Nous réclamons l’égalité républicaine pour la Seine-Saint-Denis

J’étais cette après-midi  à la Bourse départementale du travail à Bobigny avec de nombreux élus, maires, conseillers départementaux, pour revendiquer « L’égalité républicaine pour la Seine-Saint-Denis ». A l’initiative des 18 parlementaires de notre département, députés et sénateurs, toutes tendances politiques confondues, cette rencontre avait pour but de donner suite à la publication du rapport Cornut-Gentille/Kokouendo sur l’évaluation de l’action de l’État en Seine-Saint-Denis, et à la rencontre des parlementaires avec le Premier ministre le 26 septembre dernier.

égalité rep Grimaud

Ce rapport met en évidence de façon incontestable la rupture d’égalité dans les politiques de l’État vis-à-vis de notre département dans tous les domaines : éducation, santé, justice, logement, sécurité… la liste est longue.

Une inégalité de traitement qui remonte à loin et, comme le rappelait Stéphane Peu, député communiste,  » Aucune des politiques dérogatoires n’a compensé le droit commun en Seine-Saint-Denis ». Au contraire, alors que les difficultés sociales y sont sur-représentées par rapport à la France et à l’Île-de-France, la Seine-Saint-Denis reçoit moins de moyens que d’autres territoires pourtant moins mal lotis. « Donner moins à ceux qui ont moins » semble être la boussole des gouvernements qui se sont succédés.

Deux grandes témoins ont illustré la situation dans les domaines de la justice et de l’éducation. Valérie Grimaud, bâtonnière de l’Ordre des avocats du barreau de Bobigny, a exposé la situation catastrophique de la justice : locaux insuffisants et inadaptés, manque de magistrats et de personnel, aboutissant à des délais sans fin pour les procédures et à des conditions d’exercice très difficiles pour avocats et juges.

Nathalie Mons, présidente du CNESCSO (Conseil national d’évaluation du système scolaire) a, elle, présenté la chaîne des inégalités – sociales, de traitement, de résultats etc. – aboutissant à de grandes difficultés d’insertion professionnelle, et aux moyens requis pour y faire face.

Une première étape pour engager un rapport de force dans la durée et obtenir – enfin – l’égalité !

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Séance du Conseil départemental du 27 septembre 2018

Au menu de la séance du Conseil départemental de jeudi dernier,  la préparation des Jeux olympiques et paralympiques (JOP) de 2024. Cet événement planétaire revêtira une importance capitale pour la Seine-Saint-Denis, notre département accueillant 80% des sites olympiques.

C’est pourquoi le Conseil départemental s’engage afin que les JOP laissent un héritage utile et durable aux Séquano-Dionysiens, avec un fort engagement écologique. Cet effort pour le sport et la population n’est cependant visiblement pas partagé par le gouvernement, qui pratique des coupes drastiques dans le budget du ministère des Sports et a porté un coup terrible aux associations par la suppression des contrats aidés.

Une véritable « Saint-Barthélémy du sport », pour reprendre les mots de Philippe Bana, président de l’association des directeurs techniques nationaux, qui doit prendre fin le plus tôt possible, afin que toujours, dans nos villes et nos cantons, le plus grand nombre de femmes et d’hommes puissent y accéder et trouver dans cette pratique un moyen de s’épanouir et d’embellir sa vie.

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Ci-dessous, l’intégralité de l’intervention que j’ai prononcée au nom du groupe lors de la séance :

« Monsieur le Président, cher-e-s collègues,

Nous nous félicitons de l’engagement écologiste et de la volonté forte d’inscrire ces Jeux dans une perspective durable dans l’intérêt de la population. Le rapport qui nous est présenté est le fruit d’une mobilisation remarquable de l’ensemble des services départementaux pour faire émerger des projets susceptibles de mobiliser habitants, associations et partenaires du Département mais aussi pour que ces Jeux laissent à la Seine-Saint-Denis un héritage à la hauteur de ses besoins en termes d’équipements, de logements, d’accès au sport et à la culture pour toutes et tous. Au-delà de notre engagement de 67,4 millions d’euros pour le plan de financement des équipements et des aménagements, nous serons attentifs à la question des moyens qui seront mis en œuvre dans les services départementaux pour faire aboutir ces projets ambitieux et fédérateurs.

Mais les annonces du gouvernement concernant le Ministère des sports sont accablants et le « en même temps » cher au Président Macron atteint là les limites du supportable.

Comment peut-on d’un côté, se glorifier d’être champion du monde de football **, organiser les JO en 2024 et préparer d’autres manifestations internationales de grande envergure comme la coupe du monde du football féminin en 2019, et d’un autre côté, réduire de 7% le budget du sport pour la seule année 2018, puis prévoir une nouvelle baisse de 6, 2 % en 2019 et supprimer plus de la moitié des postes du ministère, soit 1600 postes de conseillers techniques et sportifs ?

Ceci vient s’ajouter à la réduction massive de contrats aidés qui font vivre nombre de clubs tout au long de l’année dans nos villes et nos quartiers.

Est-ce cohérent de fixer comme objectif à la nation 3 millions de licenciés supplémentaires et 80 médailles françaises tout en réduisant ainsi de manière drastique les moyens déjà largement insuffisants qui devraient permettre d’atteindre de tels objectifs ?

Toutes ces années, les baisses de dotations aux collectivités mais aussi le plafonnement de la taxe Buffet sur les droits télévisuels ont porté atteinte au financement du sport amateur. Petit à petit, le sport a été démantelé au point que le budget de la nation ne lui réserve que 0,13%. Au regard du budget national, ce n’est rien. En asséchant ainsi le mouvement sportif, l’objectif est clair : il s’agit de libéraliser le sport et de l’offrir au marché. Et nous savons qu’entre les mains des marchands, le sport devra être rentable, et non plus accessible et utile au plus grand nombre.

