Enfin ! Cette semaine, énorme cadeau de Ladj Ly qui présentait « Les Misérables » aux habitants de Clichy-sous-Bois et de Montfermeil. J’avais vu et adoré le court-métrage -bluffant. J’étais donc très impatiente de voir le long métrage. Pas évident de passer du court au long sur un même sujet. Attente pas déçue, ce film est bouleversant. Et je n’ai toujours pas les mots pour le dire. J’ai été scotchée par le film, par sa maîtrise, par ses acteurs. Pas de doute, Ladj a très largement mérité le prix du Jury du Festival de Cannes et sa sélection aux Oscars où il représente la France. Encore bravo. Et j’y retourne le 20 novembre, sortie officielle.

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Ma permanence en mairie
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Dématérialisation : une entrave aux droits
Mercredi 9 octobre, à l’appel d’associations de solidarité et de syndicats, se tenait devant la préfecture de Bobigny un rassemblement pour revendiquer la dignité et le respect des droits des personnes étrangères. J’y suis intervenue au nom des élu-es communistes et citoyens du Conseil départemental pour y renouveler notre solidarité et notre engagement pour l’égalité de toutes et tous les Séquano-Dionysien-nes.
Avec la dématérialisation quasi-totale des démarches administratives (renouvellement de la carte de séjour, demandes de naturalisation…) il est devenu extrêmement compliqué, voire impossible d’obtenir un rendez-vous.
Une situation qui a des des conséquences directes et parfois graves sur les plans du travail, de la santé, du logement. Un constat partagé par le Défenseur des droits, qui dénonce une véritable entrave aux droits causée par la dématérialisation.
À l’heure où le gouvernement cherche à remettre l’immigration au centre du débat, de façon totalement biaisée, démagogique et irresponsable, comment ne pas considérer que la dématérialisation intégrale et les difficultés qui en découlent sont devenues un moyen détourné de gérer l’accès au séjour et de freiner l’accès des personnes étrangères aux services préfectoraux ?
Un moyen détourné qui amène au paradoxe suivant : ce sont les procédures établies par l’État et la préfecture eux-mêmes qui sont à l’origine d’un véritable trafic de rendez-vous et de racket des usagers étrangers.
En avril dernier, Marie-Georges Buffet, députée communiste de Seine-Saint-Denis, avait adressé une lettre au ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, pour alerter sur cette situation et demander les moyens humains supplémentaires indispensables pour y remédier.
Dans sa réponse, le ministre pointe des problèmes d’attaques informatiques par des robots logiciels et indique les mesures prises pour y mettre fin. Mais à aucun moment il n’évoque la possibilité d’augmenter les moyens humains de la préfecture, ce qui revient à laisser perdurer indéfiniment une situation dont l’État sait pourtant qu’elle est intenable.
De notre côté, les conseillères et conseillers départementaux communistes et citoyens, avons interpellé à plusieurs reprises les préfets successifs pour leur demander de mettre fin à cette rupture d’égalité.
Cet appel a été renouvelé en juillet dernier au nouveau préfet de la Seine-Saint-Denis, par mes collègues Pascale Labbé et Abdel Sadi, demandant des garanties quant au déploiement de moyens humains supplémentaires pour débloquer la situation, ainsi que des créneaux horaires additionnels. Là encore, cette demande au préfet demeure toujours sans réponse…

