Sauver l’hôpital public, il y a urgence !

Lundi dernier, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2019 (PLFSS). Un vote qui intervient peu de temps après l’annonce par Emmanuel Macron lui-même du plan « Ma Santé 2022 », dessinant les contours de son projet pour la santé en France, proclamant son « ambition (…) que notre système de santé soit le pilier de l’État providence du XXIe siècle ».

Néanmoins, comme souvent avec le Président de la République, la réalité des décisions prises contredit les paroles. Ainsi, loin de contribuer à l’amélioration du système de santé, le PLFSS 2019 poursuit la logique aveugle et sourde de demander toujours plus « d’économies » aux hôpitaux publics : après 960 millions en 2018, ce sont 650 millions supplémentaires qui sont exigés pour 2019. Où va l’hôpital ?

Comme le souligne la Conférence nationale des présidents de commissions médicales d’établissements des centres hospitaliers, « la recherche constante de mesures d’économie devient, par leur accumulation, insoutenable », dénonçant celle-ci comme « très souvent déconnectée de la réalité des besoins et des besoins de santé de territoires déjà insuffisamment couverts ».

La réduction des moyens de l’hôpital public, alors même que les besoins augmentent naturellement du fait du vieillissement de la population, met gravement en péril l’offre et l’accès aux soins, et détériore profondément les conditions de travail des personnels, au bord de la rupture.

Face à cette situation, un « Appel en faveur des hôpitaux publics des territoires » a été lancé par la Coordination nationale des comités de défense des maternités et des hôpitaux de proximité et des élus locaux de toute la France. Cet appel demande une action urgence du gouvernement pour « garantir un égal accès aux soins à tous les citoyens sur tout le territoire de la République ».

Pour la santé comme pour tout le reste, l’égalité républicaine ne se discute pas ! Je signe l’appel pour l’hôpital public ! Et vous ?

pcf hopital

Fort de Vaujours : une concertation publique sans débats ?

Une  réunion publique est organisée par Placoplatre mardi prochain, le 6 novembre, à 20h à la Maison du temps libre de Vaujours dans le cadre de la concertation publique mise en oeuvre par l’entreprise depuis la mi-septembre. Pour mémoire, cette concertation préalable fait suite à de nombreuses interventions d’associations environnementales* et d’élus, dont je suis, en Commission de Suivi de Site du Fort de Vaujours qui concerne les 30 ha acquis par l’entreprise. Cependant, les associations n’ont pas été autorisées à prendre la parole à la tribune de manière officielle ce mardi.  Elles ont réagi et écrit à Mme Chantal Jouanno, Présidente de la CNDP (Commission  Nationale du Débat Public), qui encadre la concertation. Curieuse façon en effet de concevoir la démocratie et d’éclairer les enjeux environnementaux et de santé publique de ce dossier portant sur le projet d’exploitation du site par Placoplatre. Cette dernière a tout simplement « épuré » le dossier qui ne concerne qu’une première tranche, celle du périmètre de la demande d’autorisation d’exploiter. Le devenir du Fort central est exclus de la concertation, de même que les quelques 20 hectares pourtant acquis par Placo aux fins d’y exploiter le gypse.

D’autre part, comme le soulignait l’ADENCA (Association de défense de l’environnement de Claye-Souilly et ses alentours), les projets d’exploitation du fort n’impactent pas uniquement la commune de Vaujours, mais aussi celles de Coubron et Courtry – où sont situées une grande partie des anciennes installations militaires – et plus largement toute la zone. Il est inconcevable que les habitants des communes limitrophes (Montfermeil, Tremblay, Villeparisis) ne soient pas consultés et informés au sujet de l’avenir du fort.

C’est pourquoi je demande que d’autres réunions publiques soient organisées dans les communes impactées, afin de permettre, enfin, l’expression de tous les citoyens concernés sur le sujet. Et comme il vaut mieux le dire deux, trois, quatre…fois qu’une, je vous invite à demander vous-même directement ces réunions à Placopatre sur leur page

Solidarités, inégalités… Aujourd’hui, en séance du Conseil départemental

Solidarités :  vote d’une subvention aux sinistrés de l’Aude ; participation au Fonds de solidarité et d’investissement interdépartemental. Cet outil  innovant est un bel exemple de coopération des départements franciliens pour financer des projets d’intérêt interdépartementaux concrets et structurants au service de la  solidarité entre les territoires, de l’attractivité et de la réduction des inégalités.

Inégalités : la question des transports était aussi à l’ordre du jour, avec notamment la prolongation du T1 de Bobigny à Val-de-Fontenay, ce dont nous nous réjouissons, après tant d’années ! Et pourtant, allons-nous continuer à être le parent pauvre des transports en commun en Île-de-France ? Pour ma part et au nom de notre groupe, je me suis exprimée  sur les inégalités en matière de transport, sur la proposition de notre groupe d’organiser une table ronde réunissant toutes les parties prenantes – Etat, Région, Société du Grand Paris, Départements et villes concernées, …-, et plus particulièrement sur la ligne 16, qui nous touche, ici, à Montfermeil et à Clichy-sous-Bois.

