La Fonction publique en grève pour l’intérêt général

Front syndical uni aujourd’hui à l’occasion de la journée de grève et de mobilisation de la fonction publique. Une unanimité rare qui montre bien le rejet massif du projet de loi prétendant « moderniser » le statut des fonctionnaires  ! Trop de pompiers, trop d’infirmières, trop d’enseignants ? Trop de fonctionnaires pour répondre aux besoins de ceux qui n’ont rien et dont le service public est la seule richesse ?

Dans un contexte où les services publics sont plus que jamais nécessaires pour répondre aux besoins de la population et assurer les droits sociaux sans discrimination territoriale ou de revenus, le gouvernement refuse de discuter et fait une fois encore le choix de s’entêter dans les dogmes néolibéraux les plus éculés.

Car au prétexte de rendre l’administration « plus attractive et plus réactive », le gouvernement prévoit de multiplier le recours aux contractuels, affaiblissant ainsi le statut de la fonction publique.

Cette réforme « va conduire à une privatisation de l’appareil d’État, à une captation de l’action publique par le privé et par la finance », comme le souligne l’ancien ministre communiste Anicet Le Pors « en cassant progressivement les sécurités garanties par le statut au profit de la précarité intrinsèque au modèle libéral ».

Dans l’Éducation nationale, la mobilisation d’aujourd’hui rejoint l’opposition grandissante à la loi Blanquer, également portée par les parents d’élèves et des élus, exprimée entre autres par la résolution que nous avons adoptée lors de la dernière séance du Conseil départemental, ou encore par la tribune de sept maires de Seine-Saint-Denis.

Dans la fonction publique hospitalière également, le mécontentement est fort, face au grave manque de moyens, qui impacte le service rendu aux usagers et les conditions de travail des personnels.

Lors de sa campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait déclaré vouloir supprimer 120 000 postes de fonctionnaires. Un « objectif » sur lequel il semble vaciller du fait du rapport de force. Ce qui doit nous encourager à poursuivre la mobilisation et montrer, comme l’affirme Anicet Le Pors, que « le statut général des fonctionnaires doit devenir la référence sociale pour tous, y compris dans le privé.  »

Etats généraux de la protection de l’enfance

Les Etats Généraux de la protection de l’enfance se sont déroulés aujourd’hui à Montreuil. Ce moment fort a permis aux acteurs de la protection de l’enfance – travailleurs sociaux, éducateurs, assistants familiaux, juges, médecins, … – de se rencontrer, d’échanger et de témoigner de leurs pratiques dans des environnements professionnels très différents.

C’est une première que notre groupe avait réclamé en amont du vote du schéma départemental de la protection de l’enfance : les professionnel.le.s, qui travaillent au quotidien auprès des enfants et de leurs familles, sont le mieux à même de faire entendre l’urgence des situations, des besoins et des moyens à mettre en œuvre pour la protection de l’enfance.

Jacques Toubon, Défenseur des Droits, le soulignait lors de son intervention ce matin : la Seine-Saint-Denis, a-t-il déclaré, est « extra-ordinaire à tous les sens du terme, toujours caractérisé par une politique innovante et volontariste, quelques soient ses difficultés, au service de l’intérêt supérieur de l’enfant. » Autrement dit, l’accès à tous les droits de l’enfant, au premier rang desquels la sécurité, l’éducation, la santé.

Le Département, dont c’est la compétence,  y consacrera cette année 273 M€ et va créer des postes dans le domaine de la prévention. 8700 enfants (dont de nombreux mineurs isolés étrangers) sont accueillis et hébergés dans différents types d’établissements et dans des familles d’accueil.

Mais en ce domaine, l’Etat manque encore à ses devoirs de solidarité et la question des moyens déployés reste centrale. Le gouvernement a nommé un secrétaire d’Etat à la protection de l’enfance et de l’adolescence, chargé d’élaborer un « Pacte pour l’enfance ». Il faudra qu’il tende l’oreille du côté de la Seine-Saint-Denis.

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Notre-Dame de Paris et Saint-Denis…

La semaine dernière, j’ai écrit à Monseigneur Delannoy, évêque de Saint-Denis, que j’avais eu le plaisir d’accueillir en février à Montfermeil lors du débat sur la laïcité, pour lui faire part de ma tristesse et de mon empathie.  Comme tout un chacun, j’ai tout d’abord été abasourdie puis atterrée et enfin profondément attristée devant ce qui paraissait impensable et auquel nous assistions impuissant.e.s  : la possible destruction par le feu de ce témoignage religieux et architectural de l’histoire de France et de l’histoire de Paris, que l’on pensait éternel.

Si le feu a failli avoir raison de Notre-Dame de Paris,  les plus grands dangers ont été écartés grâce au grand professionnalisme des pompiers de Paris. La Seine-Saint-Denis participera à l’effort de reconstruction au côté des autres départements d’Île-de-France, dans le cadre du Fonds de solidarité d’investissement interdépartemental que nous avons créé récemment.

