Rapport Borloo : le gouvernement s’engagera-t-il pour l’égalité ?

Jean-Louis Borloo a remis aujourd’hui  son rapport sur la politique de la Ville, « IMG_2851Vivre ensemble – vivre en grand la République » au Premier ministre.

La commande de ce rapport (qui devait à l’origine être remis à Emmanuel Macron) est le fruit direct de la mobilisation des associations et élus des quartiers populaires, notamment à travers l’Appel de Grigny lancé en octobre dernier lors des États-généraux de la politique de la ville, pour appeler à une mobilisation urgente et de grande ampleur face à la situation dramatique des quartiers prioritaires.

Un constat partagé par Jean-Louis Borloo, qui affirme dans son rapport sa « stupéfaction d’avoir découvert à quel point le système était désinvolte et se mentait à lui-même », les moyens investis étant « en-dessous du minimum républicain ».

Les 19 « programmes » proposés embrassent un vaste panorama de thématiques, appelant ainsi à une véritable mobilisation nationale pour un changement réel au profit des habitants de nos quartiers : éducation, emploi, sécurité, soutien aux associations, à l’égalité femmes-hommes etc.

Quelle sera la réponse du gouvernement ? Le report à plusieurs reprises de la remise du rapport est déjà un signal inquiétant, d’autant que beaucoup des mesures recommandées vont directement à l’encontre de la politique d’austérité menée depuis le début du quinquennat.

Quelques exemples ?  la suppression des emplois aidés (CAE), qui met en péril aussi bien l’insertion et l’emploi que l’investissement irremplaçable des associations dans les quartiers ; la baisse des APL qui prive les organismes HLM des ressources nécessaires à l’exercice de leur mission, ou encore le report à 2030 du prolongement de la ligne 16 du Grand Paris Express jusqu’à Noisy-Champs. Ou encore la suppression annoncée par l’Education nationale de postes de CPE à la rentrée prochaine dans des collèges pourtant classés en REP, comme à Jean-Jaurès, ou de postes jamais pourvus, comme à Picasso. La liste est longue des « ou encore »… Et il y faudra plus de 5 milliards.

La balle est désormais dans le camp du gouvernement et nous poursuivrons notre mobilisation sur le terrain. A suivre, donc…

L’éducation aux médias au collège Jean-Jaurès : so foot !

Capture d_écran 2018-03-23 à 17.43.43Au collège Jean-Jaurès de Montfermeil, une classe de 4ème  bénéficie depuis le début de l’année scolaire d’un parcours d’éducation aux médias proposé par le Conseil départemental aux collégiens. Dans un univers dominé par l’information et l’image, cette nouvelle initiative du Département vise à développer le sens critique, à s’interroger sur les sources d’information, à comprendre les grands genres du journalisme… et à découvrir le travail de journaliste, de la recherche de l’information à sa mise en forme.

Encadrée par Ronan Boscher, journaliste au magazine So Foot, et leurs enseignants, la classe mène l’enquête sur le recrutement de joueurs de Seine-Saint-Denis par des clubs professionnels. Et à Montfermeil, forcément, entre la section foot du collège et le FC Montfermeil, le ballon rond comme matière à rebondir sur l’information, ça passionne !

Les articles réalisés par nos jeunes collégiens seront publiés sur le site So foot courant mai.  En attendant, découvrez l’article et la vidéo

Communiqué de presse Fort de Vaujours

Suite à la lettre que le directeur industriel et des carrières de Placoplatre a adressé aux élus locaux, relayée par Le Parisien du 21 février, quelques éléments de réponse : transparence, information, nature des travaux, nature des pollutions, levée du secret Défense…

Transparence Placoplatre dit ne pas contester la « nécessité d’une transparence complète » pour répondre aux interrogations. Nous réitérons donc nos demandes exprimées à plusieurs reprises en Commissions de suivi de site et restées sans réponses, concernant la traçabilité des déchets radioactifs et leur stockage, ou encore le projet réel d’exploitation de Placoplatre qui reste opaque à ce jour.

