sur la conduite des chantiers en cours, la sécurité des travailleurs et la nécessaire régularisation de travailleurs sans-papiers ; sur les dispositifs de sécurité inédits, véritable laboratoire sécuritaire, ou encore la billetterie bien trop chère. Enfin, la reconversion des équipements olympiques en logements augmentera la pression foncière et les prix du marché, au détriment de la population séquano-dyonisienne et de la mixité sociale.

FEMMES EN LUTTE !

La semaine dernière, j’ai inauguré l’exposition « Femmes en lutte ! » aux archives départementales, au côté de de Stéphane Troussel et de Pascale Labbé, à l’occasion du 8 mars, Journée internationale de lutte pour les droits des femmes.

Conçue à partir du riche fonds photographique des Archives départementales, cette exposition donne à voir, sur une période de 50 ans, l’histoire des femmes dans les manifestations et les grèves ouvrières, notamment lors de la désindustrialisation de la Seine-Saint-Denis. Un cycle mensuel de visites guidées ainsi que trois tables rondes en avril, mai et juin, complètent l’exposition.

Au préalable, nous avons donné le nom de Suzanne Citron aux archives départementales, en présence de sa famille. Historienne et essayiste, son ouvrage “Le mythe national, l’histoire de France revisitée”  publié en 1987 et réédité en 2017, met à distance les clichés qui ont peuplé nos livres d’histoire et invite à la réflexion.

Résistante pendant la 2nde guerre mondiale et anticolonialiste, militante pour un enseignement renouvelé de l’histoire, qui donne à toutes les Françaises et tous les Français, quelle que soit leur origine, le droit d’avoir un passé différent et d’inscrire leur mémoire familiale dans celle de notre pays. Elle le fit ici-même, en Seine-Saint-Denis, comme professeure pendant 11 ans à l’Université Paris XIII-Villetaneuse.

Les droits des femmes ne sont jamais acquis. La réforme des retraites notamment, aura pour première victime les femmes, plus exposées aux emplois précaires, aux carrières hachées et aux difficultés économiques. Rendez-vous demain,15 mars pour la 10ème journée de mobilisation contre la réforme du gouvernement.