Education, autonomie et inclusion en séance du Conseil départemental
Profond recueillement hier en séance du Conseil départemental, lorsque toute notre assemblée s’est levée pour observer une minute de silence en mémoire de Christine Renon, directrice de l’école maternelle Méhul de Pantin qui a mis fin à ses jours, confrontée à un système qui broie les femmes et les hommes qui ont pourtant décidé de dédier leur vie à l’enseignement et aux nouvelles générations.
Dans mon intervention, j’ai rendu hommage à Christine Renon au nom du groupe Front de gauche, et réaffirmé notre soutien au rassemblement qui était organisé par l’intersyndicale devant la DSDEN de Bobigny, pour des conditions de travail dignes et humaines dans l’Éducation nationale.
L’adoption du Schéma départemental de l’autonomie et de l’inclusion était à l’ordre du jour, de même que l’éducation, avec le vote de la dotation de fonctionnement aux collèges de Seine-Saint-Denis. Grâce au travail des services départementaux, de grands progrès ont été effectués pour la transition écologique des établissements, qui permettent de réduire leur consommation énergétique.
Néanmoins, si notre collectivité a engagé un grand effort d’efficacité, nous ne tolérerons pas que la logique comptable imposée par la gouvernement impacte les conditions d’apprentissage des collégiens.
En ce sens, j’ai alerté sur le fait que plus d’un mois après la rentrée, des collégiens n’avaient toujours pas pu débuter les cours faute de place, et dénoncé la situation que connaissent nombre d’enfants handicapés et leurs accompagnants, confrontés à une rentrée anarchique, loin des promesses d' »éducation inclusive » du gouvernement.
Le schéma départemental de l’autonomie et de l’inclusion déterminera notre action pour les cinq années à venir, en apportant de nouvelles réponses au défi du vieillissement de la population, face à la perte d’autonomie.
Renforcement de l’inclusion dans la vie sociale, amélioration de l’accompagnement des personnes et du soutien à leurs proches aidants, développement résolu de l’habitat inclusif et développement et transformation de l’offre médico-sociale sont les quatre axes majeurs du schéma.
Adaptation de 3000 logements ; création de la carte Ikaria afin de faciliter l’accès à la culture, au sport et aux loisirs de tous les plus de 60 ans ; ou encore réduction des délais d’instruction des demandes sont quelques-unes des actions qui seront mises en œuvre pour concrétiser notre objectif d’une Seine-Saint-Denis accessible à toutes et tous.

Le médecin de ville et l’hôpital public : une même nécessité…
Hier soir à Montfermeil, des familles se sont retrouvées spontanément à 20 h devant le cabinet du Docteur Boudet pour un dernier hommage au praticien de notre ville, unanimement apprécié et reconnu, brutalement décédé. Un médecin de ville, un médecin de famille attentif, à l’écoute de ses patients, comme on les aime, et qui ne comptait pas son temps. Un de ceux pour qui l’humain est primordial… Parce que la médecine de ville est essentielle, comme l’hôpital, quand il s’agit de santé publique, je ne peux m’empêcher de faire le lien avec la lettre ouverte que 108 personnalités et représentants de patients publiée par Le Parisien aujourd’hui, exhortant Emmanuel Macron à « mettre en œuvre un plan d’urgence pour sauver l’hôpital public ».
Les signataires – parmi lesquels on retrouve Gilbert Montagné, Tahar Benjelloun ou encore le président de Médecins du monde, Jean-Philippe de Botton – pointent la contradiction entre les attentes de « plus de service public » clairement exprimées lors du « Grand débat national » et le manque de moyens de l’hôpital public, qui conduit à une dégradation terrible des conditions d’accueil, de soin et de travail. « On ne peut plus, vous ne pouvez plus attendre de nouveaux drames ».

Cette lettre ouverte est une nouvelle preuve du sentiment d’inquiétude de la société française pour sauver son système public de santé, quelques jours après qu’un sondage a démontré que neuf Français sur dix soutiennent la grève des services d’urgence.
Insuffisant pour ébranler le gouvernement et la majorité LREM, qui décident délibérément de rester sourds aux revendications du pays. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, présenté lundi, impose une nouvelle « économie » de 800 millions d’euros aux hôpitaux et cliniques. Un mauvais coup de plus….
Pour les syndicats APH et Jeunes médecins, « Alors que l’hôpital traverse une crise sans précédent de financement et de recrutement, le gouvernement accentue son asphyxie au mépris des principes fondateurs d’universalité de l’accès aux soins. C’est un acte de destruction massive engagé vis-à-vis de tous les citoyens et les professionnels du service public hospitalier ». Une destruction qui impactera encore plus fortement des départements tels que la Seine-Saint-Denis, comme alertaient les médecins de l’hôpital Robert-Ballanger.
A nous de poursuivre et d’amplifier la résistance.