Alors que les événements et manifestations de ces derniers jours ont de nouveau mis en lumière les discriminations dont est victime une partie de nos concitoyen.ne.s, le Département de la Seine-Saint-Denis publie aujourd’hui les résultats d’un baromètre sur les discriminations perçues ou vécues par les habitant.e.s. : 9 jeunes sur 10 pensent qu’en Seine-Saint-Denis des personnes sont discriminées par la police et la justice. L’emploi et le logement sont également mis en exergue dans cette étude réalisée par Harris interactive auprès de 1004 habitants de notre département. 95 % des personnes interrogées pensent que l’éducation est le meilleur recours dans la lutte contre les discriminations et ont une « très forte attente » envers les pouvoirs publics.
Archives de l’auteur : dominiquedellac
« Battons-nous pour tous les Adama Traoré »
« I can’t breathe », (je ne peux pas respirer), les derniers mots de Georges Floyd… C’est la jeunesse du monde entier qui s’est levée pour crier son refus des violences policières et du racisme, réclamer justice après le meurtre de Georges Floyd, enfin reconnu comme tel après dix jours de manifestations dans les grandes villes américaines et dans le monde.
A Paris, mardi soir, bien plus de 20 000 manifestants se sont rassemblées devant le Palais de justice à l’appel du Comité Adama. Adama Traoré, ce jeune homme de 24 ans décédé en 2016 dans un commissariat peu après son interpellation, est mort asphyxié après un plaquage ventral, selon les contre-expertises médico-légales demandées par la famille. Assa Traoré, sa sœur, mène ce combat : « En étant aussi nombreux aujourd’hui, nous montrons que nous sommes capables de construire un rapport de force, de renverser ce système, cette machine de guerre qui broie nos démocraties et nous empêche de respirer. Battons-nous pour tous les Adama Traoré ».
Dans les banlieues populaires de Seine-Saint-Denis, on en sait quelque chose…
De Théo à Aulnay en 2017, aujourd’hui handicapé à vie, à Gabriel à Bondy, 14 ans, grièvement blessé lors de son interpellation la semaine dernière, les jeunes noirs et arabes vivent exactions, humiliations, harcèlement et contrôles au faciès. Un « racisme systémique », selon les dires même de Jacques Toubon, le Défenseur des droits, qui parle de la « réalité sociologique » des contrôles au faciès » et rappelle que les jeunes hommes « perçus comme noirs ou arabes » ont 20 fois plus de chances d’être contrôlés que les autres.
Comment Christophe Castaner peut-il se refuser à parler de « violences policières » ? Et pourquoi certains policiers peuvent-ils bénéficier d’une telle impunité et continuer à exercer ?
L’ampleur des manifestations à Paris et en province cette semaine en a surpris plus d’un. Comme si après deux mois de confinement et d’un monde à l’arrêt, il n’est plus question de revenir en arrière. Ce que dit cette belle jeunesse, c’est qu’il nous faut un autre monde. Un monde juste qui balaie les discriminations et les inégalités sociales dont les premières victimes sont toujours les mêmes : les classes populaires et ses enfants issus de l’immigration.

© Lionel Bonaventure / AFP
Début de la reprise dans les collèges
Depuis hier, les cours reprennent dans les collèges du département, conséquence de la « deuxième étape du déconfinement » annoncée par le Gouvernement la semaine dernière. A Montfermeil, j’ai participé ces derniers jours aux CHS (Comités Hygiène et Sécurité) et aux Conseils d’administration des collèges Jean-Jaurès et Picasso, préalables à cette reprise progressive en Île-de-France, toujours classée « zone orange ».
Après contact avec les familles concernées, c’est environ 20 % des effectifs de 6ème et 5ème qui reprendront le chemin du collège dans un premier temps, rigoureusement encadrés par des protocoles sanitaires : 8 à 12 élèves par classe pour des sessions de 3 heures de cours par demi-journée, plusieurs jours par semaine selon l’affluence, et avec des empois du temps à la semaine. A quelques semaines des vacances d’été, beaucoup d’incertitudes demeurent concernant les élèves de 4ème et 3ème.
Les agent-es techniques relevant du Département sont mobilisés depuis la mi-mai pour assurer cette « rentrée » dans les meilleures conditions possibles : préparation et nettoyage des salles, des couloirs et des espaces communs.
Après avoir mis des tablettes numériques à disposition des collégiens pour la poursuite des cours pendant le confinement, le Département a doté chaque collégien de 2 masques lavables, de gel hydroalcoolique indispensable et les demi-pensionnaires bénéficient d’un papier repas. Dès fin avril, face aux difficultés sociales aggravées par la suspension d’activité et le chômage partiel de nombreux parents d’élèves, le Conseil départemental a mis en œuvre une aide exceptionnelle avec des chèques alimentaires de 60 € qui ont bénéficié à 328 collégiens demi-pensionnaires scolarisés à Montfermeil, 320 à Tremblay et 202 à Vaujours.
Je remercie ici tous les personnels de l’Education nationale et du Département qui permettent cette reprise dans des conditions difficiles, mais avec engagement et inventivité.
A l’approche des vacances, la question du rattrapage du retard pour les élèves, notamment ceux en difficultés et des « décrocheurs » devient centrale. Les annonces de Jean-Michel Blanquer à ce sujet sont restées bien floues, et nous serons vigilants à ce les moyens suffisants pour la réussite scolaire de tous soient mis en œuvre.

