Juillet en Avignon : la Seine-Saint-Denis sous les feux des projecteurs

Cette année, la Seine-Saint-Denis est sous les feux des projecteurs du festival d’Avignon : Julie Deliquet, directrice du Théâtre Gérard-Philippe de Saint-Denis, y présente Welfare, adapté du documentaire de Frederick Wiseman sur un centre social d’urgence, dans l’imposante cour d’honneur du Palais des Papes ; Pauline Bayle, directrice du nouveau Théâtre Public de Montreuil, plonge dans l’oeuvre de Virginia Woolf au cloître des Carmes, avec Ecrire sa vie. Spectacles que l’on retrouvera à Saint-Denis et à Montreuil dès septembre, en ouverture de la saison 2023-2024.

Bintou Dembélé, chorégraphe pionnière du hip-hop, a ouvert le Festival avec Groove, une relecture des Indes Galantes au rythme des danses de la rue – déambulation qui a enthousiasmé tous les publics.

Enfin, le théâtre Louis-Aragon de Tremblay  anime la Belle Scène-Saint-Denis avec 3 programmes  remarqués 100 % danse au Théâtre de la Parenthèse, comme chaque année.

J’y ai passé 4 jours intenses de spectacles, de rencontres et de discussions avec les actrices et acteurs de la culture en Seine-Saint-Denis, en compagnie de Stéphane Troussel et de mon collègue Karim Bouamrane.

Je suis également intervenue dans le cadre de la présentation de Playground, festival chorégraphique dédié à l’enfance et à la jeunesse développé par les Rencontres Chorégraphiques Internationales et dont la deuxième édition se déroulera du 13 au 25 novembre.

Rendez-vous est pris pour l’automne ! D’ici là, je vous souhaite un très bel été.

En Palestine

En mai, je suis partie une semaine en Palestine où j’ai conduit la délégation du Département aux 5èmes Assises de la coopération décentralisée franco-palestinienne à Ramallah, accompagnée des directrices du service International Europe et Via Le Monde et des responsables des projets internationaux de l’Observatoire des Violences Faites aux Femmes.

200 participan.te.s, 34 collectivités françaises représentées par 120 élu.e.s et experts, étaient au rendez-vous du Réseau de Coopération Décentralisée avec la Palestine (RDCP) et Cités Unies France, en partenariat avec l’association des villes palestiniennes et le soutien du Ministère des Affaires étrangères. 

Je suis intervenue lors d’une table ronde sur la coopération innovante qui nous lie à la ville de Jénine, « Pour des territoires protecteurs des femmes victimes de violence», au côté de la dynamique et chaleureuse responsable du programme à Jenine. Fort de son expertise reconnue au niveau européen et de l’ingénierie de projet développée depuis 20 ans, ce programme international d’échanges, de soutien et de formation porté par l’OVF,  soutenu financièrement par l’Agence Française de Développement, essaime ainsi à Jénine, aux Comores et au Mexique, chaque coopération se nourrissant des spécificités et des besoins propres à chacune des collectivités engagées dans la création d’un observatoire local.

Nous nous sommes ensuite rendues à Jenine, au nord de la Palestine, en Cisjordanie occupée, avec laquelle notre Département coopère depuis 1999 dans de nombreux domaines – eau et assainissement ; culture et sport – et maintenant, dans le cadre de ce projet international.  

Formations et échanges d’expériences auprès des acteurs de la police, de la justice, de la santé et de l’action sociale ; échanges nourris avec les autorités locales et les associations ; découverte du site qui deviendra à terme un lieu d’hébergement pour les femmes victimes de violence. Une coopération riche et féconde, porteuse d’avenir et pourtant… endeuillée le matin même de la première journée de formation par la mort de 3 jeunes dont un employé municipal, aux abords du camp de réfugiés, tués par l’armée israélienne, alors que cette même semaine de mai on dénombrait 34 palestinien.ne.s tué.e.s à Gaza lors de raids israéliens. En ce dernier jour de mai, on compte désormais 161 morts palestiniens (230 morts en 2022, année la plus meurtrière selon l’ONU). 

