Bee api ! Faîtes le b(u)zzzzz

16h55, hier. J’arrive au collège Jean-Jaurès pour découvrir le projet « Bee Api » mis en oeuvre  par la classe Ulis, qui offre à des élèves souffrant de handicaps des enseignements adaptés en milieu scolaire ordinaire… Imène et ses camarades, vêtus d’un T-shirt aux couleurs du projet, qu’ils ont conçu, sont impatients de partager leur passion et leur savoir. La salle de classe bourdonne comme… une ruche. Pas moins de 30 panneaux sur les abeilles, leur vie, leur oeuvre et deux ruches de démonstration réalisés par les élèves avec leurs enseignantes de techno et de SVT,  Mme D’Hont et Mme Arreguy, et par M. de Grakovac, coordinateur de la classe. Après une vidéo présentant le projet, nous découvrons la ruche du collège gérée avec une apicultrice, sur une terrasse accessible et sécurisée. Un projet pédagogique qui s’appuie sur l’éducation à l’environnement et à la biodiversité, financé par le Projet Educatif Départemental mis en oeuvre par le Département. La première récolte de miel est annoncée ! Bee api, soyons heureux.

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Interviewée par Le Figaro…

Une journaliste du Figaro m’a appelée aujourd’hui, voulant savoir pour quelles raisons je m’étais insurgée sur mon blog du terme de « victime de l’islamisme » qui sera gravé sur la plaque commémorative de la place Jean-Mermoz bientôt rebaptisée au nom et en mémoire du Colonel Beltrame. Je me demande encore comment elle est arrivée jusqu’à mon blog…

Je lui ai demandé si elle-même ne s’interrogeait pas sur le fait que seuls deux maires – celui de Béziers et celui de Montfermeil – avaient fait apposer cette mention alors que partout en France et quelque soit la couleur politique de la municipalité, des rues, des places, des équipements vont porter le nom de cet homme d’honneur.

Rendre hommage à un héros est une chose, l’instrumentaliser au nom d’une croisade personnelle en est une autre, surtout de la part du premier magistrat d’une ville.

Mais vous ne reniez pas ce terme de « terrorisme islamiste » ? a-t-elle insisté. Non, je ne le renie pas. Depuis 2015, en France, et bien avant, notamment dans des pays dont on ne se soucie guère, de trop nombreuses victimes innocentes sont tombées. Mais l’amalgame entre musulmans et islamistes, ce petit tour de passe-passe politicien, pointe du doigt une part de nos concitoyens, au risque de les soumettre à la vindicte populiste. Et dans notre République laïque, c’est inacceptable. La séparation des Eglises et de l’Etat a été tranchée en 1905, laissant chacun libre d’exercer son culte ou d’être athée.

Instrumentalisation, croisade ? s’est à nouveau étonnée la journaliste. J’ai répondu justice et accès à l’école publique. J’ai du lui rappeler avec quelle conviction le maire a fait fermer la mosquée l’an dernier, après avoir remis en selle un procès qui durait depuis plus de 5 ans et alors que les travaux de mise en conformité demandés avaient été effectués. Il a fallu les interventions du Préfet – et jusqu’au Président de la République, François Hollande – pour que la mosquée soit ré-ouverte à la veille du Ramadam. Et que dire des enfants de Montfermeil dont les parents n’arrivent pas à les inscrire à l’école, sous différents prétextes – étrangers, hébergés… je l’ai informée que chaque année, ils sont trop nombreux dans ce cas et que je m’emploie avec ténacité à alerter Préfet et services de l’Education nationale jusqu’à ce qu’ils puissent enfin rentrer à l’école. Cela peut prendre des mois, alors que l’école de la République est obligatoire.

Enfin, me référant à une interview du maire dans Le Figaro consacré à la banlieue, où il argue que le problème des banlieues est « culturel » et que la politique d’égalité et du droit à la différence est une erreur, j’ai jugé utile de décrypter. Quand Xavier Lemoine dit « culturel », il pense « cultuel ». Dans l’attente de lire Le Figaro…

Education en Seine-Saint-Denis : la part du pauvre

J’ai accompagné une délégation de parents d’élèves FCPE du collège Jean-Jaurès de Montfermeil à l’Inspection académique jeudi 24 mai. Après avoir fait signer une pétition à un grand nombre de parents pour le maintien du 3ème poste de Conseiller principal d’éducation, la FCPE avait demandé audience à l’Inspection académique. Au final, nous avons appris que la décision était déjà prise, le poste « fermé » et qu’il ne serait pas renouvelé à la rentrée scolaire 2018-2019, alors que les effectifs du collège augmentent régulièrement. Un poste de CPE stagiaire pourrait éventuellement être affecté au collège – mais qui dit stagiaire dit formation. C’est donc un nouveau désengagement de l’Etat qui aura un impact bien réel sur la qualité de la vie au collège, au prétexte qu’il faut une « organisation rigoureuse des moyens publics » et « une équité comptable ». Mais l’équité n’est pas l’égalité : il y a moins de fonctionnaires en Seine-Saint-Denis que dans le reste de la France, moins d’enseignants, moins de médecins scolaires, pour ne parler que d’éducation, comme le relève le rapport parlementaire d’évaluation de l’action de l’Etat dans notre département, qui dénonce une rupture de l’égalité républicaine. « Le moins bien doté des établissements parisiens est mieux doté que le mieux doté des établissements de Seine-Saint-Denis» selon le sociologue Benjamin Moignard, qui rappelle l’importance de la qualité du climat scolaire pour la réussite de tous les élèves. Un CPE était dédié aux collégiens entrant en 6ème à Jean-Jaurès. S’en est donc fini. Je le regrette avec d’autant plus d’amertume que l’éducation conditionne l’avenir de nos jeunes. Nous le savons bien au Département, où nous consacrons d’importants moyens budgétaires au service de leur réussite.Capture d_écran 2018-03-23 à 17.43.43

L’instrumentalisation de la mort d’un héros

Hier soir,  les élus du Front de Gauche ont quitté la séance du Conseil municipal pour protester contre l’instrumentalisation de la mémoire du Colonel Beltrame, un homme d’exception. La plaque mémorielle ou sera inscrit son nom portera en effet  l’inscription « victime du terrorisme islamique ». (cf communiqué ci-dessous). Sans conteste, le colonel Beltrame a mérité l’hommage de la nation. Je salue son humanisme, son sens du devoir et son sacrifice. Que notre ville honore sa mémoire en lui consacrant un espace public reçoit mon entière approbation. Mais avec cette inscription honteuse, le maire enrôle le colonel Beltrame dans sa croisade anti-islam et jette l’opprobre sur tous nos concitoyens de confession musulmane, favorisant la division plutôt que le rassemblement. Cette instrumentalisation de la mort héroïque d’un homme d’honneur pour attiser les braises de la haine à des fins politiciennes n’est vraiment pas la conception que je me fais du rôle d’un premier magistrat.

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