Le Département reconnu expert contre les violences faites aux femmes

Le Conseil départemental de Seine-Saint-Denis a été reconnu expert dans la lutte contre les violences faites aux femmes, au plan national et international, pour la « mise en place de dispositifs de prévention et de protection ».

Cette reconnaissance du travail pionnier mené par le Département, avec la création en 2002 du premier Observatoire des violences faites aux femmes, ne saurait masquer le manque cruel de moyens dédiés.

Ainsi, l’unité médico-judiciaire (UMJ) de l’hôpital Jean-Verdier de Bondy, en charge notamment des femmes victimes de violences, manque de personnel, comme le rappelait récemment un article du Parisien. Alors même que le format actuel d’une seule et unique UMJ par département francilien est déjà bien insuffisant…

C’est pourquoi je suis mobilisée depuis plusieurs mois pour qu’une permanence de l’UMJ soit ouverte au sein de l’hôpital de Montfermeil, qui vient de mettre en place une unité d’accompagnement personnalisé pour les femmes enceintes vulnérables. Car pour être réellement efficace, la lutte contre les violences faites aux femmes doit en effet être accessible, au plus près des victimes. Tout doit être mis en oeuvre pour que des drames tels que l’assassinat d’Aminata Traoré en 2019 ne se reproduisent plus jamais.

(source : Le Parisien)

Pour réussir la vaccination !

Le Conseil départemental ne reste pas l’arme au pied face à la crise sanitaire malgré la pénurie de doses qui handicape lourdement la mise en œuvre de la vaccination. Bien au contraire.

Depuis le 16 février, un bus d’information parcourt la Seine-Saint-Denis afin de sensibiliser les habitant-es sur l’importance de se faire vacciner, de répondre aux questions et d’aider à la prise de rendez-vous. Du personnel de santé départemental est mobilisé ainsi que 40 ambassadrices et ambassadeurs volontaires, formés spécialement.

Dans notre canton, le bus sera à Clichy-sous-Bois mercredi 24 février, devant le magasin Leclerc, et à Tremblay mercredi 17 mars, cours de la République.

Comme le souligne mon collègue Pierre Laporte, vice-président chargé de la solidarité : « Nos habitants n’ont pas tous eu accès à la vaccination comme ils auraient dû. La fracture numérique touche un grand nombre de personnes en Seine-Saint-Denis. On ne peut pas demander à tout le monde d’aller sur Doctolib pour s’inscrire pour se faire vacciner. Il faut mettre en place des structures capables d’aller chercher les gens. Notre département a été particulière-ment touché lors de la première vague du virus. Il serait temps que le gouvernement s’en rende compte et fasse de la Seine-Saint-Denis une cible prioritaire pour la vaccination. »

Dans cette optique, le bus départemental pourrait être utilisé comme centre de vaccination mobile… si les moyens suffisants en termes de doses étaient enfin fournis !

Cette démarche d’aller vers les habitant-es anime également le tout nouveau centre de vaccination ouvert dans les locaux de la CPAM à Bobigny, en lien avec l’ARS et la préfecture. Alors que le dispositif du tout-internet a contribué à priver certains Séquano-Dionysiens de créneaux de vaccination, le centre de Bobigny démarche directement les personnes éligibles, notamment les personnes âgées précaires.

Deux dispositifs qui s’ajoutent aux centres de vaccination de Pierrefitte et Noisy-le-Grand, une solidarité dynamique et innovante pour surmonter la crise sanitaire !

« Séparatisme »… De quoi parle-t-on ?

L’Assemblée nationale a voté en première lecture le projet de loi contre le « séparatisme », renommé pour faire bonne mesure « pour le renforcement des principes républicains ».

Les terribles attaques terroristes qu’a connues notre pays, souvent motivées par une idéologie djihadiste qui vise les piliers-mêmes de notre vie démocratique, appellent à une réponse forte de la société française toute entière. A cet égard, les dispositions visant à protéger les agent-es du service public sont nécessaires.

Mais au-delà de ce que le projet de loi contient, c’est ce qu’il laisse délibérément de côté qui interroge.

Un combat sérieux contre le séparatisme devrait commencer par un virage à 180° par rapport aux décennies de politiques de démantèlement de la République dans des territoires entiers, au premier rang desquels la Seine-Saint-Denis. Car peut-on réellement se séparer de quelqu’un qui vous a abandonné ?

