Il y a 80 ans, le convoi N°1…

Ce dimanche 27 mars, j’étais au côté de nombreuses associations mémorielles et d’élu.e.s, pour rendre hommage aux 1112 juifs partis par le premier convoi de déportation de la gare de Drancy-Le Bourget vers Auschwitz . J’y ai pris la parole à l’invitation de l’Association Mémoire Fonds d’Auschwitz :

« Nous sommes aujourd’hui réunis pour nous souvenir ensemble du convoi N°1, premier convoi de déportation des juifs de France, organisé par Théodore Danneker, responsable des affaires juives de la Gestapo avec la complicité active de l’Etat français.  

Il y a 80 ans, 1 112 hommes sont partis le 27 mars de la gare de Drancy- Le Bourget pour être déportés à Auschwitz où ils arrivèrent 3 jours plus tard. 19 d’entre eux seulement en sont revenus.

Dès l’été 1941, la Cité de la Muette était devenue le maillon logistique central d’abord de l’internement, puis de la déportation des Juifs.

L’année 1942 fut le début de la déportation systématique, organisée et massive des Juifs de France, précédée par les rafles qui avaient démarré dès mai 1941 – d’abord des juifs étrangers – puis, à partir de décembre 1941, des juifs français. En 6 mois, entre mars et novembre 1942, c’est 43 convois qui partirent de France conduisant 42 000 juifs vers les camps d’extermination puis, jusqu’à l’été 1944, ce furent au total 76 000 juifs qui furent déportés de France. Seuls 2500 d’entre eux revinrent. 

Il aura fallu beaucoup de temps pour que la responsabilité de l’État français soit reconnue par le Président Chirac en 1995. 

Rappelons-nous du film d’Alain Resnais, Nuit et Brouillard, sorti en 1956 qui connut la censure d’Etat parce qu’on y voyait un gendarme français montant la garde d’un camp d’internement du Loiret, à Beaune la Rolande. 

De la même manière, 7 ans plus tard, en 1963, la très belle et émouvante chanson du même nom, écrite et chantée par Jean Ferrat, connut également la censure, avec ordre de ne pas la diffuser sur les ondes.  Jean Ferrat, né Jean Tenenbaum, dont le père immigré juif russe partit de Drancy pour ne pas revenir d’Auschiwtz.

Il faut du temps à la vérité pour qu’elle trace son sillon, que la réalité des choses soit énoncée et reconnue, pour qu’enfin l’Histoire puisse se faire jour.

Aujourd’hui, les passeurs de mémoire, celles et ceux qui sont revenus de l’horreur absolue, ont disparu à leur tour.

Aujourd’hui ne restent que les bâtiments, camps d’internements, gares de déportation, pour témoigner de ce que furent les derniers espoirs et le désespoir, la combativité aussi de ces milliers d’hommes, de femmes, d’enfants qui allaient être assassinés et disparaitre parce qu’ils étaient juifs. 

Ces témoins silencieux livrent parfois des secrets poignants, comme les graffitis découverts sur 76 carreaux de plâtre trouvés ici même à la Cité de la Muette lors de la rénovation des huisseries en 2009.

C’est pourquoi le Département, avec ses services du patrimoine contemporain et des archives prête une attention particulière au classement et à la conservation de ces bâtiments témoins ; à leur valorisation auprès du plus grand nombre et des jeunes en particulier, parce qu’après les témoignages directs des rescapés et la transmission de leur histoire, le devoir de mémoire demeure plus que jamais à l’ordre du jour. 

A cet égard, nous sommes attentifs aux travaux de restauration portés par Seine-Saint-Denis Habitat à la Cité de la Muette et je me réjouis de l’ouverture à venir de la gare de déportation de Bobigny, dont les travaux sont en cours d’achèvement, comme j’ai pu le constater vendredi dernier avec un certain nombre d’entre vous lors du comité de pilotage qui nous a réuni.  Donner de la dignité aux lieux pour rendre leur dignité aux femmes, aux enfants, aux hommes qui y ont été internés et en sont partis.