Présidente de Seine-Saint-Denis Tourisme, j’ai également écrit un courrier  à  Jean-François Martins, adjoint à la Maire de Paris en charge du tourisme, des sports et des Jeux Olympiques et Paralympiques Paris 2024 , suite à son appel pour une alternative à la visite de Notre-Dame de Paris. Avec Françis Dubrac, président de l’Office de tourisme de Plaine-Commune, nous lui proposons de nous rencontrer dans les meilleurs délais  avec l’ensemble des acteurs du tourisme francilien afin de réfléchir ensemble aux moyens de mettre en valeur la basilique auprès des visiteurs français et étrangers.

En effet,  la basilique cathédrale de Saint-Denis constitue l’un des joyaux de l’art gothique. Avec ses 70 gisants, la nécropole royale porte le magnifique témoignage de l’histoire de France. Et le beau projet de reconstruction de la flèche de la basilique Saint-Denis, démontée par Viollet-le-Duc au XIXème siècle devrait démarrer bientôt. Certes, la basilique n’accueillera pas les quelque 13 millions de visiteurs annuels de Notre-Dame mais elle mérite une reconnaissance internationale, comme en témoigne un article du Washington Post.

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En séance du Conseil départemental : protection de l’enfance, écologie et tourisme

Séance particulièrement importante du Conseil départemental ce matin. Au programme : adoption du Schéma départemental de prévention et de protection de l’enfance, Chèque habitat écologique et citoyen, Stratégie vélo départementale en faveur d’un territoire 100% cyclable, Plan d’actions 2019-2021 pour l’égalité entre les femmes et les hommes, modification des statuts de Seine-Saint-Denis Tourisme, et vœux contre la privatisation d’ADP et la loi Blanquer.

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Deux heures de débat ce matin autour du Schéma de prévention et de protection de l’enfance en Seine-Saint-Denis. L’adoption de ce dernier, une obligation légale, arrive alors que notre département fait face à une augmentation constante du nombre de mineurs non accompagnés (MNA) et quelques mois après les appels d’urgence lancés par les juges du tribunal pour enfants de Bobigny et les professionnels de la protection de l’enfance. Une situation difficile et complexe à bien des égards qui touche également les services départementaux concernés, dont les personnels sont mobilisés.

« Feuille de route partenariale et évolutive », le schéma adopté doit donc être enrichi par les contributions des actrices et acteurs du secteur dans leur diversité, notamment lors des États généraux de la protection de l’enfance, que notre groupe réclamait, et qui se tiendront le 7 mai prochain à Bobigny.

Contribution à ce débat, le Département identifie 10 engagements, dont la création de places en accueil d’urgence, le développement de mesures alternatives visant à prévenir les placements, l’accompagnement des jeunes adultes par des « contrats jeunes majeurs », ou encore la création d’une pouponnière.

Extension du Chèque Habitat Ecologique et Citoyen : un  pas de plus vers l’égalité environnementale

Je suis intervenue pour souligner l’importance de l’extension du CHEC (dispositif innovant jusque-là dédié à l’habitat privé) aux bailleurs sociaux et aux associations loi 1901. Ceci permettra de procéder à des aménagements, à des créations de jardins partagés ou d’espaces ludiques, entre autres.

Ce dispositif est un nouvel exemple des outils d’écologie populaire que nous devons encourager. Car il est indispensable d’affronter d’un même mouvement l’urgence climatique et la crise économique et sociale qui affectent toujours les plus démunis, en Seine-Saint-Denis comme sur le reste de la planète. Un outil encore trop mal connu des Séquano-Dyonisien.n.e.s.

Tourisme et patrimoine

En fin de séance, à l’occasion du vote des nouveaux statuts de Seine-Saint-Denis Tourisme dont je suis présidente, je me suis arrêtée quelques instants sur l’effroyable catastrophe de ce lundi à Notre-Dame de Paris qui a atteint tout un chacun. Les plus grands dangers étant écartés, l’afflux des promesses de dons permet d’envisager l’avenir de Notre-Dame de Paris plus sereinement. J’ai souligné l’intérêt patrimonial et historique de la basilique cathédrale de Saint-Denis – berceau et joyau de l’art gothique, tombeau des rois de France. Avec ses 70 gisants, elle porte le magnifique témoignage de l’histoire de France comme une alternative touristique qu’il nous appartient de développer et de faire valoir auprès de nos partenaires parisiens et franciliens du tourisme. J’ai signé aujourd’hui même un courrier en ce sens à Jean-François Martins, adjoint à la Maire de Paris, en charge des sports, du tourisme et des Jeux Olympiques et Paralympiques Paris 2024.

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