La laïcité, pour « faire humanité »

Pari tenu pour cette première Rencontre de Montfermeil consacrée à la laïcité que j’organisais hier soir.

Une salle comble – cent vingt participants  et un auditoire extrêmement attentif qui aurait aimé prolonger encore un débat passionnant -, témoigne de l’intérêt porté à la laïcité, comme le montre le sondage réalisé par l’Observatoire de la laïcité : 70 % des Français se déclarent attachés à ce principe fondamental de la République.

Jean-Louis Bianco, Président de l’observatoire de la laïcité et ancien ministre, Pierre Dharréville, député et Jean-Pierre Scot, historien ont apporté chacun un éclairage particulier à la fois concret et riche en références théoriques et historiques sur la laïcité. Mgr Delannoy, évêque de Saint-Denis, et M. Bajrafil, imam et théologien musulman ont abordé avec clarté le rapport entre religion et laïcité.

Enfin, la présence appréciée des représentants des différents cultes de Montfermeil : le Père Daniel, l’imam Mohamed, le pasteur Nazaire et le représentant du Père Yacoub pour l’église orthodoxe syriaque, qui ne pouvait être présent.

Au même moment, des dizaines de milliers de citoyens se rassemblaient à Paris et dans de nombreuses villes de France pour dire non à la banalisation de la haine et à la recrudescence des actes antisémites.

Autant dire que la laïcité, qui garantit à chacune et à chacun la liberté de conscience et l’égalité des droits, est pleinement d’actualité, trop souvent portée sur le devant de la scène politique et médiatique avec des arrières pensées politiciennes qui visent à l’instrumentaliser.

Un beau moment de dialogue, serein et respectueux, expurgé des fausses vérités qui dénaturent la laïcité et lui font parfois dire le contraire de ce qu’elle est.

SALLE

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Brefs extraits… (merci à J-R Kechaou@jiairk)

Jean-Louis Bianco : 3 piliers définissent la laïcité 1. Liberté de croire ou pas 2. Neutralité religieuse de l’Etat qui ne s’applique qu’aux agents publics et pas aux usagers 3. La citoyenneté : nous sommes différents. C’est une source de richesse si elles s’intègrent dans notre citoyenneté.

Pierre Dharréville : Les défis contemporains de la laïcité: mener bataille contre ceux qui veulent imposer leur point de vue. L’intégrisme est un projet politique.On ne peut l’accepter.

Jean-Paul Scot: La laïcité est un principe républicain, ce n’est pas une philosophie (…) La loi permet une émancipation de l’Etat mais aussi de toutes les religions qui doivent admettre que les citoyens ne peuvent être soumis à leurs dogmes par la loi.

Mgr Delannoy : « En 2019, la laïcité est un encouragement au dialogue. Cela nous amène à échanger, à nous rencontrer afin de nous enrichir mutuellement. On vit la laïcité de manière sereine. »

Mohamed Bajrafil : « La masse de la population n’a pas de problème avec l’islam. Des gens qui ont des ambitions peu dignes trouvent une possibilité de se refaire une santé politique en pointant du doigt 5 à 6 millions de personnes. « 

La laïcité, un principe partagé mais toujours à défendre

Le mois dernier, l’Observatoire de la laïcité publiait « État des lieux de la laïcité en France » une étude sur la perception de la laïcité par l’opinion publique française.

Premier constat, la laïcité est un principe qui rassemble la grande majorité de nos concitoyens : pour 69%, elle représente un « principe républicain essentiel ». Plus encore, 73% se déclarent attachés à la laïcité telle que définie par la loi.

Néanmoins, malgré ce « consensus républicain » des défis importants sont posés à la laïcité dans son application concrète. Des écarts significatifs se manifestent en effet entre les générations, les plus âgés étant plus attachés que les plus jeunes à la laïcité (85% des plus de 65 ans contre 71% des 18-24), mais aussi entre et les catégories socio-professionnelles (86% des cadres et professions intellectuelles supérieures, contre 59% des ouvriers).

Plus inquiétant, dans sa pratique quotidienne, la laïcité est davantage perçue comme étant un facteur de division que de rassemblement (37% contre 18%). Principales causes pointées par les sondés, l’instrumentalisation de ce principe par des personnalités politiques et le fait que l’on ne parle de celui-ci qu’à travers des polémiques.

Alors que de profondes incompréhensions persistent autour de la laïcité et que le bien-vivre ensemble est menacé par la hausse des actes antisémites, islamophobes et racistes, échanger, expliquer, débattre autour de cette clef de voûte de la société française est indispensable.

C’est l’objectif de la rencontre-débat dont je suis à l’initiative, qui se tiendra demain, mardi 19 février à Montfermeil, avec des intervenants de qualité, spécialistes de cette question. Je vous invite donc à y participer.

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En séance du conseil départemental : faire face à l’urgence climatique ; développer l’accès aux pratiques artistiques. C’est la Seine-Saint-Denis engagée pour l’égalité !