Gestion de l’arrivée des élèves au collège Picasso…

Avec les personnels ATTEE pendant la visite du CHS au collège jean-Jaurès.
Faire vivre la démocratie et le progrès social à Montfermeil
Samedi 23 mai avait lieu le conseil municipal d’installation de Montfermeil, suite aux élections du 15 mars dernier. Alors que débute cette nouvelle étape de la vie de notre commune (et de la mienne !), je tenais à remercier une nouvelle fois les 1399 Montfermelloises et Montfermeillois qui ont choisi notre liste « Montfermeil autrement », et toutes et tous les militants, soutiens et sympathisants qui nous aurons soutenus pendant la campagne.
Avec Farid Kachour, Angélique Planet-Ledieu, Jean-Riad Kechaou, Laurence Ribeaucourt, nous serons sur le pont pendant les six années à venir pour porter les attentes et les revendications des Montfermeillois, y compris de la majorité qui ne s’est pas exprimée dans les urnes, du fait notamment de la situation sanitaire.

© Ville de Montfermeil. Photos Franck Dunouau
Dans mon intervention inaugurale, au nom de notre groupe, j’ai souligné les grands axes de notre action : démocratie locale et progrès social (santé, cantines…). Une intervention que je vous propose de retrouver dans son intégralité ci-dessous :
« Les Jours heureux » : de la Résistance à aujourd’hui.
On célèbre aujourd’hui la Journée nationale de la Résistance, temps de mémoire et de recueillement mais aussi de mobilisation et d’action. Car la crise sanitaire et économique que nous traversons – la plus grave depuis la guerre – met en lumière l’importance du programme du Conseil National de la Résistance, « Les Jours heureux » . Ce programme mis en oeuvre au sortir de la guerre, dans un pays exsangue , est à l’origine de conquêtes sociales inédites : la Sécurité sociale, visant à assurer à chacun des moyens d’existence, les nationalisations (Banque de France, assurances, EDF…) pour permettre « le retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun (…)
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En ces temps de pandémie, les services publics ont de nouveau révélé toute leur actualité, toute leur nécessité, toute leur urgence. Pourtant, cet héritage du CNR a été systématiquement attaqué et vidé de son contenu par les gouvernements successifs ces dernières décennies, toujours au nom de la raison financière, toujours pour le profit de quelques-uns au détriment du plus grand nombre.
Aujourd’hui, alors que la récession s’annonce profonde et que les classes populaires pourraient une nouvelle fois payer le prix fort, affirmons l’esprit et l’énergie de la Résistance pour que le Jour d’après soit celui des Jours heureux.
Le 27 mai 1943 fut marqué par la première réunion du Conseil national de la Résistance. Réunissant un large spectre de forces politiques et syndicales, le CNR se fixait deux objectifs : libérer la France de l’occupation et de la collaboration, et organiser le redressement du pays après le retour de la démocratie.
Le premier objectif fut obtenu de haute lutte, par le sacrifice de nombreux résistantes et résistants, français et étrangers, comme Raymond Gurême, « voyageur » d’origine tchèque et résistant, décédé avant-hier à 95 ans, dont je salue la mémoire. Le second objectif, ce fut la mise en oeuvre du programme « Les jours heureux »…