Un nouveau Plan de rebond face une crise qui dure

Il y a un an déjà, la pandémie nous prenait au dépourvu, conjuguant rapidement crise sanitaire et crise sociale. En juillet dernier, le Conseil départemental adoptait le Plan de rebond pour l’avenir de la Seine-Saint-Denis : 55 millions d’euros pour faire face aux conséquences immédiates de la crise sanitaire et sociale, en soutenant les habitant-es, les acteurs associatifs, sportifs, culturels, économiques en difficultés.

Alors que la crise dure, que la vaccination tarde à se déployer et que la pauvreté et la précarité s’aggravent, il était indispensable de prolonger cet effort.

C’est le sens du Plan de rebond n°2 que nous avons adopté lors de la séance du 4 mars. Doté de 13 millions d’euros, ce plan comporte deux grands volets :

Avec ma collègue Pascale Labbé lors de la séance du 4 mars
  1. Un fonds d’urgence sociale et d’adaptation à la crise

Un soutien financer renforcé sera fourni aux associations de solidarité qui ont connu une hausse de leur activité du fait de la hausse du nombre de personnes en difficultés. Les particuliers seront également aidés, notamment par l’extension de l’aide au paiement des loyers.

Particulièrement touchés, les jeunes sont pris en compte de façon renforcée : 300 contrats d’apprentissage seront ainsi pourvus pour aider à la formation et l’insertion professionnelle. 200 CDD de trois mois seront proposés au cours des prochains mois, dont la moitié en lien avec le Bel été solidaire.

L’abondement du Fonds d’aide à la jeunesse (+1 M€), le soutien aux vacances apprenantes et à l’aide psychologique pour les étudiants complètent cet axe.

Des aides à l’équipement informatique seront déployées en direction des artisans et commerçant, ménages, associations, ainsi que des acteurs de la protection de l’enfance, pour réduire la fracture numérique et aider au maintien de l’activité.

Enfin, 1 M€ sera dédié au soutien aux acteurs qui ont vu leurs ressources gravement diminuer du fait des mesures sanitaires, et notamment les lieux culturels.

2. Un appel à agir IN Seine-Saint-Denis renforcé

Bien connu des acteurs du département, l’appel à agir IN Seine-Saint-Denis est cette année renforcé de 4 M€ supplémentaire et ouvert à de nouvelles thématiques. Prévention santé, accompagnement social, accompagnement des personnes âgées et en situation de handicap, droits des femmes, retour à l’activité sont les thématiques intégrées au grand objectif de « Dépasser la crise ».

Pour connaître les détails de ce Plan et savoir comment y postuler, rendez-vous sur le site du Conseil départemental.

C’est ainsi que nous entendons jouer pleinement notre rôle de chef de file de l’action sociale et de collectivité de proximité, au service de toutes et tous les Séquano-Dionysiens. Mais face à l’ampleur de la crise, rien ne pourra remplacer une action nationale forte.

Journée de dépistage dans les collèges et écoles de Montfermeil

L’Éducation nationale a décidé d’une journée de tests de dépistage de la Covid-19 dans toutes les écoles et les collèges de Montfermeil aujourd’hui. Car Montfermeil fait partie, avec Vaujours, des 6 villes les plus touchées de notre département qui ont dépassé le seuil de 500 cas de contamination pour 100 000 habitants.

J’ai donc accueilli ce matin au collège Jean-Jaurès, au nom du Département, M. Auverlot, recteur de l’académie, M. Chaleix, inspecteur d’académie et Mme Farina-Berlioz, inspectrice adjointe, au côté de M. Beylot, principal du collège et de Mme Pieroche, principale adjointe.

Toute l’équipe du collège était fortement mobilisée auprès des élèves, des infirmières et personnels chargés de procéder aux tests antigéniques, les élèves patientant ensuite dans une classe transformée en salle d’attente pour connaître les résultats. Une organisation complexe et sans faille, menée dans l’urgence, qui aura permis de tester aujourd’hui plus de 300 collégiens munis d’une autorisation parentale ainsi que des adultes – enseignants et personnels du collège. La même opération de dépistage est également en cours au collège Picasso.

Ces tests sont indispensables en milieu scolaire mais la question de la disponibilité des vaccins reste bien évidemment la préoccupation majeure alors que notre département connait un regain massif de contamination et a très largement dépassé le seuil d’alerte critique. Vacciner au plus vite et massivement est bien la seule solution pour enrayer la pandémie. Le Département s’y emploie activement aux côtés de la Préfecture, en charge de la stratégie vaccinale. Mais ce qui manque, ce sont les vaccins !

Le Département reconnu expert contre les violences faites aux femmes

Le Conseil départemental de Seine-Saint-Denis a été reconnu expert dans la lutte contre les violences faites aux femmes, au plan national et international, pour la « mise en place de dispositifs de prévention et de protection ».

Cette reconnaissance du travail pionnier mené par le Département, avec la création en 2002 du premier Observatoire des violences faites aux femmes, ne saurait masquer le manque cruel de moyens dédiés.