Depuis des années, le sport prend des coups et à la veille des Jeux, il semble bien que le Président Macron ait décidé de lui donner le coup fatal, la « Saint-Barthélémy du sport » pour reprendre les termes de l’association des Directeurs Techniques Nationaux.

« Les Jeux olympiques doivent être une chance pour le sport en général et pour cela il faut qu’on ait les moyens d’accueillir les jeunes dans les pratiques sportives » déclarait il y a peu Marie-George Buffet, ancienne ministre des sports et députée de la Seine-Saint-Denis.

Car c’est grâce à tous ces clubs, aux milliers de bénévoles, aux éducateurs qualifiés que se tissent partout dans notre pays le lien social et la mixité. Le sport porte et transmet les valeurs de solidarité, d’entraide, d’égalité, de respect de soi et des autres. Le sport est un puissant levier d’insertion et d’égalité femmes-hommes, c’est un formidable outil de formation et d’émancipation du citoyen et en ce sens, il est un droit essentiel que nous devons continuer d’offrir à tous, quel que soit son sexe, son âge, sa condition sociale.

Enfin, pas de sport de haut niveau ni de sportifs de haut niveau sans sport amateur.

C’est le sens de la pétition initiée par le Comité national olympique et sportif français, intitulée « Le sport compte » et qui a déjà été signée par près de 190 000 personnes. Denis Masseglia, président du CNOSF – qui regroupe 107 fédérations sportives françaises et 180 000 associations – souligne en effet le décalage entre les revenus générés par le sport, qui sont en pleine expansion, et les moyens dont dispose « la base sportive, [qui] a besoin de reconnaissance et de considération à un moment où elle est en plein désarroi alors que le Sport ne s’est jamais aussi bien porté [et] de moyens pour continuer sa mission, celle de former des Hommes, des Femmes et des Citoyens, celle de permettre à chacun de s’épanouir à tous les âges de la vie ».

Si nous voulons ces Jeux, car nous sommes convaincus qu’ils peuvent avoir un impact formidable pour les habitants, nous sommes avant tout convaincus qu’une politique publique du sport ambitieuse est nécessaire. C’est seulement ainsi que le sport pourra être accessible au plus grand nombre, que nous pourrons avoir du haut niveau, développer des filières et permettre aux clubs et aux fédérations de vivre.

Le budget de la nation doit faire une part bien plus grande au sport et augmenter le budget du ministère des Sports jusqu’à 1% d’ici 2024. C’est la proposition que Marie-George Buffet fera prochainement à l’Assemblée nationale et c’est d’ailleurs la revendication du mouvement sportif aujourd’hui. Diminuer les moyens du sport sur nos territoires est un non-sens lorsqu’on s’apprête à accueillir la plus grande manifestation sportive du monde.

L’Association Nationale des Élus en charge du Sport (ANDES) a récemment appelé les parlementaires à « consolider le financement du sport par le déplafonnement des taxes affectées au sport, sur les mises de la Française des Jeux, des paris en ligne et de la taxe Buffet ». Ils considèrent eux aussi que les acteurs du sport doivent disposer de ressources pérennes, rappelant que « l’enjeu sociétal du sport pour tous est essentiel pour la Nation, que ce soit en matière de santé, de lien social, d’éducation, mais également de vecteur économique et d’emplois ».

Oui, nous voulons que les Jeux olympiques et paralympiques soient avant tout une grande fête populaire, un événement réussi et laissent un héritage positif aux générations futures. Mais pour cela, nous demandons que le service public du sport soit préservé et développé afin que toujours, dans nos villes et nos cantons, le plus grand nombre de femmes et d’hommes puissent y accéder et trouver dans cette pratique un moyen de s’épanouir et d’embellir sa vie. »

École Kourtrajmé : quand les talents d’aujourd’hui forment ceux de demain

Ly Médicis

L’annonce de la création de l’école de cinéma Kourtrajmé par notre ami Ladj Ly et les Ateliers Médicis est une très bonne nouvelle que je suis vraiment heureuse de partager ! Un appel à candidatures est ouvert jusqu’au 12 octobre qui permettra à dix heureux lauréats de suivre une formation gratuite de neuf mois sur l’écriture, la réalisation et la post-production. Pas besoin de diplôme : simplement avoir au moins 18 ans et être armé d’une idée originale et de l’envie de lui donner vie.  Ladj, l’enfant des Bosquets sélectionné aux Césars,  primé au festival de Clermont-Ferrand pour son excellent court métrage « Les misérables » et qui vient de finir de tourner  le long métrage sur notre territoire est en effet à l’origine de cette initiative visant à transmettre son expérience et à permettre à toutes et tous de se former aux métiers du cinéma. Quand la banlieue prend la parole en direct, sans filtres, c’est une parole inédite et c’est beaucoup mieux !

Le sport doit compter !

Je fais partie des sportives du dimanche (ou du samedi, c’est selon). Et encore, pas tous les dimanches ni tous les samedis, loin s’en faut ! Mais je sais l’importance du sport scolaire dans la formation générale des jeunes, l’importance des associations sportives qui les accompagnent, l’importance de l’engagement des bénévoles pour faire vivre ces clubs où se forment les générations futures d’amateurs et de sportifs de haut niveau.

On ne peut pas se glorifier d’être champion du monde de football **,  organiser les JO en 2024 et autres grandes manifestations comme la Coupe du monde de football féminin en 2019 en baissant les budgets, en supprimant 1600 postes et les contrats aidés qui font vivre les clubs sur le terrain. Basta ! J’ai signé la pétition du CNOSF

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