On me demande souvent ce que j’ai pensé de la Palestine… Je pense à l’incroyable dignité de ce peuple qui continue de se battre pour la reconnaissance de son territoire et des droits humains : « il faut bien vivre ». Comme l’écrivait l’immense poète palestinien Mahmoud Darwich  Nous aussi nous aimons la vie quand nous en avons les moyens.

Le quartier Silwan à Jérusalem-Est, Ramallah, Jénine… Une semaine que je n’oublierai pas.

Se souvenir, pour aujourd’hui et pour demain

A l’occasion de la Journée Nationale du Souvenir des Héros et Victimes de la Déportation, j’étais ce dimanche 30 avril à Montreuil pour inaugurer l’exposition consacrée au « Convoi des 31000 », installée sur les grilles de la place de la mairie, à côté de la plaque commémorative consacrée à Danielle Casanova.

J’ai rappelé l’engagement des femmes dans la lutte contre l’oppression nazie et pour leur épanouissement et leur égalité, une « condition nécessaire du développement du progrès social » disait cette héroïne de la Résistance communiste, qui faisait partie de ce convoi et ne revint pas de l’enfer. La reconnaissance du rôle des femmes doit prendre toute sa place dans l’histoire de la Résistance. A ce titre, le Département appuie et soutient la création à venir d’un Mémorial des Femmes Résistantes au Fort de Romainville, où quelque 3500 femmes résistantes ont été détenues – d’autant qu’il n’existe nulle part un tel projet.

Sabine Pesier, présidente des Amis du Musée de la Résistance Nationale de Seine-Saint-Denis, a ensuite présenté l’exposition, commande du Département dans le cadre de l’année mémorielle départementale consacrée à 1943, réalisée par Thomas Fontaine, directeur du MRN, avec l’appui de l’association Mémoire vive. Au coté de nombreuses associations mémorielles, de mon collègue Belaide Bedreddine, de Méline Le Gourrierec, conseillère municipale déléguée à la jeunesse, à la mémoire et aux anciens combattants, nous avons ensuite rendu hommage à la mémoire de ces femmes et de ces hommes.

Car si la mémoire est un devoir, c’est aussi une absolue nécessité, à l’heure où le racisme, l’antisémitisme, la haine, le fascisme, les guerres ont refait surface. A l’heure où la démocratie est trahie par les plus hautes autorités de l’Etat et où la crise économique rejette une part de plus en plus importante de la population dans les difficultés quotidiennes.


Le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde : ces mots de Bertolt Brecht écrits en 1941, dans « La Résistible ascension d’Arturo Ui », sont toujours d’actualité. Reste le mot « résistible ». Nous devons, encore et toujours, résister

Ma démission du conseil municipal de Montfermeil

Chères Montfermeilloises, chers Montfermeillois,

J’ai décidé de démissionner de mon mandat de conseillère municipale de Montfermeil.  Ce fut une fierté de vous représenter au conseil municipal.

Naturellement, je continue d’assumer le mandat de Conseillère départementale que vous m’avez confié, au service des habitant.e.s de notre ville et de notre canton, et de Vice-présidente déléguée au patrimoine culturel, à la mémoire, au tourisme et à l’éducation artistique et culturelle au service de notre Département. 

En 2020, j’ai eu l’honneur de conduire la liste de rassemblement citoyen de la gauche et de l’écologie Montfermeil Autrement. Ensemble nous avons construit un programme municipal basé sur le développement des services et équipements publics indispensables à notre ville et sur la mise en œuvre d’une politique sociale et culturelle plus humaine.

Ce combat n’a pas été inutile. 

Aujourd’hui, le maire a dû reprendre certaines de nos propositions parmi les plus importantes, alors qu’il s’y opposait depuis des années. Ainsi, il a enfin déposé auprès du Département des dossiers concernant la construction d’une piscine et d’un 3ème collège. Il a inscrit notre ville au Syndicat mixte géothermie de Chelles dans la perspective d’une utilisation éventuelle de cette source d’énergie dans notre ville.