Ainsi, l’unité médico-judiciaire (UMJ) de l’hôpital Jean-Verdier de Bondy, en charge notamment des femmes victimes de violences, manque de personnel, comme le rappelait récemment un article du Parisien. Alors même que le format actuel d’une seule et unique UMJ par département francilien est déjà bien insuffisant…

C’est pourquoi je suis mobilisée depuis plusieurs mois pour qu’une permanence de l’UMJ soit ouverte au sein de l’hôpital de Montfermeil, qui vient de mettre en place une unité d’accompagnement personnalisé pour les femmes enceintes vulnérables. Car pour être réellement efficace, la lutte contre les violences faites aux femmes doit en effet être accessible, au plus près des victimes. Tout doit être mis en oeuvre pour que des drames tels que l’assassinat d’Aminata Traoré en 2019 ne se reproduisent plus jamais.

(source : Le Parisien)

Pour réussir la vaccination !

Le Conseil départemental ne reste pas l’arme au pied face à la crise sanitaire malgré la pénurie de doses qui handicape lourdement la mise en œuvre de la vaccination. Bien au contraire.

Depuis le 16 février, un bus d’information parcourt la Seine-Saint-Denis afin de sensibiliser les habitant-es sur l’importance de se faire vacciner, de répondre aux questions et d’aider à la prise de rendez-vous. Du personnel de santé départemental est mobilisé ainsi que 40 ambassadrices et ambassadeurs volontaires, formés spécialement.

Dans notre canton, le bus sera à Clichy-sous-Bois mercredi 24 février, devant le magasin Leclerc, et à Tremblay mercredi 17 mars, cours de la République.

Comme le souligne mon collègue Pierre Laporte, vice-président chargé de la solidarité : « Nos habitants n’ont pas tous eu accès à la vaccination comme ils auraient dû. La fracture numérique touche un grand nombre de personnes en Seine-Saint-Denis. On ne peut pas demander à tout le monde d’aller sur Doctolib pour s’inscrire pour se faire vacciner. Il faut mettre en place des structures capables d’aller chercher les gens. Notre département a été particulière-ment touché lors de la première vague du virus. Il serait temps que le gouvernement s’en rende compte et fasse de la Seine-Saint-Denis une cible prioritaire pour la vaccination. »

Dans cette optique, le bus départemental pourrait être utilisé comme centre de vaccination mobile… si les moyens suffisants en termes de doses étaient enfin fournis !

Cette démarche d’aller vers les habitant-es anime également le tout nouveau centre de vaccination ouvert dans les locaux de la CPAM à Bobigny, en lien avec l’ARS et la préfecture. Alors que le dispositif du tout-internet a contribué à priver certains Séquano-Dionysiens de créneaux de vaccination, le centre de Bobigny démarche directement les personnes éligibles, notamment les personnes âgées précaires.

Deux dispositifs qui s’ajoutent aux centres de vaccination de Pierrefitte et Noisy-le-Grand, une solidarité dynamique et innovante pour surmonter la crise sanitaire !

« Séparatisme »… De quoi parle-t-on ?

L’Assemblée nationale a voté en première lecture le projet de loi contre le « séparatisme », renommé pour faire bonne mesure « pour le renforcement des principes républicains ».

Les terribles attaques terroristes qu’a connues notre pays, souvent motivées par une idéologie djihadiste qui vise les piliers-mêmes de notre vie démocratique, appellent à une réponse forte de la société française toute entière. A cet égard, les dispositions visant à protéger les agent-es du service public sont nécessaires.

Mais au-delà de ce que le projet de loi contient, c’est ce qu’il laisse délibérément de côté qui interroge.

Un combat sérieux contre le séparatisme devrait commencer par un virage à 180° par rapport aux décennies de politiques de démantèlement de la République dans des territoires entiers, au premier rang desquels la Seine-Saint-Denis. Car peut-on réellement se séparer de quelqu’un qui vous a abandonné ?

Quand dans les quartiers populaires, les territoires ruraux et péri-urbains, les services publics ferment tour à tour, où est concrètement la République ? Bureaux de poste, gares, centres de la Sécu, des impôts, agences EDF…la liste des abandons est plus longue que les 51 articles du projet de loi.

En Seine-Saint-Denis, le rapport Cornut-Gentile a illustré une partie des graves carences qui nient l’égalité républicaine dans notre département. Les promesses trahies, ainsi qu’une présence de l’État qui se limite de plus en plus à la répression (et non pas à la sécurité, qui est un droit auquel nous avons trop peu accès !) et à des discours moralisateurs ou discriminatoires, alimentent le terreau sur lequel peuvent prospérer les réseaux criminels, mais aussi les acteurs les plus obscurantistes et rétrogrades, y compris violents.

Comme l’affirme Philippe Rio, maire de Grigny : « Le séparatisme territorial est un terreau antirépublicain. »

D’autant que, alors même que les attaques fleurissent contre nos banlieues (aujourd’hui Trappes, hier Sevran, Saint-Denis, Clichy ou Montfermeil), bien peu s’émeuvent, au gouvernement ou dans les grands médias, du séparatisme en actes des grandes fortunes, dont la fortune explose mais qui refusent de participer à la solidarité nationale. Une réalité une nouvelle fois mise en lumière par les LuxLeaks.

Ces angles morts délibérés, ainsi que l’accent quasiment exclusivement mis sur la religion musulmane, aboutissent à une loi qui ouvre à toutes les manipulations et ne résolvent pas les problèmes de fond dont souffre notre société.