Faudra-t-il attendre juillet 2018 pour savoir ce que Placoplatre compte mettre en oeuvre réellement sur le site en 2019 ?…..Quelles seraient les conséquences pendant et après exploitation du site sur l’impact écologique et le cadre de vie des habitants de la région, déjà amplement impactés par les nuisances, déchets divers et la décharge SITA-Villeparisis de déchets dangereux classée Seveso à hauts risques.

Au printemps 2017, il a fallu que nous exigions à nouveau de disposer des documents présentés par Placoplatre deux semaines en amont des Commissions de suivi de site pour qu’enfin nous puissions en prendre connaissance autrement que sur table ou sur écran. Lors de la dernière CSS de novembre, force a été de constater que les documents présentés n’étaient pas identiques à ceux que nous avions reçu au préalable, comme s’en est étonné le président d’Environnement 93.

Information Placoplatre considère que ses informations sont « détournées » et font l’objet « d’objurgations calomnieuses ». Pour notre part, nous considérons que la population du bassin de vie a le droit d’être informée et que c’est notre devoir et notre responsabilité d’élus locaux et d’associations de réclamer vérité et transparence et d’alerter nos concitoyens sur les nécessaires précautions sanitaires et environnementales qui s’imposent en regard de l’histoire de ce site et du principe de précaution. Nos inquiétudes sont légitimes. En revanche, Placoplatre n’étaye aucune de ses affirmations telles que « les impacts sanitaires et environnementaux de ces découvertes pour les riverains sont nuls ».

Nature des travaux Placoplatre affirme que « La confusion est volontairement entretenue entre la nature des travaux du CEA, leur finalité et le chantier de dépollution et de démolition actuel ». Comment ne pas faire le lien entre la nature des travaux du CEA sur le site du fort de Vaujours pendant 40 ans et le chantier de dépollution et de démolition en cours ? En fait, Placoplatre ne dispose d’aucune connaissance exacte des pollutions réelles et potentielles, avant de les découvrir fortuitement sur le chantier.

Nature des pollutions Le livre « Si Vaujours m’était conté » du CEA décrit certaines expériences réalisées, et donc certains types de pollution – mais pas celles classées Secret Défense. L’utilisation du beryllium est attestée par les documents du CHSCT des sites du CEA Vaujours-Moronvilliers. Et puis, il y a les découvertes fortuites sur le terrain – comme l’uranium manufacturé. Mais quelles sont les quantités qui ont été utilisées ? Où ont été stockés les déchets ? Le Secret Défense pèse sur ce site et le CEA a été pris en flagrant délit de mensonge : des dizaines de tonnes de matériaux amiantés ont été retirés par Placoplatre alors que le directeur adjoint du CEA déclarait en 2014 que le site avait été totalement désamianté en 2001. Enfin, après la découverte d’objets radioactifs aux mois de juillet et août 2017, le CEA a admis avoir disséminé des déchets potentiellement « dangereux » sur l’ensemble du site. C’est pourquoi nous exigeons que le principe de précaution soit appliqué.

Levée du Secret Défense En toute logique, BP Placoplatre  et Saint-Gobain devraient rallier notre demande de levée du Secret Défense et nous ne comprenons pas leur silence à ce sujet. Placoplatre est ainsi contraint de mener des travaux hautement spécialisés et coûteux alors que ce n’est pas son métier et qu’il n’a pas les compétences requises. En la matière, Placoplatre est juge et partie, ce que nous déplorons.

A l’été 2015, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et l’ASND (Défense) ont demandé au CEA de procéder à un réexamen global de la stratégie de démantèlement des installations nucléaires et de gestion des matières et déchets radioactifs dans un délai d’un an : « …établir, pour les 15 prochaines années, des programmes de démantèlement, fondés sur des priorités de sûreté, de radioprotection et de protection de l’environnement hiérarchisés, en tenant compte tout particulièrement de l’activité totale mobilisable des substances radioactives et dangereuses présentes. » Au prétexte que le Fort de Vaujours a été abandonné par le CEA et que la réglementation a évolué, ce dernier serait donc exempt de fournir les informations indispensables.

