Au fond, l’ISF c’est quoi ?

« Payer l’impôt est la marque d’un monde civilisé » dit Eric Bocquet, sénateur PCF du Nord et auteur, avec Alain Bocquet, ancien député, de « Sans domicile fisc » une à peine croyable enquête extrêmement documentée sur l’évasion fiscale. Je vous livre ce texte qu’il a écrit sur l’ISF. Simple et bien utile.

L’impôt de solidarité sur la fortune a fait beaucoup causer sur les ronds-points et les lors des manifestations des gilets jaunes en fin d’année dernière. Chacun sait-il bien, cependant, ce que recouvre cet impôt ? Voyons un peu.

Un peu moins de 350 000 foyers fiscaux y étaient assujettis sur un total de près de 38 millions, soit moins de 1%.

Qui paye ? Toute personne dont le patrimoine net dépasse le 1.3 million d’euros (ce seuil avait été ramené à 800 000 euros jusqu’à ce que M. Sarkozy le relève à 1.3 million, M. Hollande l’a maintenu à ce niveau).

Combien rapporte-t-il ? Environ 5.2 milliards d’euros, soit à peu près la somme des budgets de l’Agriculture, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports.

C’est quoi le patrimoine ? Valeur des immeubles, avoirs financiers, actions, la valeur de la résidence principale est diminuée de 30%, les œuvres d’art sont exclues et la valeur des parts des entreprises dirigées par un membre du foyer fiscal sont, elles aussi, exclues au titre de l’outil de travail.

Quel est le taux de l’ISF ? Les 800 000 premiers euros sont taxés à 0%, au-delà, le taux est progressif et varie de 0.5% jusqu’à 1.5% pour la partie excédant 10 millions d’euros.

En 2015, la moyenne de l’ISF payé par les foyers fiscaux assujettis était de 15 000 euros environ. Le patrimoine cumulé des payeurs d’ISF s’établit à un total de 1 028 milliards d’euros.

Y-a-t-il des réductions possibles ? Enormément. Des investissements Outre-Mer, des dons, investissements dans des fonds, dans des PME. Sans compter les innombrables niches fiscales et puis, évidemment, les fortunes planquées offshore de par le monde… Voilà la réalité.

M. Macron et d’autres avant lui nous expliquaient que l’ISF faisait « fuir les riches ». Regardons-y d’un peu plus près. Un rapport de la Direction générale des finances publiques a recensé les assujettis à l’ISF quittant la France de 2002 à 2012. Ses résultats sont édifiants : 383 grandes fortunes sont parties en 2002, 697 en 2005 puis 908 en 2007 (année d’élection de N. Sarkozy !) date de la mise en place du bouclier fiscal ! Et encore 896 l’année suivante, puis 903 en 2009. Les redevables de l’ISF sont des amants très difficiles à séduire.

Enfin, en 2018, près de 260 000 Français sont devenus millionnaires en dollars, l’équivalent d’une ville comme Bordeaux. Avec une telle progression la France est le deuxième pays au monde le plus attractif pour les millionnaires, devant l’Allemagne ou le Royaume-Uni, mais loin derrière les États-Unis.

Non, payer l’impôt n’est pas un mal absolu, c’est la marque d’un monde civilisé !

capture d_écran 2019-01-11 à 18.13.30

 

 

deux mille dix neuf… Mes meilleurs voeux pour l’an neuf !

FullSizeRender

parlez aux fleurs

aux rivières

et aux vents comme si c’était vous-même,

regardez les hommes comme de petits soleils,

ayez des émotions et des admirations,

laissez-vous emporter par la bonté et le désir d’offrir,

aimez ce qui est vivant,

qui rit,

qui pleure,

qui chante

et chantez avec eux

Patrick Chamoiseau – Biblique des derniers gestes

La laïcité, un principe précieux à défendre et à promouvoir

Dimanche 9 décembre, nous célébrerons comme chaque année la Journée nationale de la laïcité.  Cette journée, qui commémore l’adoption de la loi de 1905, nous rappelle l’actualité du combat pour la préservation de ce principe essentiel dans l’organisation de notre vie en société. Aujourd’hui  se tenait le Forum départemental de la laïcité organisé par les Francas, avec Jean-Louis Bianco, Président de l’Observatoire de la laïcité et de nombreux intervenants.

