Mosquée de Montfermeil : jugement reporté…

Mercredi matin, alors que l’ACMM était à nouveau convoquée devant le juge de l’exécution au Tribunal de grande instance de Bobigny dans l’attente d’une décision concernant le sort de la mosquée provisoire de Montfermeil, je recevais un courrier du Préfet que j’avais sollicité à ce propos en décembre puis fin janvier. (voir mon post du 23 décembre 2016).

Dans son courrier, M. le Préfet rappelle qu’il a sollicité les deux parties pour qu’une solution puisse voir le jour qui permette à la mosquée provisoire de continuer à recevoir du public dans l’attente de la réalisation de la nouvelle mosquée. Il rappelle également que les lois de la République doivent s’appliquer, tant en ce qui concerne les règles d’urbanisme et de sécurité qu’en ce qui concerne les conditions de pratique du culte musulman.

Côté respect des règles d’urbanisme, l’ACMM a procédé aux destructions et modifications qui lui étaient demandées. De son côté, le Maire n’a toujours pas répondu à la demande d’autorisation d’accueillir du public de l’ACMM, indispensable au fonctionnement de la mosquée provisoire. In fine, le jugement est à nouveau reporté, au 29 mars.

Justice et égalité : quand la République ne joue plus son rôle

« Nul ne sera soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants« . Déclaration universelle des droits de l’homme.
J’ai co-signé la tribune ci-dessous avec d’autres élus de Seine-Saint-Denis, parue aujourd’hui dans l’Humanité, pour réclamer justice et égalité dans notre département, si souvent stigmatisé, mais aussi dans toutes ces villes populaires où la  justice et le droit  ne s’exercent plus selon les principes de la République mais riment avec « contrôle au faciès ».

Appel d’élus de gauche contre les violences policières : Les événements du 2 février dernier ont placé sous une lumière crue certaines pratiques policières incompatibles avec l’État de droit et les principes de la République française.

« Le jeudi 2 février dernier, un jeune homme, Théo Luhaka, a été victime d’un viol. Quatre policiers sont mis en examen, dont un pour viol. Cet événement a provoqué un vif émoi dans son quartier, mais plus largement dans de nombreuses villes populaires.

Les proches, le jeune homme lui-même et les habitants de son quartier ont exprimé leur volonté d’une application ferme des principes de justice. Ils ont fait preuve d’un courage et d’une responsabilité exemplaires en appelant au calme. Malgré les souffrances, ils refusent de transformer leur colère, légitime, en violence.

Le temps de la justice est un temps long, nous le savons, mais elle doit être la même pour tous. Nous vivons déjà ce scénario insupportable puisque des jeunes Aulnaysiens ont déjà été condamnés en comparution immédiate après les nuits d’émeutes dans la ville sans avoir été pris en flagrant délit de dégradations ou de violences. Douze ans après la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré, il serait insupportable d’assister à de nouvelles scènes terribles de violence. Toutes les responsabilités doivent être clairement établies.

Nous, élus de Seine-Saint-Denis, sommes confrontés à ce climat social tendu. Nous voyons les dégâts causés tous les jours par les destructions d’emplois, les fermetures ou les dégradations de services publics et les discriminations dont nombre de nos concitoyens nous font part. Les médias n’ont à l’égard de notre département que des discours stigmatisants qui le présentent comme le repaire des réseaux criminels, de l’intégrisme religieux et de la fraude sociale généralisée. Pour les Séquano-Dyonisiens, c’est l’humiliation et la relégation quotidienne.

Les relations entre les forces de police et la jeunesse sont à cet égard symptomatiques. Elles constituent une violence supplémentaire pour ces jeunes, dont la classe sociale, l’origine réelle ou supposée, la couleur de peau sont devenues des prétextes d’humiliation. Les rapports académiques ou institutionnels – y compris du Défenseur des droits – illustrent, les uns après les autres, ces pratiques dégradantes et discriminantes.

Comment dès lors en appeler à la République quand sa devise n’existe que sur les frontons des édifices publics ? Comment lutter contre l’abstention, en appeler à la participation citoyenne quand on ne reçoit que la violence comme réponse ?

Nous croyons que la République est la réponse à tous ces maux. Mais notre République ne joue plus son rôle. Elle doit se donner tous les moyens pour transformer ses valeurs constitutives en actes : Liberté, Égalité, Fraternité.

Il est temps d’agir pour en finir avec les contrôles au faciès et les pratiques parfois racistes dans l’institution policière. Nous refusons par ailleurs l’amalgame entre ces quatre policiers et l’ensemble des fonctionnaires de police.