Et maintenant Nous exigeons que l’Etat prenne toutes ses responsabilités dans cette affaire. Placoplatre devrait en faire de même. Nous nous associons à la demande de Nature Environnement Seine-et-Marne pour que la Commission de suivi de site soit enfin ouverte au publlc, ce qu’avaient refusé les services de l’Etat et Placoplatre en 2015.Dès samedi, nous serons présents sur le terrain, pour diffuser un tract, à la rencontre des citoyens du bassin de vie.

Collectif Fort de Vaujours Pascal Barras, Association Courtry Citoyenne  // Jean-Marie Baty, Président du MNLE 93 // Bernard Bruneau, Président de France Nature Environnement Seine-et-Marne // François Cochain, Vice-Président du MNLE 93 // Dominique Dellac, Conseillère départementale de Seine-Saint-Denis // Grégory Jurado, Conseiller municipal de Courtry // Pierre Laporte, Vice-Président du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis // Mireille Lopez, Présidente de l’ADENCA // Angélique Planet-Ledieu, conseillère municipale de Montfermeil // Francis Redon, Président de France Nature Environnement Seine-Saint-Denis

 

Terminus, tout le monde descend !

Après les annonces du Premier ministre d’hier concernant le Grand Paris Express, seuls les sites olympiques seront desservis d’ici 2024. Les autres attendront, alors que le financement du Grand Paris Express ne vient pas des caisses de l’Etat : il émane d’un emprunt à long terme qui sera remboursé par les entreprises et les habitants d’Ile-de-France.

La ligne 16 ira bien à Clichy-Montfermeil (pour honorer la parole présidentielle faite à Clichy en novembre). Là où le bât blesse, c’est que nous ne serons pas reliés à Chelles, Marne-La-Vallée, et l’ouest parisien avant… 2030. Ainsi, au lieu des 6 mn prévues pour relier l’université, nos jeunes étudiants continueront donc d’emprunter (a minima) 2 bus et continueront de subir en moyenne une heure de transport. Pas franchement ce qu’on est en droit d’attendre du XXIème siècle. Elle est où, la modernité ???

En colère ? Oui ! Pour notre territoire particulièrement enclavé, le transport est un moyen de réduire les inégalités territoriales, de soutenir le développement local et d’offrir aux habitants la mobilité dont ils ont besoin. Je vous appelle à signer la pétition des conseillers municipaux Front de Gauche de Montfermeil adressée à la Ministre des transports pour la réalisation de la ligne 16 dans son intégralité.

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Charonne, 8 février 1962 : pour la paix et la liberté en Algérie

Neuf morts au métro Charonne le 8 février 1962 et des centaines de blessés, alors que la manifestation pacifique contre la guerre d’Algérie se dispersait : Jean-Pierre Bernard, 30 ans ; Fanny Dewerpe, 31 ans ; Daniel Féry, 16 ans ; Anne-Claude Godeau, 24 ans ; Édouard Lemarchand, 41 ans ; Suzanne Martorell, 36 ans ; Hippolyte Pina, 58 ans ; Raymond Wintgens, 44 ans ainsi que Maurice Pochard, 48 ans, décédé à l’hôpital des suites de ses blessures.

Un crime d’Etat prémédité et resté impuni, pour lequel nous réclamons justice et vérité. Un massacre organisé par Maurice Papon, alors préfet de police de Paris, également responsable du massacre des algériens du 17 octobre 1961 et zélé organisateur de la déportation de 1690 juifs en 1942, pour lequel il fut jugé pour crimes contre l’humanité en …1997.

Les manifestants s’étaient réunis pour condamner les 10 attentats de l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète, bras armé de l’Algérie française) commis la veille à Paris et qui visaient des hommes politiques, des intellectuels, des journalistes. Cinq jours plus tard ils étaient près d’un million à défiler pour les obsèques des victimes de la violente répression policière.

Fanny Dewerpe repose au cimetière de la rue des moulins et nous lui rendrons hommage samedi 10 février à 11 h 30. N’oublions jamais.

Dewerpe 2018 invitation Recto