Alors que les jeunes manifestaient ce vendredi autour du slogan international  « Friday for future », nous avons  adopté ce jeudi en séance les Engagements pour l’égalité environnementale face à l’urgence climatique : 40 actions concrètes, dont 10 priorités, parmi lesquelles l’accompagnement de 20 000 ménages en situation de précarité énergétique dans la diminution de leur consommation d’eau et d’énergie ; la mise à disposition 10 hectares de terrains départementaux pour des projets d’agriculture urbaine dans un objectif de reconstitution d’une filière agricole en Seine-Saint-Denis ; la création de 35 hectares supplémentaires d’espaces verts, par l’agrandissement de parcs ou encore l’équipement de 100 % des sites départementaux de garages à vélo d’ici 2020, et de 100 % des voies départementales de pistes cyclables d’ici 2024. Une nouvelle étape de la politique départementale  pour une écologie populaire. « Écologie populaire » : deux termes indissociablement liés car nous sommes convaincus qu’il est indispensable d’affronter d’un même mouvement l’urgence climatique et la crise économique et sociale, qui affectent en premier lieu les plus modestes, de la Seine-Saint-Denis à la planète.

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Tout le contraire donc de la politique mise en œuvre par le gouvernement Macron, qui, avec la « taxe carbone », a voulu faire payer aux travailleurs, aux chômeurs et aux précaires les cadeaux fiscaux faits aux plus riches et aux grandes entreprises, premiers responsables des émissions de gaz à effet de serre dans notre pays. Avec les résultats que l’on sait depuis trois mois…

Face à un gouvernement qui abandonne ses ambitions environnementales, ce sont donc les collectivités territoriales qui se mettent au premier rang de la lutte contre le réchauffement climatique en dépit des contraintes financières qui pèsent sur elles.

 

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Cette séance a également été l’occasion d’adopter la refonte du schéma départemental des enseignements artistiques, pièce essentielle de la politique culturelle de notre collectivité, pionnière en la matière grâce à l’action de long terme des élu-es communistes. Soutenir les pratiques amateur et élargir nos politiques à de nouveaux domaines, tels les arts plastiques et visuels et les arts du cirque, pour permettre aux habitant-es d’être toujours plus et mieux acteurs de leurs vies.

Nous visons en effet trois grands objectifs : cultiver l’inclusion en reconnaissant la diversité des pratiques amateurs ; cultiver l’émancipation en accompagnant l’autonomie des habitant-es dans la diversité de leur parcours et cultiver la coopération territoriale pour favoriser le partage des ressources, dans un contexte de difficultés financières.

Dans tous les domaines,  l’égalité est au coeur de nos choix !

Que vaut la parole des citoyens et des élu.es pour le gouvernement ?

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La séance du Conseil départemental qui s’est tenue aujourd’hui a une nouvelle fois été l’occasion de revendiquer l’égalité pour la Seine-Saint-Denis, une semaine à peine après que le Premier ministre Édouard Philippe ait assuré devant l’Assemblée nationale vouloir adapter l’action de l’État aux enjeux de notre territoire.

Dernier épisode en date dans une liste déjà bien trop longue, la volonté de passage en force pour la construction du Charles De Gaulle Express, projet de ligne privée financée avec de l’argent public à hauteur de 1,7 Mrds d’€, utilisant les voies du RER B (sans doute pas assez saturé) et reliant directement l’aéroport à la gare de l’Est pour la modique somme de 29 € le trajet. Rien à voir donc avec les transports du quotidien dont les habitants du territoire ont besoin. Je suis intervenue pour dénoncer ce nouveau symbole de la crise démocratique que vit notre pays, qui s’ajoute à la crise économique et sociale.

En effet, trois jours après la fin de la « concertation » avec les élus et les associations, alors que le Préfet de Région n’avait pas encore rendu son rapport, les engins étaient déjà positionnés pour commencer les travaux. Depuis, la Ministre a signé la concession, et chaque matin à 7 h, élus et citoyens occupent le lieu. Et depuis 2 jours, ils ont affaire aux CRS ! Tout cela alors même que les présidents des Conseils départementaux de la Seine-Saint-Denis, du Val-deMarne, du Val-d’Oise et de Seine-et-Marne, la maire de Paris et le Conseil d’administration d’Ile-de-France Mobilités, ont tous exprimé leur rejet de ce projet !

Que vaut donc la parole des citoyens et des élu-es pour le gouvernement ?

Outre le débat en séance, notre groupe a manifesté son soutien à celles et ceux qui refusent cet insupportable diktat qui va à l’encontre des besoins des usagers du RER B. Si le gouvernement est prêt à mettre 1,7 milliards d’euros dans une ligne privée, pourquoi ne pas investir ces fonds dans des transports du quotidien, publics et ouverts à tous, tels la rénovation du RER b et les lignes 16 et 17 du Grand Paris Express ?

 

Rencontre-débat sur la laïcité mardi 19 février à 18h30 à Montfermeil

Principe fondamental de notre République et de la vie en commun, la laïcité garantit à chacun la liberté de conscience et le libre exercice des cultes. Dans l’éducation, l’administration, au travail, à l’hôpital…partout dans l’espace public, la laïcité interroge.

Parlons-en ! J’ai le plaisir de vous inviter à une rencontre-débat ouverte à toutes et tous, afin d’échanger sur ce qu’est la laïcité, ses applications concrètes dans notre vie quotidienne, de discuter ensemble de son actualité et de son avenir. Et, pour éclairer ce débat, des intervenants de haut niveau. Capture d’écran 2019-02-08 à 18.35.13