L’annonce du Président de la République ce mercredi soir n’aura surpris personne. Cette deuxième vague était attendue, prédite par les scientifiques depuis bien longtemps.
Reconfinement, soit. Pour se protéger et protéger les autres, protéger les soignants. Mais le « Ségur de la santé » de juin n’a pas répondu à leurs exigences pour redresser l’hôpital public. Des lits sont toujours fermés, faute de personnel et de postes.
Colère donc, parce que le problème majeur, c’est celui de la casse de l’hôpital public depuis des décennies : 100 000 lits d’hôpitaux supprimés en 20 ans, dont 7400 ces deux dernières années. 100 lits supprimés à l’hôpital de Montfermeil entre 2012 et et 2017.
Nous allons payer cher le choix de la rentabilité financière au détriment de la santé publique et des conditions de travail des personnels hospitaliers.
Et qui va protéger les milliers de salarié.e.s qui ne peuvent pas télétravailler et vont devoir continuer à prendre des transports en commun ?
Par contre, les profits des entreprises du CAC 40 et des GAFA, eux, se portent bien. Ils ont explosé depuis le début de la crise sanitaire.
La ligne 13 en pleine crise sanitaire (photo : Stéphane Peu)
Le Lycée du paysage et de l’environnement a fermé ses portes à la rentrée au sein du groupe Fénelon, à Vaujours. Pourtant, il est toujours ouvert administrativement et l’équipe enseignante, aujourd’hui menacée de chômage, est bien présente, désireuse de transmettre son savoir et de former des jeunes aux métiers du paysage et de l’environnement.
C’est pourquoi, après avoir écrit au maire de Vaujours, je me suis adressée aux Valjoviennes et Valjoviens afin de les alerter sur cette situation. En effet, nous devons trouver des solutionspour maintenir cette activité d’avenir sur notre territoire et je m’y emploie, comme je le déclarais récemment à un journaliste du Figaro dont l’article, publié vendredi 23 octobre, fait le point sur ce dossier.
A la veille de la Journée mondiale du refus de la misère, nous avons auditionné ce matin Philippe Portmann, secrétaire général du Secours populaire français 93 et Jean-Claude Eberhardt, responsable des Restos du cœur en Seine-Saint-Denis.
Cette audition se tenait dans le cadre de la mission d’information et d’évaluation de la crise sanitaire et de ses conséquences lancée par le Conseil départemental et animée par les Président.e.s de commission, afin d’identifier les différentes conséquences de la crise, notamment sur le plan social.
De gauche à droite : Anne-Sophie Carton (Service social départemental), Jean-Claude Eberhardt, Philippe Portmann, Pascal Beaudet, Dominique Dellac, Zaïnaba Said-Anzum (conseillers départementaux et président.e.s de commissions)
La crise sanitaire a conduit à l’aggravation de la crise sociale, qui touche désormais de nouvelles couches de la population, parmi lesquels les étudiants et les classes moyennes – celles et ceux qui s’en sortaient tout juste. 3 000 étudiants de Paris-8 et Paris-13 sont ainsi concernés. Un million de plus de pauvres en France d’ici la fin de l’année. Une crise inédite depuis la Libération selon Philippe Portmann, qui a vu une hausse de 74% du nombre de bénéficiaires de l’aide alimentaire fournie par le SPF 93. Une situation confirmée par Jean-Claude Eberhardt : les Restos du cœur ont distribué 850 repas par jour pendant le confinement, contre 350 avant celui-ci.
Les perspectives sont inquiétantes, avec des licenciements qui se multiplient dans les grands groupes comme dans les PME.
Face à l’ampleur des besoins, les récentes déclarations d’Emmanuel Macron et de son gouvernement sont particulièrement préoccupantes, notamment le refus d’augmenter les minimas sociaux ou d‘accéder au RSA pour les 18-25 ans, qui contribuerait à la relance de la consommation, alors que le chômage augmente et qu’aucune politique sérieuse n’est mise en œuvre pour préserver et créer des emplois. Le rétropédalage quant à la prime sur les APL est un autre exemple révélateur.
Les mesures d’aide prises en urgence par le Conseil départemental – plus de 30 M€ – ont été d’un précieux secours aux associations de solidarité, comme l’ont signalé nos deux invités.
Pour le SPF comme pour les Restos du cœur, le confinement a vu l’engagement de nombreuses et nombreux nouveaux bénévoles, désireux de mettre leur énergie au service des autres et de tous… Et notamment à Montfermeil !
Jeudi dernier, nous avons voté la subvention départementale aux collèges publics de Seine-Saint-Denis, d’un montant de plus de 14 millions d’euros.
A circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles. Cette année, dans le contexte de la crise sanitaire, les collèges publics ne se verront pas opérer de réfaction (récupération d’une partie des fonds non consommés de l’année précédente), ce qui revient à majorer de près de 450 000 € la dotation des collèges, afin de leur permettre d’aborder de la façon la plus sereine possible cette année pleine d’incertitudes et de faire face plus facilement aux mesures qui pourraient être décidées par le gouvernement (aménagement des salles et des équipements, par exemple).
L’éloignement d’avec l’école pour l’ensemble des élèves, voire une véritable rupture pour certains, est une autre conséquence de la crise et de la phase de confinement. Éloignement ou rupture dans l’enseignement, mais également pour les activités extra- ou périscolaires. C’est pourquoi le Département a décidé de consacrer 1 million d’euros au soutien des acteurs de l’art et de la culture actifs dans les collèges, notamment via le dispositif « Culture et art au collège ».
L’accès à la culture mais aussi aux loisirs, ne s’arrête bien sûr pas aux portes de l’école. La période des vacances estivales aura été à cet égard particulièrement compliquée pour celles et ceux, bien trop nombreux, qui n’ont pas pu partir. Cet été aurait pu ressembler à un confinement hors les murs. Mais l’engagement fort de notre collectivité avec Le Bel été solidaire a permis à de nombreux habitants de se construire ces petits bonheurs fugaces qui font les beaux souvenirs de vacances.
C’est pourquoi je me réjouis particulièrement du départ de 513 enfants et jeunes de familles modestes, qui dans leur grande majorité, n’étaient jamais partis en vacances. Cela grâce à la grande réactivité des services départementaux et de nos partenaires, dont l’UCPA et la Ligue de l’Enseignement, en coopération avec les services de l’État.
Mis en œuvre par les services départementaux dans des délais extrêmement courts, le Bel été solidaire a exigé beaucoup des agent.e.s. Mais aussi des nombreux partenaires associatifs, sportifs, culturels, sociaux qui ont su réagir avec créativité et générosité à notre proposition. C’est la démonstration du poids, de l’utilité et de la responsabilité du service public, tout entier tourné vers les besoins des habitants, dans tous les domaines.
C’est pourquoi, dans mon intervention, j’ai tenu à remercier les services départementaux et notamment la Direction de la nature, des paysages et de la biodiversité, la Direction de la culture, du patrimoine, du sport et des loisirs ainsi que Seine-Saint-Denis Tourisme, dont j’ai l’honneur d’être la présidente, pour leur action.