La pandémie révèle le manque de moyens de l’Education nationale

Moins d’une semaine après la rentrée des classes, le constat, malheureusement prévisible, est là… Et en dépit de deux années de pandémie, tout laissait présager de cette situation. A commencer par l’annonce du protocole sanitaire, délivrée dimanche soir par l’Education nationale dans un article payant (!) du Parisien.

De la maternelle au lycée, élèves, familles, enseignants, équipes administratives et techniques vivent des situations intenables par le manque d’anticipation et de moyens accordés par l’Education nationale pour assurer la sécurité sanitaire dans les établissements scolaires. Dans notre département, le SNUIPP, premier syndicat enseignant du 1er degré, parlait de 500 à 600 classes élémentaires fermées dès mardi. Et pas de remplaçants, bien sûr, quoiqu’en dise le Ministre de l’Education nationale. Il arrive un moment où la communication se heurte à la réalité vécue par des millions de parents, d’enfants et d’enseignants, eux-mêmes parents. 

Maintenir les établissements scolaires ouverts, oui, mais avec les moyens humains et matériels pour assurer la continuité pédagogique indispensable aux apprentissages. Les enseignants ne peuvent à la fois assurer des cours en présentiel et en distanciel, et devoir gérer ce qui relève de la santé publique. Dans les faits, Jean-Michel Blanquer organise la plus grande garderie de France, renforçant les inégalités scolaires.

Cette nième vague met à nu les carences de l’Education nationale et son extrême fragilité qui couve depuis trop longtemps, à force de suppressions de postes, de non-remplacements. Les syndicats enseignants lancent un appel à la grève nationale jeudi 13 janvier. Trop, c’est trop.

Séance du 16 décembre : budget voté !

Le vote du budget 2022 était à l’ordre du jour de la dernière séance 2021 de l’Assemblée départementale. Un budget de 1,891 milliards d’euros, dont 408 M € d’investissements, au service des habitant.e.s de notre département et des politiques publiques indispensables pour que la solidarité, la justice sociale et l’égalité ne soient pas de vains mots.

En dépit de la respiration financière que permet la reprise d’une partie du financement du RSA par l’Etat, notre groupe a souligné la nécessité de valoriser le travail social en raison de l’aggravation de la crise économique et de l’inflation car la « reprise » économique ne suffit pas à en atténuer les effets. Nous avons également obtenu des études indispensables en matière de santé et d’éducation pour renforcer nos politiques publiques : l’une pour créer une mutuelle départementale afin d’assurer  la meilleure protection sociale à toutes et tous et l’autre pour évaluer l’acquisition d’un équipement informatique pour chaque élève entrant en 6e afin de réduire la fracture numérique.

Plusieurs rapports obligatoires ont précédé la discussion budgétaire : sur l’égalité femmes-hommes comme sur le développement durable et l’écologie urbaine, mes collègues Pascale Labbé et Belaïde Bedreddine ont présenté les avancées relatives à leurs délégations. Leur ligne de conduite est celle d’une politique toujours novatrice et déterminée. Un travail remarquable et remarqué ! Nous sommes ainsi le seul département de France doublement labellisé en faveur de l’égalité professionnelle et le plus avancé pour une stratégie bas carbone, et avec le plan éco-collège.

Ouvrons nos archives pour faire œuvre de vérité et de justice !

La Ministre de la culture a annoncé vendredi dernier qu’elle ouvrait de manière anticipée les archives judiciaires relatives à la guerre d’Algérie. C’est une belle avancée qui permet aux historien-nes de pouvoir mieux traiter cette période en leur ouvrant l’accès à de nombreux documents. Elle constitue une étape pour le devoir de mémoire également, en permettant de regarder l’histoire en face, surtout quand on sait le poids de la répression souvent aveugle contre les Algérien-nes et celle qui visait les militant-es français qui les soutenaient. Je pense particulièrement aux archives entourant le crime d’État du 17 octobre 1961 que notre Département a commémoré récemment.

Gageons que les conditions matérielles seront réunies pour consulter ces archives, notamment celles relevant de la justice militaire, basées dans l’Indre.

 Cette position doit marquer un tournant d’autant que la Ministre de la culture a réaffirmé qu’elle était la Ministre des archives. C’est une excellente nouvelle car depuis 2008, des restrictions dans la communication des archives étaient devenues la norme dont la dernière en date, glissée dans la loi antiterroriste votée en juillet 2021.

 Laissons la liberté académique aux chercheur-ses dans leurs travaux pour enfin étudier sereinement toutes les pages de l’histoire de France. La Seine-Saint-Denis prendra sa part puisqu’en 2022, elle animera tout au long de l’année des initiatives commémorant l’indépendance de l’Algérie de manière lucide, apaisée et tournée vers la ré(conciliation) des peuples.

Xavier Lemoine ira-t-il au meeting de Zemmour ?

J’ai signé la pétition du Président du Département demandant à Viparis, société propriétaire du parc des expositions de Villepinte, de refuser de donner à Eric Zemmour les moyens d’une campagne indécente de haine raciste, xénophobe, antisémite et anti musulman. 

Lui permettre, sur notre territoire, de traîner notre département dans la boue et d’insulter ses habitants est inacceptable.

Le racisme n’est pas une opinion, mais un délit. Et je regrette que les députés de droite et de l’extrême droite – RN, LR, Modem, LREM – se soient opposés à la proposition de Fabien Roussel de rendre inéligible les personnes condamnées pour délit de racisme ou d’antisémitisme. 

J’en appelle à la mobilisation de tous ceux qui ont à cœur de défendre les valeurs républicaines d’agir pour « Faire taire Zemmour », comme le revendique le mot d’ordre de la manifestation organisée demain dimanche à Paris.

Et j’en appelle à tous les Montfermeillois.e.s attachées à nos valeurs de solidarité, de vivre ensemble, de laïcité pour qu’ils et elles fassent savoir à Xavier Lemoine, qui fût un des premiers à soutenir la candidature de Zemmour, qu’ils et elles s’opposent à ce qu’il fasse une fois de plus honte à notre ville et à ses habitants en apportant son parrainage à sa candidature à l’élection présidentielle.