

Fin de la trêve hivernale… Pas d’expulsion sans solution de relogement
Je salue l’intervention des maires du 93 qui, jeudi 30 mars, à la fin de la trêve hivernale, ont déposé à la Préfecture les arrêtés « anti-mise à la rue » votés dans leurs communes. La Loi prévoit en effet que toute expulsion doit être accompagnée de solutions de relogement. Ce n’est malheureusement quasiment jamais le cas.
Ce samedi 1er avril signait la reprise des expulsions locatives et avec elle son lot de parcours individuels menant à la rue. En 2015, le nombre d’expulsions qui a reçu le concours de la force publique a explosé : + 24%. Ainsi 14 363 familles ont été expulsées de leur logement. Comment ne pas être révoltée par cette pratique lorsque l’on sait que ce chiffre est loin de la réalité ? En effet la plupart des expulsions se font sans intervention policière mais sous la pression du bailleur et des huissiers.
Dans la campagne électorale en cours, certains candidats proposent de faciliter encore les procédures d’expulsions, laissant entendre que les locataires qui se retrouvent à la rue sont fautifs. Face à cette entreprise de culpabilisation, il faut rappeler les faits : 47% des impayés ont pour origine une perte d’emploi, 15% une perte de revenus suite à un divorce et 9% un problème de santé ou un accident. Dans un contexte où le montant du loyer et des frais liés au logement pèsent de plus en plus dans le budget des ménages.
143.000 personnes sans domicile fixe, dont 30.000 mineurs. En France, aujourd’hui, la cinquième puissance mondiale. Combien en Seine-Saint-Denis ? Combien à Montfermeil ?
La Fondation Abbé Pierre dévoile un plan sur 10 ans pour qu’aucune personne ne dorme à la rue. Avec notamment la création de logements « vraiment sociaux » accessibles aux plus modestes, la mise en œuvre de la garantie aux impayés de loyers pour les propriétaires, prévue dans la loi ALUR puis finalement abandonnée…
«Expulser, c’est la plus mauvaise des solutions. Or, on le fait de plus en plus. En 2015, on a battu un record : 14 400 procédures avec recours à la force publique», souligne Manuel Domergue. C’est également en ce moment que les hébergements ouverts pendant l’hiver pour les SDF ferment.
Mais l’hébergement temporaire coûte cher, l’hôtel particulièrement, tandis que l’hébergement semi-autonome, en appartement, avec un véritable accompagnement, offre plus de stabilité et des résultats plus durables.
Ce que demandent mes collègues maires, c’est le simple respect de la loi : pas d’expulsion sans proposition de relogement.
Les chroniques de Clichy-Montfermeil de JR au Palais de Tokyo
Magnifique hommage aux habitants de Montfermeil et de Clichy-sous-Bois, qui font l’objet des « Chroniques de Clichy-Montfermeil » : une fresque de 700 portraits inspirée par les « murales » du mexicain Diego Rivera (qui racontent l’histoire du Mexique avant et après la colonisation espagnole). 36 mètres de long, 150 m2, c’est les chiffres, impressionnants, de ces Chroniques d’aujourd’hui !
Mais ce qui me touche d’abord, c’est cette belle humanité, ce bouillonnement de vie et d’énergie.
A voir au Palais de Tokyo jusqu’au 13 avril, puis in situ à partir du 19 avril.

Ne renoncez pas !
A retrouver dans le magazine départemental d’avril, la tribune que j’ai écrite au nom de notre groupe communiste, citoyen, Front de Gauche pour une transformation sociale et écologique.
J’y invite les citoyens à ne pas s’abstenir aux prochaines élections et à faire entendre leur voix; à voir plus loin que les scandaleuses « affaires » qui pourrissent l’image de la politique, et à regarder de plus près le travail des élus que nous sommes, et qui font preuve d’honnêteté et d’éthique dans l’exercice de notre mandat au service de l’intérêt général.