thumbnail_2018-12-07 bobigny bourse travail journee de la laicite trousel -bianco DR_20181207_0691

Ce rappel est d’autant plus important quand les menaces s’amoncellent sur la laïcité, soumise à d’innombrables manipulations, instrumentalisations, défigurations, par des dirigeants politiques plus intéressés par le « diviser pour mieux régner » que par l’entente entre les citoyens de notre pays.

Rappelons à ce titre l’adoption d’une « Charte de la laïcité » par le Conseil régional de droite d’Ile-de-France, heureusement récemment retoquée par la justice, ou, plus inquiétant encore, l’annonce par Emmanuel Macron de son projet « d’amender » la loi de 1905.

C’est pourquoi je souhaite que toutes et tous, citoyens, associatifs, enseignants et universitaires, élus, nous agissions pour faire vivre ce principe fondamental du vivre ensemble, garant de l’égalité de chacune et de chacun.

forum départemental laïcité

Sauver notre planète et combattre les inégalités sociales, la même urgence !

Alors que se termine l’année la plus chaude qu’ait jamais connue l’humanité, inondations, sécheresses et catastrophes naturelles ont fait la démonstration qu’il faut absolument agir contre les émissions de gaz à effet de serre, sous peine de voir augmenter la température de 3 à 6°C sur la planète d’ici à 2100. C’est dans ce contexte que s’est ouverte aujourd’hui la COP24, sommet annuel sur le climat organisé par les Nations Unies,  à Katowice en Pologne. Au programme, discuter les plans de chaque pays pour mettre en œuvre les Accords de Paris de 2015, qui doivent entrer en vigueur en 2020 et qui visent à limiter le réchauffement climatique « bien en-dessous de 2°C ».

Malgré cette urgence, « nous n’allons pas du tout dans la bonne direction », comme l’a souligné Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, en ouverture de la COP24. L’arrivée au pouvoir de Donald Trump aux États-Unis ou de Jair Bolsonaro au Brésil, qui veulent retirer leurs pays des Accords de Paris, est en effet particulièrement préoccupante.

En France non plus, on ne va vraiment pas dans la bonne direction. Face à la colère populaire portant gilets jaunes ou gilets rouges ou blouses blanches,  plein de son mépris habituel, Emmanuel Macron instrumentalise la lutte contre le réchauffement climatique et entend faire payer aux classes populaires, à ceux qui ne peuvent plus boucler leurs fins de mois, sa politique fiscale scandaleuse.

La hausse des taxes sur les carburants sert en réalité à compenser les cadeaux fiscaux tels que le CICE – des milliards offerts aux entreprises-, la suppression de l’ISF, alors même qu’en France le 1% le plus riche émet 40 fois plus de CO2 que les 10% les plus pauvres1. Et que dire de Total, dont les bénéfices bondissent – au seul profit des actionnaires – et qui pratique l’évasion fiscale en toute impunité ? C’est là qu’il faut aller chercher l’argent, pas ailleurs !

E. Macron déclare avec cynisme que « les mêmes qui râlent sur la hausse du carburant, réclament aussi qu’on lutte contre la pollution de l’air parce que leurs enfants souffrent de maladies ». Pour de nombreux Français, il faudrait donc choisir entre son travail et la santé de ses enfants… Une aberration qui voudrait nous faire croire que nous sommes tous individuellement responsables de la dégradation de l’environnement, mais qui cache mal une politique au service des plus riches et des grands groupes, qui, eux, savent bien ce que polluer veut dire.

Environnement et inégalités sociales, tout est lié. Pour sauver notre avenir et notre planète, c’est ce système qu’il faut changer !

arton84717

1Humanité Dimanche du 29 novembre au 5 décembre.