Élus et citoyens ne sont pas contre la police. Nous exigeons ici comme sur tout le territoire national le même droit à la justice, à la sécurité et à la tranquillité publique. Nous appelons même à renforcer le nombre des policiers face aux politiques de réduction des effectifs, à renforcer leur formation et à rompre avec la politique du chiffre, qui pénalise le travail d’investigation, notamment contre les trafics. Construisons les missions de notre police républicaine avec les agents et leurs représentants mais aussi les citoyens, les acteurs spécialisés de la prévention, de l’éducation, dans un dialogue responsable et d’intérêt général. Inventons une nouvelle police de proximité formée pour les mener à bien. Il est par ailleurs possible d’instaurer dès maintenant le récépissé de contrôle d’identité. Nous appelons à la constitution d’une mission d’enquête parlementaire sur les pratiques policières qui pourrait ­appuyer ce processus. Agissons contre les discours de haine qui gangrènent notre société. Nous en avons assez d’être catégorisés comme un territoire de non-droit quand les évadés fiscaux, les délinquants en cols blancs, certains élus bénéficient de la plus grande mansuétude. Depuis des années, nous sommes le laboratoire des politiques de régression sociale et de discriminations.

Pourtant, la Seine-Saint-Denis a besoin, au nom de l’égalité républicaine, que l’accès aux droits fondamentaux de tous ses habitants soit garanti, notamment, d’un renforcement de tous les services publics, car ils sont la seule richesse de ceux qui n’en ont pas. Par-delà les mécanismes de péréquation existant, le renforcement de la solidarité financière entre tous les territoires est une urgence, plus que jamais indispensable ! Sortons de la logique stérile de l’austérité et construisons ensemble les résistances de demain. »

Éliane Assassi, sénatrice, présidente du groupe CRC, Patrick Le Hyaric, député européen, Patrice Bessac, maire de Montreuil, Meriem Derkaoui, maire d’Aubervilliers, conseillère départementale, Carinne Juste, maire de Villetaneuse, Laurent Russier, maire de Saint-Denis, Azzedine Taïbi, maire de Stains, conseiller départemental, Taylan Coskun, conseiller régional, Didier Mignot, conseiller régional, président de l’Adecr, Dominique Attia, Pascal Beaudet, Belaïd Bedreddine, Silvia Capanema, Dominique Dellac, Pascale Labbé, Abdel Sadi, conseillers départementaux, Jean-Charles Nègre, conseiller territorial, vice-président d’Est Ensemble, Frédéric Durand, Marie-Claire Lafon, Gaylord Le Chequer, Jean-Marie Touzin, François Cochin, Stéphane Peu, Delphine Zoughebi-Gaillard, candidats du Front de gauche aux élections législatives.

Mosquée de Montfermeil : jugement rendu demain

Le jugement attendu demain  au tribunal de Bobigny condamnera-t-il la mosquée provisoire de Montfermeil à fermer ses portes alors que  l’ACMM (association cultuelle des musulmans de Montfermeil)  a répondu à toutes les injonctions de la Ville ? Une inconnue de taille subsiste : la Ville de Montfermeil n’a pas répondu à la demande  d’ouverture de la mosquée au public que lui a adressé l’ACMM le 16 janvier dernier.

je le répète ici : la loi de séparation des Eglises et de l’Etat de 1905 assure à chacun la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes. Il semblerait donc que cette règle républicaine échappe au maire de Montfermeil – comme bien d’autres règles républicaines d’ailleurs – qu’il est pourtant tenu d’observer en qualité de premier magistrat de notre ville.

Pour ma part, je souhaite que Justice soit rendue, en toute égalité républicaine. Au nom des valeurs de notre République : liberté, égalité, fraternité.

« Placo épinglé sur sa surveillance de la radioactivité »

C’est le titre de l’article du Parisien consacré au Fort de Vaujours, suite à notre communiqué et à la note rédigée par la CRIIRAD que nous avons adressés à la presse. Rappelons qu’il ne s’agit pas d’une « polémique » mais bien d’une question de santé publique qui concerne d’abord les habitants des villes environnantes, les salariés et les sous-traitants de Placoplatre. A ce titre, nous exigeons la vérité sur la qualité des travaux de dépollutions menés par Placoplatre et nous défendons la nécessité de faire toute la clarté sur ce qui s’est passé pendant 40 ans au Fort de Vaujours et sur les différents types de pollution qui ont affecté ce site – voire la santé des riverains, comme l’a montré une étude épidémiologique sur Courtry.  J’ai parfois le sentiment que l’on voudrait faire passer la question du Fort de Vaujours pour une petite guéguerre façon Clochemerle. Il n’en est rien. Tant que le secret défense ne sera pas levé, tant que les réponses à nos questions légitimes resteront évasives ou à côté de la plaque, nous continuerons à exiger transparence et information. Parce que dans ce pays, les intérêts privés ne peuvent pas continuer à passer avant l’intérêt public.

http://www.leparisien.fr/vaujours-93410/fort-de-vaujours-placo-epingle-sur-sa-surveillance-de-la-radioactivite-13-02-2017-6678537.php

Rétablir la vérité : les fonctionnaires ne sont pas des nantis.

500 000 fonctionnaires en moins au niveau national, préconise le jusqu’à quand ?-candidat de droite à la Présidentielle. Les élus de droite  lui ont emboîté le pas lors de la séance du Conseil départemental, jetant l’opprobre et la suspicion sur les personnels du Conseil départemental.  C’est bien mal connaître la réalité du travail de ces fonctionnaires attachés au service public et les difficultés croissantes auxquels ils/ elles sont confrontées au quotidien.

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