Rappel au maire de Montfermeil : en France, l’école de la République est gratuite, laïque et obligatoire
Dans un article du Parisien, le maire de Montfermeil m’accuse d’instrumentalisation politicienne. Après avoir contribué à faire entrer deux enfants à l’école début mars, d’autres familles sont venues me voir parce qu’elles n’arrivent pas à inscrire leurs enfants à l’école alors que celle-ci est obligatoire. J’ai à nouveau interpellé les autorités compétentes pour que la loi soit respectée à Montfermeil comme partout ailleurs en France. J’ai également alerté Le Parisien sur cette situation anormale et qui n’a que trop duré à Montfermeil.
Il n’est pas supportable que des enfants soient privés d’école au prétexte qu’ils sont hébergés. Quel mépris pour les familles et quel mépris pour les lois de la République que le maire devrait appliquer ! Elue de la République, je ne peux accepter cette situation honteuse qui prive des habitants de notre ville des droits les plus élémentaires et les plus fondamentaux. Je serai reçue aujourd’hui à ce sujet par le Préfet du Raincy : à suivre…
Ces enfants sans école à Montfermeil-|Carole Sterlé Le Parisien |27 mars 2017
Nora, 9 ans, a dû déménager en cours d’années pour des raisons familiales. Elle est hébergée à Montfermeil et, depuis plus de trois mois, elle attend d’avoir une place en CE2.
Chaque jour, vers 16 h 30, Nora guette le retour de sa petite voisine, scolarisée en CE2, pour récupérer les devoirs. « En ce moment, je revois la table de 5 », explique cette enfant de 9 ans qui se languit de retourner à l’école. Car, depuis trois mois, Nora est déscolarisée. Après avoir dû quitter en urgence leur logement, Nora, sa mère et sa grande sœur ont trouvé refuge auprès de leur famille à Montfermeil. « L’aînée de 11 ans a été inscrite sans difficulté par le principal du collège, mais pour Nora, ça passe par la ville et on me demande toujours des papiers nouveaux », s’énerve la mère de Nora. Début mars, elle a écrit au maire pour connaître les raisons de son silence et, jeudi dernier à Clichy-sous-Bois, accompagnée d’autres mamans, elle a tenté d’interpeller la ministre de l’Education nationale.
Car Nora n’est pas la seule à Montfermeil à réclamer une place à l’école. Il y a aussi Feyza, 6 ans et demi, Ravza, 6 ans et demi aussi, ou Mustafa, 7 ans… Arrivé de Turquie il y a 18 mois, le petit garçon est pour le moment à l’Ecole sans mur. Ce dispositif chapeauté par l’école privée catholique sous contrat Fénélon de Vaujours depuis 1999 est destiné aux enfants du secteur en attente de scolarisation. Tous ont en commun d’être hébergés.
« Vous appelez ça hébergement ? réagit le maire Xavier Lemoine (PCD). Mais à 10 ou 12 dans un F 2, qu’on m’explique comment des enfants peuvent vivre dignement et travailler. » Il admet « quelques cas » parmi les 3000 élèves de la ville et indique qu’il y a « cinq critères » à valider pour une inscription à Montfermeil : autorité parentale, carnet de santé, régularité du séjour, vie à Montfermeil et conditions de domiciliation.
« Je ne repartirai pas sur la situation que nous avons connue avec les Bosquets par le passé, on n’a pas mis tout cet argent (NDLR : plus de 300 M€ dans la rénovation urbaine) et fait tous ces efforts pour fermer les yeux sur des comportements inadmissibles et des situations ingérables. Voilà quinze ans que ça fonctionne ainsi et les autorités compétentes n’ont pas eu à affirmer leur mécontentement », s’emporte Xavier Lemoine en accusant des marchands de sommeil qui prospéreraient en zone pavillonnaire. Il dénonce une instrumentalisation politique. Dominique Dellac, conseillère départementale Front de gauche, a en tout cas alerté les autorités (préfet, direction académique et défenseur des droits) pour faire scolariser ces enfants. « Si on ne vivait pas vraiment à Montfermeil, on ne s’acharnerait pas comme ça », explique la mère de Nora.
« Ne mélangeons pas tout, l’inscription à l’école est inconditionnelle dès lors que les enfants vivent sur la commune. Ils ne doivent pas pâtir de la lutte contre les marchands de sommeil », insiste le sous-préfet Patrick Lapouze, au fait des « réserves régulières » émises par le maire de Montfermeil sur la « domiciliation dans des conditions correctes ». « En cas de recours des familles auprès de nos services, nous mettons le maire en demeure, comme cela a été le cas par un arrêté émis le 4 novembre, concernant trois enfants », ajoute le représentant de l’Etat.
En 2005, déjà, Xavier Lemoine avait été mis en demeure de scolariser des enfants de squatteurs aux Bosquets. Une quinzaine de nouveaux cas seraient actuellement connus de la préfecture, qui admet un « retard dans l’instruction des dossiers ». D’après le ministère de l’Education nationale, la situation des enfants signalés devrait être régularisée.