Certes le combat pour une politique plus humaine reste toujours d’actualité. J’ai encore, depuis le début de l’année scolaire, dû intervenir auprès du Préfet de Seine-Saint-Denis pour que le maire respecte le droit à la scolarisation de tous les enfants. Une quinzaine d’enfants, que le maire refusait d’inscrire à l’école, ont pu ainsi commencer ou continuer leur scolarité.

L’inflation, notamment sur les produits alimentaires, et la hausse considérable du coût de l’énergie et de l’essence, qui engendrent de grandes difficultés financières pour de nombreuses familles montfermeilloises, devraient conduire le maire à revoir enfin les tarifs de la restauration scolaire et des centres de loisirs, qui, à Montfermeil, sont parmi les plus chers du Département. Tous les enfants de Montfermeil devraient pouvoir manger à la cantine et bénéficier des activités des centres de loisirs, quels que soient les revenus ou la situation de leurs parents. 

Le moment est venu de commencer à réfléchir pour élaborer un nouveau programme citoyen pour notre ville et pour construire une équipe renouvelée pour le porter lors des prochaines élections municipales qui auront lieu dans 3 ans. Et pour, une nouvelle fois, combattre la droite et l’extrême-droite rassemblées autour de Xavier Lemoine.

Pour ma part, je continuerai à apporter ma contribution à cette réflexion. Mais je laisse à d’autres le soin de l’animer et de construire une nouvelle équipe de la gauche et de l’écologie. Je pense notamment à mes amies Angélique Planet-Ledieu et Marie-Jeanne Lakhnati, ainsi qu’à mon ami Christian Brickx, qui va me remplacer au conseil municipal.

Je vous remercie de m’avoir délégué ces mandats électifs.  Je reste à vos côtés pour toute intervention que vous jugerez utile.

Il y a 80 ans… Femmes, résistantes, déportées.

Le 24 janvier 1943, 230 résistantes dont 222 détenues au fort de Romainville sont entassées dans des wagons à bestiaux par l’occupant nazi, à la gare de marchandises de Compiègne. Trois jour plus tard, elles franchissent le seuil du camp d’Auschwitz-Birkenau en chantant la Marseillaise. Chacune est tatouée d’un matricule compris entre les numéros 31625 et 31854 sur son avant-bras. C’est le « Convoi des 31000 ». Seules 49 d’entre elles reviendront des camps de la mort.

Parmi elles, Charlotte Delbo, Danielle Casanova, Marie-Claude Vaillant-Couturier, Marie Politzer, mais aussi des résistantes du territoire ouvrier qui allait devenir la Seine-Saint-Denis, telles Raymonde Salez, des Lilas, Gabrielle Ethis et Henriette Pizzoli, sa nièce, de Romainville, entre autres…  

Hier matin, devant le Fort des Lilas, j’ai commémoré avec émotion le souvenir de ces femmes magnifiques, engagées et simplement exceptionnelles, au côté de Lionel Benharous, maire des Lilas et François Dechy, maire de Romainville ; du 1er Vice-président du Conseil départemental, de très nombreux élu.e.s dont Christian Lagrange et Kevin Cohen, élus à la mémoire, et mes camarades Lisa Yahiaoui, Sofia Dauvergne, Brigitte Moranne ; Robert Clément, ancien Président du Conseil général ; Thomas Fontaine, historien et directeur du Musée de la Résistance Nationale, Mémoire Vive et les associations mémorielles,

Puis, en présence de sa fille Annick, de son fils et de ses petit-enfants, le boulevard a ensuite été nommé du nom de Madeleine Odru, déportée également dans le convoi des 31000. Institutrice avant guerre, à son retour, elle n’aura de cesse de témoigner et de transmettre son message profondément humaniste et solidaire auprès des jeunes générations.

Enfin, l’exposition « les 31000 – femmes, résistantes, déportées » était présentée à l’école Paul-Langevin. Cette remarquable exposition, premier acte de l’année mémorielle départementale consacrée à l’année 1943, a été conçue par Thomas Fontaine et réalisée avec Mémoire Vive et le service du patrimoine culturel départemental. Le vernissage aura le lieu le jour anniversaire du départ du convoi, mardi 24 janvier à 18h, en Mairie des Lilas. A suivre…