C’est le préalable indispensable au travail mémoriel, que nous menons au côté des associations, des villes, des collectivités, du Ministère de la Culture, de la DRAC et du Ministère des armées. Et bien sûr, avec Seine-Saint-Denis Tourisme, notre agence de développement touristique, qui joue un rôle important avec sa plateforme exploreparis pour faire connaître et valoriser ces lieux de mémoire auprès du grand public.

Nous avons enfin à cœur de travailler avec les jeunes, avec les collégien.e.s, « Pour qu’un jour les enfants sachent qui vous étiez » écrivait J. Ferrat, car ce devoir de mémoire et de compréhension de ce qui s’est joué il y a 80 ans est l’enjeu d’une terrible actualité, au regard de la banalisation de la haine raciste et antisémite. Le négationisme est toujours de mise, porté par un candidat à la Présidence de la République. En ces temps de crise, la transmission est indispensable pour combattre ces idées abjectes et assécher le terreau qui prospère sur la méconnaissance et la désespérance. 

Les parcours culturels que nous menons dans les 130 collèges du Département, le dispositif Agora dédié à la liberté d’expression et aux médias dans le cadre du dispositif d’éducation artistique et culturelle, ont vocation à permettre aux jeunes de se forger un esprit critique indispensable à la compréhension du monde.

Rendez-vous lundi 29 mars à 18h30 pour une présentation du budget participatif départemental !

Cher.e.s ami.e.s,

Vous voulez voir plus d’art dans la rue, améliorer la qualité d’un espace public ? Vous êtes attaché.e à la préservation de la biodiversité dans notre département ? Vous avez d’autres idées, des envies ?

Le Conseil départemental a adopté son premier budget participatif à hauteur de 125 000 € par canton, soit 2,6 M€ pour l’ensemble du territoire.

En famille, avec des am.i.e.s, seul.e ou avec une association, participez et proposez un projet d’investissement dans tous les domaines de compétence du Département.

Je souhaite vous informer du contenu et du calendrier de ce nouveau dispositif de participation citoyenne. Les services du Département seront ensuite à votre disposition pour vous aider à réaliser vos dossiers, qui devront être déposés avant le 15 mai.

Je vous donne rendez-vous lundi 29 mars, à 18h30, au Forum Léopold Sedar Senghor de Montfermeil, au 61 Bd Bargue, (Entrée du parking rue Paul de Kock).

En espérant avoir le plaisir de vous y retrouver !

Nouveau vendredi noir pour les transports en commun

Quand on veut tuer son chien, on l’accuse de la rage. Et quand on entend privatiser les transports publics, on met sur le compte des salariés les trop nombreux dysfonctionnements des bus, des trains, des métros, les matériels obsolètes. Cette semaine encore, combien de pannes lourdes du T4, du RER B ? Nul ne niera que les transports publics fonctionnent mal, épuisent et exaspèrent les usager.e.s, en droit d’attendre un service public de qualité.

La grève d’aujourd’hui dans les bus, trams et métros fait suite à la forte mobilisation du 18 février dernier, restée sans réponse satisfaisante de la direction. Mêmes mots d’ordre : augmentation des salaires et abandon du projet de mise en concurrence de nos transports en commun, vu les impacts nocifs pour les usager.e.s.et les conditions de travail des salarié.e.s.

Alors même que les indicateurs économiques et financiers de la RATP sont au vert, les agents.es n’acceptent pas que leur pouvoir d’achat, lui, soit dans le rouge, dans le contexte inflationniste actuel.

Plus encore, la mise en concurrence annoncée par Valérie Pecresse s’inscrit à contre-courant de l’urgence climatique et sociale, bien loin de toute logique d’intérêt général.

Contrairement aux arguments avancés, l’ouverture au privé des réseaux de transport n’est ni un gage d’amélioration de service, ni d’une baisse des coûts, comme en témoignent les expérimentations menées chez nos voisins européens.