Extrait de mon intervention : (…) ll y a une triple urgence – sociale, économique et environnementale au déploiement de transports qui permettent de réduire les inégalités territoriales et d’améliorer durablement les conditions de vie des habitants. (…) C’est particulièrement vrai pour le projet de ligne 16. Alors que celui-ci devait initialement être livré en 2023, les dernières annonces repoussent la réalisation du tronçon Aulnay-sous-Bois/Clichy-sous-Bois/Montfermeil à fin 2024 et celle du tronçon Clichy-Montfermeil/ Chelles /Noisy-Champs « à l’horizon 2030 ».

À l’heure où l’exigence d’égalité républicaine pour notre département et tous les quartiers populaires réunit acteurs et élus de toutes sensibilités, nous ne pouvons pas accepter cette nouvelle preuve de mépris et de relégation envers des populations et des territoires déjà largement laissés pour compte.

Car il ne s’agit pas simplement de « prendre son mal en patience », comme semble l’affirmer un discours détaché des réalités locales. Comment Édouard Philippe peut-il affirmer que ces retards visent à « éviter une immense frustration », alors que la livraison du tronçon Aulnay-sous-Bois/Clichy-Montfermeil n’interviendrait que fin 2024, après les Jeux olympiques et paralympiques, rendant plus difficile toute possibilité de participation active des habitants à cet événement unique à l’échelle d’une vie et privant le territoire de retombées économiques potentielles pourtant si nécessaires.

Et avant même cette question des Jeux, ce sont les déplacements quotidiens de milliers de travailleurs et d’étudiants dont il est question. Les gares de Chelles et Noisy-Champs sont les points de passage vers Paris et Marne-la-Vallée, centres économiques et universitaires.

7 minutes avec le Grand Paris Express entre Clichy-Montfermeil et Noisy-Champs, ou plus de 60 minutes aujourd’hui ?… Frustrés par les transports, nous le sommes déjà au quotidien ! L’horizon 2030  annoncé pour la mise en service du dernier tronçon de la ligne 16 reliant la Seine-Saint-Denis à la Seine-et Marne, s’apparente à une impasse et fait de la station Montfermeil -Clichy-sous-Bois un véritable « cul-de-sac ».

Face à cette situation profondément inégalitaire, la poursuite de notre mobilisation, à travers des formes d’action associant citoyens et élus est indispensable. Nous réclamons le droit à la mobilité !

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Un an après l’appel de Grigny, l’égalité attend toujours

Il y a un an, le 16 octobre 2017, des dizaines d’associations et d’élus locaux de banlieue de tous bords, réunis pour les États généraux de la politique de la ville, lançaient l’Appel de Grigny. Adressé au président de la République, il alertait sur l’aggravation des inégalités territoriales et demandait un « effort constant et permanent du gouvernement » pour combattre celles-ci.

A l’heure du premier bilan, le constat est amer. Malgré les effets d’annonce habituels, force est de constater que le président et son gouvernement n’ont pas la volonté d’engager les moyens nécessaires. L’Élysée a beau reconnaître  » le sentiment d’abandon des Français qui vivent dans ces territoires » et affirmer  qu’il est « fondamental de pouvoir agir à la racine », les faits disent le contraire.

Certains points sont à saluer, telle la récente annonce de l »Initiative copropriétés » qui doit permettre de venir en aide aux immeubles très dégradés, dont 14 « sites de priorité nationale » – dont Clichy-sous-Bois, Sevran, Aulnay-sous-Bois, Épinay-sur-Seine et Villepinte en Seine-Saint-Denis.

Mais manque une logique d’ensemble, globale, qui seule peut permettre de réellement transformer la vie des millions d’habitants des quartiers populaires. L’exemple le plus dramatique en est l’abandon d’un revers de la main du plan Borloo par Emmanuel Macron.

Car comme le montre clairement le rapport « La République à reconstruire » des députés François Cornut-Gentille et Rodrigue Kokouendo, qui étudie l’action de l’État dans l’exercice de ses missions régaliennes en Seine-Saint-Denis, c’est une refonte totale de l’action publique qui est nécessaire dans notre département pour enfin obtenir l’égalité.

C’est le sens de la démarche « L’égalité républicaine pour la Seine-Saint-Denis », lancée le 5 octobre dernier à Bobigny par des élus de toutes sensibilités – maires, conseillers départementaux, députés, sénateurs – pour que notre département prenne toute sa place – lui – dans cet effort constant et permanent.

(photo : Bleu Blanc Zèbre)

Elections des parents d’élèves dans les établissements scolaires

Un petit tour ce soir dans les collèges Picasso et Jean-Jaurès à l’occasion des élections des représentants des parents d’élèves dans les conseils d’administration. Un moment important dans la vie de tous les établissements scolaires, de la maternelle au lycée. Félicitations aux parents élu.e.s ! FCPE_PICASSOFCPE_JJAURES