Quand dans les quartiers populaires, les territoires ruraux et péri-urbains, les services publics ferment tour à tour, où est concrètement la République ? Bureaux de poste, gares, centres de la Sécu, des impôts, agences EDF…la liste des abandons est plus longue que les 51 articles du projet de loi.

En Seine-Saint-Denis, le rapport Cornut-Gentile a illustré une partie des graves carences qui nient l’égalité républicaine dans notre département. Les promesses trahies, ainsi qu’une présence de l’État qui se limite de plus en plus à la répression (et non pas à la sécurité, qui est un droit auquel nous avons trop peu accès !) et à des discours moralisateurs ou discriminatoires, alimentent le terreau sur lequel peuvent prospérer les réseaux criminels, mais aussi les acteurs les plus obscurantistes et rétrogrades, y compris violents.

Comme l’affirme Philippe Rio, maire de Grigny : « Le séparatisme territorial est un terreau antirépublicain. »

D’autant que, alors même que les attaques fleurissent contre nos banlieues (aujourd’hui Trappes, hier Sevran, Saint-Denis, Clichy ou Montfermeil), bien peu s’émeuvent, au gouvernement ou dans les grands médias, du séparatisme en actes des grandes fortunes, dont la fortune explose mais qui refusent de participer à la solidarité nationale. Une réalité une nouvelle fois mise en lumière par les LuxLeaks.

Ces angles morts délibérés, ainsi que l’accent quasiment exclusivement mis sur la religion musulmane, aboutissent à une loi qui ouvre à toutes les manipulations et ne résolvent pas les problèmes de fond dont souffre notre société.

Métro Charonne : une mémoire vive, un combat actuel

Ce dimanche matin, j’étais au côté des militant-es communistes de Montfermeil réunis devant la tombe de Fanny Dewerpe, jeune secrétaire-dactylographe de 32 assassinée au métro Charonne le 8 février 1962, tombée avec 8 autres victimes sous les coups de la répression d’une manifestation pour exiger la paix en Algérie et la fin du terrorisme de l’OAS.

Fanny Dewerpe repose au cimetière de Montfermeil et, comme chaque année, nous avons honoré sa mémoire et rendu hommage à toutes celles et ceux qui ont lutté pour la libération de l’Algérie et l’amitié entre les peuples algérien et français, souvent au prix de leur vie.

Ce combat pour la justice historique est loin d’être fini en France : comme l’a rappelé Pierre Girault, la vandalisation, fin janvier, des plaques rendant hommage à Maurice et Josette Audin à Bagnolet, montre que la haine coloniale et raciste n’est pas éteinte. Et combien de responsables politiques, à droite notamment, continuent-ils à affirmer le « rôle positif » de la colonisation ou à honorer des militaires tortionnaires ou putschistes dans leurs villes ?

Des pas ont été faits dans le bon sens ces dernières années : reconnaissance par Emmanuel Macron de la colonisation en Algérie comme « crime contre l’humanité », puis de la responsabilité de l’État dans l’assassinat du jeune mathématicien Maurice Audin par l’armée française à Alger en 1957 ; commande du rapport sur les « mémoires de la colonisation et de la guerre d’Algérie » à l’historien Benjamin Stora.

Mais le chemin est encore long pour que la société française se débarrasse de l’héritage colonial et pour construire une vraie culture de paix et d’amitié entre nos peuples, si intimement liés.

Un grand travail est ainsi à mener sur le plan éducatif, mais aussi symbolique. En commençant par exemple par reconnaître officiellement le 17 octobre 1961 et le 8 février 1962 comme des crimes d’État.

Les obsèques de Fanny Dewerpe à Montfermeil (1962)

Lycée agricole : les élu-es régionaux de gauche interpellent le ministre

Les élu-es de gauche et écologistes au Conseil régional d’Île-de-France ont interpellé début février le ministre de l’Agriculture et de l’alimentation, Julien Denormandie, afin de rappeler la grande perte que constitue la fermeture du LPE-Fénelon, et le besoin de soutenir le projet d’ouverture de nouvel établissement porté par les équipes enseignantes.

Un projet que je soutiens activement au Conseil départemental, mais qui n’a malheureusement pour réponse que le silence de la part de la présidence actuelle du Conseil régional…