La défense de solutions publiques de mobilité dans les meilleures conditions possibles est nécessaire, à l’heure où les prix du carburant battent des records inédits, spécifiquement en Île-de-France. Depuis 2017, les taxes y sont plus élevées, pour être réaffectées aux services de transports. L’objectif est donc clair : les contribuables paient pour un service public qui sera bradé au secteur privé, au profit des actionnaires, et au détriment de toutes et tous.

Je renouvelle tout mon soutien aux grévistes, qui luttent pour la défense de nos biens communs !


LP/Delphine Goldsztejn

21 mars, Journée internationale pour l’élimination de la haine raciale

Le chemin reste long pour l’abolition totale des discrimination raciales et ethniques qui se manifestent chaque jour dans le monde à l’encontre de millions de personnes.

A l’inverse, les inégalités raciales sont en pleine recrudescence sur le territoire : les actes à caractère raciste, xénophobe et antireligieux signalés aux forces de l’ordre ont augmenté en France de 13% en 2021 par rapport à 2019.

Même constat à l’échelle séquano-dyonisienne après le sondage Harris Interactive commandé par le Département en novembre dernier :

  • 46% des habitants interrogés jugent que les discriminations ont augmenté en Seine-Saint-Denis durant ces cinq dernières années, contre 5% qui estiment qu’elles ont diminué ;
  • 84% des Séquano-Dionysiens âgés de 18 à 24 ans déclarent avoir été victimes de discriminations durant les cinq dernières années, dont neuf sur dix en raison de leur couleur de peau, de leur religion ou de leur quartier d’habitation.

Alors, plus que jamais, nous nous engageons à lutter contre ces discriminations, particulièrement fortes sur notre territoire, pour construire ensemble une société de demain plus égalitaire et tolérante !


Commémorer le passé pour mieux comprendre le présent

Rendez-vous le 19 mars 2022 à 16h00

L’année 2022 marque les 60 ans de l’indépendance de l’Algérie, mettant un terme à 132 ans d’occupation coloniale par l’État français. Pour éclairer cet événement ayant marqué durablement notre histoire et celle de notre territoire, le Département de la Seine-Saint-Denis organise une série d’événements pour comprendre les grands moments du processus d’indépendance.

Le 8 janvier 1961, l’autodétermination de l’Algérie est plébiscitée à 75 % par les Français lors d’un référendum et ouvre la voie à la reprise des négociations pour l’indépendance de l’Algérie.

Signés le 18 mars 1962, ces accords prévoient officiellement le début du processus de sortie de guerre, notamment par la proclamation d’un cessez-le-feu dont l’application est fixée au 19 mars.

Cette date reste pourtant contestée comme fin effective de la guerre d’Algérie, car s’ouvre alors une période transitoire, au cours de laquelle de nombreuses violences continuent d’être commises sur les civils. Si cet épisode a marqué durablement les mémoires françaises et algériennes, il reste, malgré son importance, encore trop méconnu du grand public.

Aussi, nous vous donnons rendez-vous pour un colloque autour des Accords d’Evian, le samedi 19 mars, à 16h00, en salle des séances de l’Hôtel de Département, à Bobigny.

Nous aurons le plaisir d’accueillir :

  • Gilles Manceron, historien, spécialiste de la colonisation française
  • Aissa Kadri, professeur honoraire des universités, ancien Directeur de l’Institut Maghreb Europe Paris 8

En espérant vous y trouver nombreuses et nombreux !

Tout au long de l’année, le Département lance un appel à témoignages auprès de l’ensemble des habitants et des habitantes du département.

Envoyez-nous vos témoignages ou laissez-nous un message avec vos coordonnées à l’adresse suivante : histoirememoire-archives@seinesaintdenis.fr

Pour retrouver toutes les informations, n’hésitez pas à consulter notre page dédiée.