« Vous avez pu compter sur nous, pourrons-nous compter sur vous ? »

Aujourd’hui, journée nationale d’action des personnels de santé : l’annonce d’un « Ségur de la santé » sans moyens financiers ne calmera pas les infirmier.e.s, les médecins hospitaliers, les urgentistes, les aides-soignant.e.s qui depuis trop longtemps réclament des moyens pour le service public de santé,  garant d’un accès aux soins à la mesure des besoins de chacun et égal pour toutes et tous.

Ce matin, à l’hôpital de Montfermeil,  un beau rassemblement a réuni professionnels de santé, usagers, militants syndicaux, associatifs et politiques pour la revalorisation des salaires, le recrutement d’emplois supplémentaires dans les hôpitaux et les EPHAD, la fin des fermetures de lits et de services prévus par le Gouvernement. J’étais à leur côté, de même que les élu.e.s de Montfermeil autrement.

Cet après-midi, syndicats, collectifs de professionnels et d’usagers appellent à manifester  avenue de Ségur. Car la santé n’est pas une marchandise. Les soignants ont fait face à la crise sanitaire avec courage et abnégation, travaillé sans relâche dans des conditions effroyables, et parfois au prix de leur vie : ils ont du faire face à la pénurie de lits, de personnels et de moyens. La remise de médailles ou de chèques-vacances est un affront cynique. La réponse doit être à la hauteur des besoins et des attentes.

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Pour Adama, George et tous les autres…

Partout dans le monde, une mobilisation encore jamais vue se poursuit pour mettre fin au racisme et aux violences policières. L’étincelle aura été l’assassinat de George Floyd, mais la contestation a des racines profondes, qui expliquent l’ampleur et la détermination du mouvement actuel.

laissez nous respirer

En peu de temps, et malgré une répression parfois féroce, ce mouvement aura obtenu des victoires impressionnantes en de nombreux endroits : de la refondation de la police à Minneapolis au remisage de statues glorifiant des figures de la colonisation en Belgique et, surtout peut-être, à la prise de conscience que, oui, « Black Lives Matter ».

En France, avec notre histoire et notre actualité propres, le mouvement est lui aussi d’un ampleur inédite. Le changement de discours du gouvernement, qui il y a peu faisait preuve d’une pratique et d’une rhétorique martiales contre les gilets jaunes ou les quartiers populaires, montre que les lignes bougent.

Mais le chemin est encore long. En témoignent les violences récentes commises par des policiers à l’Île-Saint-Denis ou à Bondy ; la mise à jour de discussions d’un racisme écœurant, ou l’inaboutissement de trop nombreuses enquêtes sur des morts lors d’opérations des forces de l’ordre. Les atermoiements de Christophe Castaner sur l’interdiction des clés d’étranglement sont le dernier épisode en date.

Il faut donc continuer à se mobiliser, pour faire réellement évoluer les choses. L’affaire Adama Traoré est aujourd’hui l’un des symboles de cette soif de justice et de changement véritable. C’est pourquoi je vous appelle à participer au rassemblement qui aura lieu demain, samedi 13 juin à 14h place de la République à Paris.

Lycée du Paysage Fénelon : le Conseil départemental demande une table ronde

Lors de sa séance du 11 juin, le Conseil départemental a adopté à l’unanimité le vœu que j’ai proposé, demandant la suspension pour un an de la décision de fermeture du Lycée du paysage et de l’environnement Fénelon à Vaujours et soutenant la demande d’organisation d’une table ronde réunissant l’ensemble des acteurs concernés et affectés par cette fermeture, pour étudier les différentes options quant à l’avenir de l’établissement.

L’adoption à l’unanimité de ce vœu démontre la préoccupation et l’engagement de l’ensemble des élu-es du Conseil départemental face à cette décision qui impactera
négativement l’offre éducative en Seine-Saint-Denis et au-delà. Une préoccupation également partagée par les 5500 personnes signataires de la pétition en ligne contre la fermeture du LPE.

L’urgence éducative aujourd’hui, c’est de prendre le temps de la discussion.

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Discriminations : une étude inédite du Département

Alors que les événements et manifestations de ces derniers jours ont de nouveau mis en lumière les discriminations dont est victime une partie de nos concitoyen.ne.s, le Département de la Seine-Saint-Denis publie aujourd’hui les résultats d’un baromètre sur les discriminations perçues ou vécues par les habitant.e.s. : 9 jeunes sur 10 pensent qu’en Seine-Saint-Denis des personnes sont discriminées par la police et la justice. L’emploi et le logement sont également mis en exergue dans cette étude réalisée par Harris interactive auprès de 1004 habitants de notre département. 95 % des personnes interrogées pensent que l’éducation est le meilleur recours dans la lutte contre les discriminations et ont une « très forte attente » envers les pouvoirs publics.Capture d’écran 2020-06-10 à 17.53.24

« Battons-nous pour tous les Adama Traoré »

« I can’t breathe », (je ne peux pas respirer), les derniers mots de Georges Floyd… C’est la jeunesse du monde entier qui s’est levée pour crier son refus des violences policières et du racisme, réclamer justice après le meurtre de Georges Floyd, enfin reconnu comme tel après dix jours de manifestations dans les grandes villes américaines et dans le monde.

A Paris, mardi soir, bien plus de 20 000 manifestants se sont rassemblées devant le Palais de justice à l’appel du Comité Adama. Adama Traoré, ce jeune homme de 24 ans décédé en 2016 dans un commissariat peu après son interpellation, est mort asphyxié après un plaquage ventral, selon les contre-expertises médico-légales demandées par la famille. Assa Traoré, sa sœur, mène ce combat : « En étant aussi nombreux aujourd’hui, nous montrons que nous sommes capables de construire un rapport de force, de renverser ce système, cette machine de guerre qui broie nos démocraties et nous empêche de respirer. Battons-nous pour tous les Adama Traoré ».

Dans les banlieues populaires de Seine-Saint-Denis, on en sait quelque chose…

De Théo à Aulnay en 2017, aujourd’hui handicapé à vie, à Gabriel à Bondy, 14 ans, grièvement blessé lors de son interpellation la semaine dernière, les jeunes noirs et arabes vivent exactions, humiliations, harcèlement et contrôles au faciès.  Un « racisme systémique », selon les dires même de Jacques Toubon, le Défenseur des droits, qui parle de la « réalité sociologique » des contrôles au faciès » et rappelle que les jeunes hommes « perçus comme noirs ou arabes » ont 20 fois plus de chances d’être contrôlés que les autres.

Comment Christophe Castaner peut-il se refuser à parler de « violences policières » ? Et pourquoi certains policiers peuvent-ils bénéficier d’une telle impunité et continuer à exercer ?

L’ampleur des manifestations à Paris et en province cette semaine en a surpris plus d’un. Comme si après deux mois de confinement et d’un monde à l’arrêt, il n’est plus question de revenir en arrière.  Ce que dit cette belle jeunesse, c’est qu’il nous faut un autre monde. Un monde juste qui balaie les discriminations et les inégalités sociales dont les premières victimes sont toujours les mêmes : les classes populaires et ses enfants issus de l’immigration.

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© Lionel Bonaventure / AFP