La pandémie révèle le manque de moyens de l’Education nationale

Moins d’une semaine après la rentrée des classes, le constat, malheureusement prévisible, est là… Et en dépit de deux années de pandémie, tout laissait présager de cette situation. A commencer par l’annonce du protocole sanitaire, délivrée dimanche soir par l’Education nationale dans un article payant (!) du Parisien.

De la maternelle au lycée, élèves, familles, enseignants, équipes administratives et techniques vivent des situations intenables par le manque d’anticipation et de moyens accordés par l’Education nationale pour assurer la sécurité sanitaire dans les établissements scolaires. Dans notre département, le SNUIPP, premier syndicat enseignant du 1er degré, parlait de 500 à 600 classes élémentaires fermées dès mardi. Et pas de remplaçants, bien sûr, quoiqu’en dise le Ministre de l’Education nationale. Il arrive un moment où la communication se heurte à la réalité vécue par des millions de parents, d’enfants et d’enseignants, eux-mêmes parents. 

Maintenir les établissements scolaires ouverts, oui, mais avec les moyens humains et matériels pour assurer la continuité pédagogique indispensable aux apprentissages. Les enseignants ne peuvent à la fois assurer des cours en présentiel et en distanciel, et devoir gérer ce qui relève de la santé publique. Dans les faits, Jean-Michel Blanquer organise la plus grande garderie de France, renforçant les inégalités scolaires.

Cette nième vague met à nu les carences de l’Education nationale et son extrême fragilité qui couve depuis trop longtemps, à force de suppressions de postes, de non-remplacements. Les syndicats enseignants lancent un appel à la grève nationale jeudi 13 janvier. Trop, c’est trop.